Sur un air de Chimie dans l'Encyclopédie
- Par Rémi Franckowiak
Pages 31 à 46
Citer cet article
- FRANCKOWIAK, Rémi,
- Franckowiak, Rémi.
- Franckowiak, R.
https://doi.org/10.4000/rde.4558
Citer cet article
- Franckowiak, R.
- Franckowiak, Rémi.
- FRANCKOWIAK, Rémi,
https://doi.org/10.4000/rde.4558
Notes
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[1]
Gabriel-François Venel, CHYMIE, Enc., 1753, t. III, p. 408a et b.
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[2]
Antoine François Fourcroy, CHIMIE, in Encyclopédie méthodique. Chymie, Pharmacie et Métallurgie, Paris, t. III, an IV, p. 262-302.
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[3]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 408b. J. J. Becher et G. E. Stahl étaient considérés par Venel, et de manière générale par l’ensemble de ses contemporains chimistes, comme les fondateurs de la chimie moderne.
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[4]
« Quam & loves & asini discernunt ».Voir,Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 409b. La Physica Subterranea de Johann Joachim Becher paraît d’abord en 1667 ; mais sans doute Venel se base-t-il sur l’édition de 1738 de sa republication par Georg Ernst Stahl, l’édition la plus importante pour les chimistes français d’alors.
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[5]
Voir Rémi Franckowiak, Luc Peterschmitt, « La chimie de Homberg : une vérité certaine dans une physique contestable », Early Science and Medicine 10/1 (2005), p. 65-90.
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[6]
Voir p. xlvj du Discours historique sur l’origine & les progrez de la Chymie de cet ouvrage qui est sans doute attribué à tort à Jean-Baptiste Senac. La nécessité de défendre et justifier la chimie se fera encore sentir près de trente ans après la parution de l’article CHYMIE deVenel. Pierre-Joseph Macquer note ainsi, dans l’avertissement de la seconde édition de 1778 de son Dictionnaire de Chymie (t. I, p. vj-vij) : « J’ai encore à demander grace pour quelques digressions dans lesquelles j’ai été comme entraîné par le désir de justifier la Chymie,&sur-tout les Savans qui ont cultivé&qui cultivent cette belle Science avec autant de zele que de succès, contre les imputations qui leur ont été faites dans ces derniers temps. J’avoue que je n’ai pu voir de sang froid que, dans un temps où les Chymistes semblent ne mériter que des éloges & des encouragemens par les travaux pénibles auxquels il se livrent,& les progrès rapides qu’ils font faire à la Science, des Ecrivains de nos jours aient cherché à les avilir ; les uns, d’un ton majestueux & méprisant, qui en impose ; les autres, d’un style bas, injurieux & grossier […] ».
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[7]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 409b.
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[8]
Le désignant étant le suivant : « Ent.Philos. ou Science. Science de la nat.Physique. Physiq. générale. Physiq. particul. ou des grands corps & des petits corps. Physiq. des petits corps ou chimie ».Voir Rémi Franckowiak, « La chimie dans l’Encyclopédie : une branche tour à tour dépréciée, réévaluée et autonome », RDE, n° 40-41 (2006), p. 59-70.
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[9]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 416b.
-
[10]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 419b.
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[11]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 410a.
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[12]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 412b.
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[13]
Voir Venel, CHYMIE, Enc, t. III, p. 413b. Venel précise par ailleurs (p. 412a et b) : « […] il me suffit d’établir qu’il est au moins possible de concevoir une masse formée par des particules qui n’ayent aucune des propriétés qui se rencontrent dans la masse comme telle ; qu’il est très-facile de se représenter une masse d’or, c’est-à-dire un corps jaune, éclatant, sonore, ductile, compressible, divisible par des moyens méchaniques, rarescible jusqu’à la fluidité, condensable, élastique, pesant dix-neuf fois plus que l’eau ; de se représenter un pareil corps, dis-je, comme formé par l’assemblage de parties qui sont de l’or,mais qui n’ont aucune des qualités que je viens d’exposer […] ».
