L'air et le son dans l'Encyclopédie, un curieux silence
Pages 15 à 30
Citer cet article
- BASKEVITCH, François,
- Baskevitch, François.
- Baskevitch, F.
https://doi.org/10.4000/rde.4556
Citer cet article
- Baskevitch, F.
- Baskevitch, François.
- BASKEVITCH, François,
https://doi.org/10.4000/rde.4556
Notes
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[1]
Air inné concerne l’anatomie de l’oreille et la physiologie, et mériterait une étude entière. Nous nous limiterons ici à l’étude de la nature physique des sons.
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[2]
Fontenelle, dans l’Histoire de l’Académie Royale des Sciences pour l’année 1700, écrit au sujet de l’auteur du « mémoire sur la détermination d’un ton fixe » de Joseph Sauveur : « Aussi M. Sauveur a-t-il pensé que c’était là un pays encore peu connu. Il a trouvé cette science plus vaste, à mesure qu’il y faisait plus de progrès, il a cru qu’elle méritait, aussi bien que l’Optique, un nom particulier, et l’a appelée Acoustique. ».
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[3]
Ernst Chladni, Die Akustik, Leipzig, 1802. Traduction, Traité d’Acoustique, Courgier, Paris, 1809. Les premières expériences de Chladni datent de 1785 et ont fait l’objet d’une publication : Entdeckungen über die Theorie des Klanges, Leipzig, 1787.
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[4]
L’article n’est pas repris dans le Supplément à l’Encyclopédie de 1776.
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[5]
Ces raisons nous font préférer la terminologie « physique des sons » à « acoustique » dans cet article.
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[6]
Narcissus Marsh, « Introductory Essay to the Doctrine of Sounds », Phil. Trans. 156,Oxford, 1684.
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[7]
On trouvera toutes les références historiques et bibliographiques dans ma thèse soutenue en octobre 2008 à Nantes : François Baskevitch, Les représentations de la propagation du son, d’Aristote à l’Encyclopédie, thèse de doctorat en Histoire des Sciences et des Techniques dirigée par Patrice Bailhache, Université de Nantes, octobre 2008. Le présent article est à considérer comme un des prolongements de cette thèse.
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[8]
Francis Hauksbee [ou Hawksbee], Expériences physico mécaniques, trad. F. Brémond, Paris, 1754, 2 tomes.
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[9]
Hauksbee, Expériences physico mécaniques, o.c. , t. II, p. 307-382.
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[10]
Francesco Maria Zanotti, « De sono », De bononiensi scientiarum et artium Instituto atque Academia commentarii, t. 1, Bologne, 1731, p. 173-181.
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[11]
Jakob s’Gravesande, Elements de physique, Leyde, 1720, trad. Joncourt, Paris, 1746, t. 2, livre IV, chap. 7, p. 51-74.
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[12]
Pieter van Musschenbroek, Essai de physique, Leyden, Luchtmans, 1751, t. 2, p. 689-711.
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[13]
Noël Regnault, Entretiens physiques d’Ariste et d’Eudoxe ou physique nouvelle en dialogues, Paris, 1732, 1745, t 3, p. 42.
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[14]
Jacques Rohault, Traité de physique, Paris, 1671, nombreuses rééditions jusqu’à 1750, chap. 26, du son.
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[15]
Pietro Mengoli, Speculationi di musica, Bologne, 1670. Des courts extraits sont traduits en anglais dans Philosophical Transactions, 100, 1674, p. 6194-7000.
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[16]
Au sujet de cette théorie, voir l’article de Paolo Gozza, « Atomi, spiritus, suoni, le speculationi di musica (1670) del galileano Pietro Mengoli », Nuncius, vol. 5, 1991, 75-98.
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[17]
Brook Taylor, « De motu nervi tensi »,Phil.Trans. 337,Londres, 1713,Methodus incrementorum directa et inversa, Londres, Pearson, 1715.
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[18]
Jean Bernoulli, Recherches physiques et géométriques sur la question : comment se fait la propagation de la lumiere, Pièce qui a remporté le prix de l’Académie royale des sciences en l’année 1736, Paris, 1737, p. 24-25.
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[19]
Si on appelle « rayon sonore » la perpendiculaire au front d’ondes, c’est-à-dire la direction de propagation de l’énergie sonore, alors ce terme est acceptable. Cependant il est équivoque à cause de l’analogie qu’il induit avec les rayons de lumière, en particulier lors de la réflexion du son qui se produit selon les lois différentes (égalité de l’angle d’incidence et de réflexion pour la lumière ; et pour le son, production d’un champ sonore au point de réflexion qui se propage dans un volume quasi-sphérique, le plus souvent cardioïde).
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[20]
D’Alembert, Traité de l’équilibre et du mouvement des fluides, Paris, David, 1744, p. 219 ; « De la vitesse du son », p. 181.
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[21]
Joseph-Louis de Lagrange, « Recherches sur la nature et la propagation du son »,Miscellanea Taurinensia, I, 1759,OEuvres de Lagrange, Paris, Gauthier-Villars, 1868, t 1, p. 40-148.
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[22]
J.-L. Lagrange,OEuvres, t. 13, Correspondance, p. 4.
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[23]
L’électricité et le magnétisme sont pourtant largement traités dans l’Encyclopédie.
« L’air est le milieu propre au son », lit-on depuis Aristote. Pourtant, dans le long article Air de l’Encyclopédie, le son n’est abordé que sous la forme d’un renvoi à l’article Son. Quoique peu diserte sur le sujet jusqu’au début du xviie siècle, la littérature savante propose, de l’Antiquité à Newton, différentes hypothèses de la propagation du son dans l’air qui reposent sur des représentations d’un phénomène invisible et fugace. La connaissance expérimentale des propriétés de l’air permet l’élaboration de nouvelles théories au cours de la première partie du xviiie siècle. Cependant l’Encyclopédie ne répond pas à l’attente légitime d’explication de la propagation du son. L’article Son (physique) est une compilation de l’article correspondant de la Cyclopædia de Chambers paru une trentaine d’années auparavant. On attendait D’Alembert qui avait pourtant publié ses contributions à l’étude des cordes vibrantes, mais, outre une allusion à la théorie du jeune Lagrange, la théorie de la propagation exposée dans l’article Son se révèle pauvre et obsolète. Après une étude de l’évolution de ces théories, nous tentons ici de donner une explication de ce curieux silence.
Air and sound in the Encyclopédie, a curious silence
Since Aristotle it has been said that ‘the air is the medium of sound’. Yet in the Encyclopédie’s long article Air, sound is only mentioned in a reference to the article Son. Although scientific literature had little to say on the subject before the beginning of the 17th Century, we find from classical Antiquity up to Newton various hypotheses concerning the propagation of sound in the air, based on representations of an invisible transient phenomenon. In the first half of the 18th Century, experiments on the properties of the air produced new theories. Yet the Encyclopédie does not meet legitimate expectations of an explanation of how sound is propagated. Son (physique) is a compilation from the corresponding article in Chambers’s Cyclopedia published thirty years earlier. Although D’Alembert had published contributions to the study of vibrating chords, the theory of propagation outlined in Son is indigent and obsolete apart from an allusion to the young Lagrange’s theory. In this article we shall try, after studying the development of these theories, to explain this curious silence.