Article de revue

Le style, notion hologrammatique ?

Pages 18 à 28

Citer cet article


  • Saint-Gérand, J.-P.
(2024). Le style, notion hologrammatique ? Romantisme, 203(1), 18-28. https://doi.org/10.3917/rom.203.0018.

  • Saint-Gérand, Jacques-Philippe.
« Le style, notion hologrammatique ? ». Romantisme, 2024/1 n° 203, 2024. p.18-28. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-romantisme-2024-1-page-18?lang=fr.

  • SAINT-GÉRAND, Jacques-Philippe,
2024. Le style, notion hologrammatique ? Romantisme, 2024/1 n° 203, p.18-28. DOI : 10.3917/rom.203.0018. URL : https://shs.cairn.info/revue-romantisme-2024-1-page-18?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rom.203.0018


Notes

  • [1]
    Jean-François Noël et François Marie Joseph Charles Guislain de La Place, Leçons françaises de Littérature et de Morale ou Recueil, en prose et en vers, des plus beaux Morceaux de notre Langue dans la Littérature des deux derniers siècles ; ouvrage classique à l’usage de tous les Établissements d’instruction, publics et particuliers, de l’un et de l’autre sexe, Paris, Le Normant, 1803, 7e édition, 1816.
  • [2]
    « Chaque morceau de ce Recueil, en offrant un exercice de lecture soignée, de mémoire, de déclamation, d’analyse, de développement oratoire, est en même temps une leçon de vertu, d’humanité ou de justice, de religion, de dévouement au prince et à la patrie, de désintéressement ou d’amour du bien public, etc. Tout dans ce Recueil est le fruit du génie, du talent, de la vertu ; tout y respire et le goût le plus exquis et la morale la plus pure. Pas une pensée, pas un mot qui ne convienne à la délicatesse de la pudeur et à la dignité des mœurs », ibid., p. xj.
  • [3]
    Ch. Raynaud, Le Mentor littéraire, Manuel de Style en quarante leçons, Paris, chez l’auteur, 1828.
  • [4]
    Voir ici même l’utile mise au point d’Éric Bordas, « Style et expressivité : émergence d’un paradigme critique ».
  • [5]
    Ch. Raynaud, Le Mentor littéraire, Manuel de Style en quarante leçons, ouvr. cité, Préface, p. 1.
  • [6]
    Ibid., p. 2.
  • [7]
    Ibid., p. 407-408.
  • [8]
    Jean-Joseph François Dussault, Annales littéraires ou choix chronologique des principaux articles insérés par M. Dussault dans le « Journal des Débats », préfacées par J. Eckard, Paris, Maradan, 1818-1824.
  • [9]
    Charles Augustin Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 3e édition, Paris, Garnier Frères, t. 1, 1858, p. 384-385.
  • [10]
    Jean-Joseph François Dussault, Annales littéraires, ouvr. cité, t. 1, à propos de l’Atala de Chateaubriand [1801], p. 93-94.
  • [11]
    Ibid., t. 2, notamment à propos de Bruguière de Sorsum [1807], p. 246 ; comparer avec le texte de Vigny : « Il a médité dans la retraite sa philosophie entière ; il la voit toute d’un coup d’œil ; il la tient dans sa main comme une chaîne […]. » Le rapprochement est d’autant plus intéressant que les critiques de Vigny ont noté l’influence exercée sur lui par… Bruguière de Sorsum, lointain parent, et l’un des premiers traducteurs en vers de Shakespeare…
  • [12]
    Charles-Marie Dorimond de Féletz, Mélanges de philosophie, d’histoire, de littérature, 6 vol., Paris, Grimbert, 1828.
  • [13]
    Ibid., t. 6, p. 109-110 et p. 121.
  • [14]
    Martine Jey, Pauline Bruley, Emmanuelle Kaës (dir.), L’Écrivain et son école (xixe-xxe siècles). Je t’aime moi non plus, Paris, Hermann, 2017.
  • [15]
    Émile Lefranc, Traité théorique et pratique de Littérature, 3 vol., 2éd., Paris, De Périsse, 1833.
  • [16]
    Le Conservateur littéraire, éd. Jules Marsan, Paris, Hachette, 1922, t. 1, p. 254, à propos de Antoine-Jean Cassé de Saint-Prosper, auteur de L’Observateur du xixe siècle.
  • [17]
    Émile Lefranc, Traité théorique et pratique de Littérature, ouvr. cité, p. 3-4.
  • [18]
    Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du xixsiècle, Paris, Administration du Grand dictionnaire universel, 1865-1890, t. 14, p. 1159a.
  • [19]
    Gilles Philippe, Flaubert savait-il écrire ? Une querelle grammaticale (1919-1921), Grenoble, UGA Éditions, 2004.
  • [20]
    Rappelons ici Saussure : « La langue est un trésor déposé par la pratique de la parole dans les sujets appartenant à une même communauté, un système grammatical existant virtuellement dans chaque cerveau, ou plus exactement dans les cerveaux d’un ensemble d’individus ; car la langue n’est complète dans aucun, elle n’existe parfaitement que dans la masse. » Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, éd. Charles Bally, Albert Sechehaye, Albert Riedlinger, Paris, Payot, 1916, p. 30.
  • [21]
    Remy de Gourmont, Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers populaire [1899], Paris, Mercure de France, 1955. Édition critique et commentée d’Emmanuelle Kaës, Paris, Garnier, 2016.
  • [22]
    Ibid., p. 106-107.
  • [23]
    Ibid., p. 108.
  • [24]
    Antoine Albalat, Le Travail du style enseigné par les corrections manuscrites des grands écrivains [1903], Paris, Armand Colin, rééd. 1953, 1991 ; L’Art d’écrire [1899], rééd. Paris, Armand Colin, 1992 ; La Formation du style par l’assimilation des auteurs [1901], rééd. Paris, Armand Colin, 1991.
  • [25]
    Ibid., p. 20.
  • [26]
    Ibid., p. 8-9.
  • [27]
    Jules Marouzeau, Précis de stylistique française, Paris, Masson, 1941 ; Marcel Cressot, Le Style et ses techniques, Paris, Presses universitaires de France, 1947.
  • [28]
    Sarah Troche, « La puissance du “style banal et tout fait” : penser le cliché à partir de ses critiques (Antoine Albalat et Rémy de Gourmont) », Methodos, 20 | 2020, mis en ligne le 18 février 2020, consulté le 10 avril 2023. URL : http://journals.openedition.org/methodos/6534
  • [29]
    Ouvr. cité, p. vi-vii.
  • [30]
    Louis Reybaud, Jérôme Paturot à la recherche d’une position sociale, Paris, Paulin, 1844, 1re partie, p. 4.
Français