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[14]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 410b. Fourcroy est encore de cet avis en 1795, quand il écrit dans l’article CHIMIE du Dictionnaire de Chimie de l’Encylopédie méthodique (p. 307-308) : La chimie « ne peut faire aucune de ses opérations, aucune de ses recherches sur les corps en masse ; il faut qu’elle fasse disparoître d’abord leur propriétés physiques, leur solidité leur étendue, il faut qu’elle les fasse passer de l’état de sujets physiques à l’état de sujets chimiques ; elle n’agit que lorsqu’à raison de leur petitesse les corps échappent aux expériences physiques, elle n’opèrent que sur des molécules qui échappent aux sens, comme au calcul ; elle ne laisse jamais les corps dans l’état où elle les a pris, mais elle en change perpétuellement la forme, le tissu, la nature & toutes les propriétés intimes. De-là est venu cet axiôme que là où finit le physicien, commence le chimiste ; ubi desinit physicus, ibi incipit chemicus. Elle trouve ainsi dans chaque corps naturel des différences essentielles que la physique n’y considère point ; elle s’occupe de tous en particulier ; tandis que la physique ne les voit qu’en général&dans leur ensemble ; elle réduit les corps à leurs principes&à leurs éléments par une analyse ou une séparation réelle de leurs molécules ; après les avoir séparés, elle recombine de nouveau ces principes par l’opération générale qu’on nomme synthèse ; elle met en contact,& molécules à molécules, tous les corps de la nature les uns avec les autres & réciproquement.Voilà pourquoi quelques savans modernes croient devoir désigner la chimie sous le nom de physique particulière ; pour l’opposer & la comparer en même temps à la physique générale ou la physique expérimentale, telle qu’elle est aujourd’hui considérée […] ».
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[15]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 409a.
-
[16]
Comme pour l’Abbé (JeanAntoine) Nollet (Leçons de physique expérimentale, 1745, t. 3), pour qui la propriété naturelle d’élasticité d’un volume d’air pourrait s’expliquer par la forme spiralée de ses parties (p. 181), qui note que : « […] l’air a des propriétés constantes, des caractères inaltérables […]. Il est donc naturel de penser que l’air est une espèce de substance particulière dont la nature est fixe, que ses parties intégrantes sont homogènes, ou que ses principes sont unis de tout tems, pour ne céder à aucun des efforts que nous pourrions faire pour le décomposer » (p. 178).
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[17]
Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 409a.
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[18]
Ces deux mémoires (séances des 2 mai et 5 août 1750) seront publiés dans le tome II desMémoires de Mathématique et de Physique, présentés à l’Académie Royale des Sciences par divers Savans,& lûs dans ses Assemblées, 1755, p. 53-79 et p. 80-112.
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[19]
Sur les affinités, voir Michelle Goupil, Du Flou au clair ? Une Histoire de l’affinité chimique, édition du C.T.H.S., Paris, 1991; Allistair Duncan, Laws and Order in Eighteenth-Century Chemistry,Clarendon Press,Oxford, 1996; etMiGyung Kim,Affinity, That Elusive Dream, A Genealogy of the Chemical Revolution: Cambridge (Mass.): The MIT Press, 2003.
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[20]
Voir la thèse de doctorat de Christine Lehman, Gabriel-François Venel (1723-1775). Sa place dans la chimie française du XVIIIe siècle, soutenue à l’Université de Paris X le 28 janvier 2006, p. 16, 26 et 43.
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[21]
Voir D’Alembert, AIR, Enc., t. I, p. 235a. La Chimie médicinale, contenant la manière de préparer les remedes les plus usités, et la methode de les employer pour la guérison des maladies, de 1734 (et 1755 pour la seconde édition) de p. -J. Malouin est un des rares ouvrages de chimie d’alors à faire encore état des cinq principes chimiques.
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[22]
L’édition consultée de Ephraïm Chambers,Cyclopaedia : or an UniversalDictionary of Arts and Sciences, est la cinquième, de 1742. Un autre chimiste ancien indirectement cité dans l’articleAIR est Blaise deVigenère (mort en 1596) à travers le récit de son expérience d’évaporation du sel commun par dissolutions et évaporations répétées. La chimie dans cet article, si elle n’est pas réduite à sa dimension expérimentale, est bien celle du siècle précédent qui voyait en l’air une matrice pouvant accueillir différents corps en son sein.
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[23]
Ou Dictionnaire Universel François et Latin. J’ai consulté les deuxième (1721), troisième (1732) et cinquième (1752) éditions.Voir R. Franckowiak, « La chimie dans les dictionnaires et encyclopédies aux xviiie siècle : une incuriosité peu philosophique », in C. Lehman, F. Pépin (éd.). Chimie et Encyclopédie, Corpus, revue de philosophie 58 (à paraître).
