La pimbêche
- Par Paul Soriano
Pages 193 à 204
Citer cet article
- SORIANO, Paul,
- Soriano, Paul.
https://doi.org/10.3917/mediu.031.0193
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- Soriano, Paul.
- SORIANO, Paul,
https://doi.org/10.3917/mediu.031.0193
Le spectacle de la vie sociale de son temps a inspiré à La Bruyère Les Caractères ou les mœurs de ce siècle. S’il y a en eux un principe d’invariance, les idéals types du moraliste subissent les variations du milieu. Chaque âge médiologique donne ses couleurs aux diverses figures de l’être humain, aux prises avec les techniques et les valeurs dominantes de l’époque.Paul Soriano inaugure cette rubrique, ouverte à tous.
On observe dans l’hypersphère l’émergence d’une hyper-pimbêche, celle qui élargit son égo-système à l’écho-système des réseaux sociaux en ligne : elle s’entraîne frénétiquement sur son blog, épuise ses amis sur Facebook et harcèle ses followers sur Twitter tout en tissant des liens vers ses interventions médiatiques rediffusées sur YouTube.
Mais qu’est-ce qu’une pimbêche ? Pas exactement et pas seulement une « nana qui la ramène », acception vulgaire, désobligeante et imprécise.
Certaines figures comme certaines professions n’ont pas encore, à notre connaissance, trouvé leur féminin. Parfois par d’excellentes raisons, le plus souvent pour de très mauvaises, et pas besoin de rejoindre le mouvement féministe pour s’en convaincre. Il est vrai qu’il est assez délicat de féminiser maître-chien, par exemple ; le féminin de goujat est inusité et ça n’est pas surprenant. À quoi s’ajoutent quelques curieuses dissymétries : on sait bien que le salaud n’est pas nécessairement le mâle de la salope, encore qu’il l’aie bien cherché ; et l’on rencontre du reste aussi les forme…