Le style est-il un objet saisissable à travers les catégories grammaticales ou linguistiques, ou est-il une forme nouménale rétive à toute saisie matérielle ?… L’article plaide en faveur de la nature hologrammatique de cette forme et des mirages qu’elle engendre dans l’esprit des stylisticiens. Les œuvres littéraires, mettant en relation un texte, des interprétants de nature variée et des lecteurs, ne peuvent que produire les images tridimensionnelles d’un objet triplement historicisé dont les herméneutes stylisticiens ne perçoivent que les reflets. Le propre des catégories grammaticales ou linguistiques étant d’être totalement neutres au regard des conditions de leurs pratiques par les auteurs et les lecteurs, la réduction des études de style à l’observation de la Lettre des textes qui dirait l’Esprit des œuvres devient dès lors nécessairement déceptive.


English

Is style an object that can be described through the categories of grammar or linguistics, or is it a noumenal form resistant to any kind of empirical investigation ?… This paper makes the case for the hologrammatic nature of this form and of the illusions it gives birth to in the mind of stylisticians. Literary works, which bring into relation a text, interpreters of various ilk and readers, can only produce the tri-dimensional images of an object that has been thrice historicised, and of which stylistician hermeneuts can only perceive the reflections. The nature of grammatical or linguistic categories being total neutrality regarding the conditions of their use by authors and readers, the reduction of stylistic studies to the observation of the Letter of the texts, inasmuch as it would deliver the Spirit of the works, is hence necessarily deceptive.


Date de mise en ligne : 29/03/2024

https://doi.org/10.3917/rom.203.0018

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