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[24]
Paul-Jacques Malouin,Chimie médicinale, Paris, 1755, p. 52 : « L’air fait partie de tous les corps, non seulement des fluides, mais aussi des solides ; & même M. Hales a trouvé que les solides contiennent plus d’air, que n’en contiennent les fluides ».
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[25]
Stephen Hales, La Statique des Vegetaux, et l’analyse de l’air. Experiences nouvelles lûes à la Societé Royale de Londres ParM.Hales D.D.&Membre de cette Societé. Ouvrage traduit de l’Anglois, par M.De Buffon, de l’Académie Royale des Sciences, Paris, 1735, préface du traducteur, p. vij-viij.Le propos de l’ouvrage de Hales – du moins dans sa traduction française – semble avoir été immédiatement reçu par les chimistes ; il est même repris par Malouin, comme on l’a vu.
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[26]
Hales, préface, ib., p. xvi-xvij.
-
[27]
Hales, ib., p. xvij.
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[28]
Le terme de « rouellien » est justifié, puisque Rouelle a formé à la chimie toute une génération de chimistes et d’intellectuels parisiens ; ainsi est-il permis de dire que la chimie du deuxième tiers du xviiie siècle en France se confond avec la chimie popularisée par Rouelle, même si des divergences peuvent être relevées entre les chimistes qui ont reçu son enseignement. Sur Rouelle, voir Rhoda Rappaport, « G.-F. Rouelle: An eighteenth-century chemist and teacher », Chymia, 6, (1960), p. 68-101.
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[29]
D’Alembert se réfère certes également dans son article AIR à un air élément, mais en référence à la pensée grecque antique.
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[30]
Si l’agrégé est « parfait » ; voir Venel, CHYMIE, Enc., t. III, p. 411a.
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[31]
Au moment où sort le premier tome de l’Encyclopédie, Malouin, alors collaborateur pour les articles de chimie, ne peut faire entendre ici ce point de vue chimique sur l’air puisqu’il ne le partage pas ; sa chimie, plutôt obsolète à cette date, ne réserve à l’air qu’un rôle discret et mécanique. On peut, par ailleurs, s’interroger sur le sentiment de D’Alembert au sujet des quatre éléments des corps avancés par les chimistes puisqu’il n’en parle effectivement pas dans AIR ;mais les rattache,dans l’article second ELEMENS, à la philosophie antique en précisant demanière ambiguë que « cette opinion,quoiqu’abandonnée depuis, n’étoit pas si déraisonnable, car il n’y a guère de mixte dans lequel la Chimie ne trouve ces quatre corps, ou du moins quelques-uns d’eux. […] Aujourd’hui les Philosophes sages reconnoissent […] qu’on ignore en quoi consistent les éléments des corps » (Enc., 1755, t. V, p. 498a). L’article juste suivant, ÉLÉMENT OU PREMIER PRINCIPE (Chimie), est, quant à lui, vide et renvoie simplement à PRINCIPE.
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[32]
Voir Pierre Crépel, « Faut-il brûler le pasteur Mouchon ? », RDE, n° 31-32, 2002, p. 201-232.
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[33]
Pierre-Joseph Macquer, AIR, Dictionnaire de Chimie, 1766, p. 62 : « est-il [l’air] décomposé par l’acte de la combustion ? Si la chose est ainsi, l’air n’est donc pas un corps simple : de quelle nature sont les principes ? que deviennent-ils ? ».
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[34]
Venel dans l’article EAU (Chimie) note (Enc., 1755, t. V, p. 189a) : « Boerhaave, & plusieurs autres physiciens, disent que l’eau est cachée dans un grand nombre de corps où il est merveilleux de la trouver,& cela (car Boerhaave s’explique) parce que ces corps n’ont aucune des qualités extérieures de l’eau, qu’ils ne sont ni mous ni humides, mais au contraire très-secs & très-compacts, tels que le plâtre employé, le vieux mortier, les parties très-dures des animaux, les bois les plus durs gardés dans des lieux secs & chauds pendant des siecles entiers, &c. Ceci est admirable en effet, comme tous les phénomenes naturels sont admirables, comme l’existence de l’univers est admirable, mais non pas étonnant, unique, incroyable ; puisque c’est au contraire un fait dérivé très-naturellement de cette observation générale, que les principes constituans des corps ne sont jamais sensibles, tant qu’ils sont actuellement combinés,& que l’eau ne se manifeste pas plus par ses caracteres sensibles dans l’esprit-de-vin rectifié, ou dans une huile, qui dans le tartre ou la stalactite, quoique les premieres substances soient liquides & humides, & que les dernieres soient seches & consistantes : en un mot, que l’eau puisse être renfermée dans des corps secs & durs, cela n’est un phénomene isolé, un objet d’admiration, stupendum, mirabile, (Boerhaave, el. chem. de aquâ, t. I. p. 314. ed. de Cavelier) que pour quiconque ne sait envisager un corps que sous l’image d’une masse revêtue de qualités sensibles, pour qui l’eau est toûjours une substance molle & fluide (sous une certaine température), un corps physique, un aggregé. Nous insistons sur les inconvéniens de cette mauvaise & très-peu philosophique acception, toutes les fois que l’occasion s’en présente, parce qu’on ne sauroit trop rappeller aux amateurs de la chimie (lectori philochimico), que la façon de concevoir contraire, est absolument propre & nécessaire au chimiste. Voyez la partie dogmatique de l’article CHIMIE ».
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[35]
Voir Venel, EAU (Chimie), Enc., t. V, 190b.
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[36]
Venel, DISTILLATION, Enc., t. IV, 1057a.
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[37]
Turgot, EXPANSIBILITE, 1756, Enc., t. VI, 277a.
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[38]
Turgot suit ici également sur ce point la position de Venel dans CHYMIE (et de Rouelle dont il a suivi les cours de chimie) qui distingue le corps agrégé pouvant subir l’action de la force de répulsion newtonienne et la particule solitaire qui subira celle de la chaleur : « Les corpuscules peuvent être écartés les uns des autres par la chaleur, cause avec laquelle on n’a plus besoin de la répulsion de Newton ; les masses ne s’éloignent pas les unes des autres par la chaleur. Voyez FEU » (CHYMIE, Enc., t. III, p. 413b).
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[39]
Le rôle de l’air par rapport à celui d’un principe feu dans le phénomène de calcination avait déjà été discuté dans l’article MATIERE IGNEE OU MATIERE DU FEU du tome X de 1765 de l’Encyclopédie, signé Formey. L’article PHLOGISTIQUE n’apparaîtra quant à lui que dans le Supplément de l’Encyclopédie.
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[40]
Guyton de Morveau,AIR, Supplément, t. I.
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[41]
Voir Franckowiak, o.c. in n. 8.
L’article AIR de l’Encyclopédie passe pratiquement sous silence les récentes considérations chimiques sur l’air, pourtant tout à fait remarquables : les parties intégrantes de l’air sont totalement dépourvues de la propriété d’élasticité et sont soumises aux lois des affinités chimiques comme celles de toute autre substance. L’air doit alors, insiste Venel dans son article CHYMIE, être appréhendé de deux manières par le philosophe de la nature : comme une partie constitutive des corps dotée de propriétés chimiques et comme une masse dotée de propriétés physiques, ou encore comme fixé et comme en expansion. Cette double approche de l’air recouvre en fait pour Venel la distinction qu’il propose entre chimie et physique (ordinaire) quant à la taille de leurs objets d’étude, mais doit également servir à souligner à la fois la particularité et la grande pertinence de la démarche de la première qui peut, elle aussi, « prêter au génie ». La question de la nature de l’air, commune aux deux disciplines, offre alors une illustration de la manière dont la chimie peut corriger les « erreurs » qui ont, selon Venel, défiguré la physique. L’article EXPANSIBILITE de Turgot peut-être ainsi perçu comme une réécriture de AIR, suivant les apports de la chimie ; tout corps étant en effet un air en puissance.
On an air of chemistry in the Encyclopédie
The Encyclopédie article Air is almost silent on the recent remarkable chemical thinking on air, whose component parts were said to be totally without elasticity and subject to the laws of chemical affinity like those of any other substance. Thus, as Venel insisted in his article Chymie, the air must be considered in two ways by natural philosophers: either as a constituent part of bodies possessing chemical properties and as a mass with physical properties, or as fixed and expanding. This dual approach to the air corresponds to the distinction made by Venel between chemistry and (ordinary) physics as to the size of their objects of study, but is also intended to emphasize both the specificity and the relevance of chemical method which can also ‘lead to genius’. Thus the question of the nature of the air, common to the two disciplines, illustrated how chemistry can correct the ‘mistakes’ which according to Venel have disfigured physics. Turgot’s article Expansibilité can perhaps also be seen as a rewriting Air following the contributions of chemistry, as any body is potential air.