Miguel Chevalier
Pages 182 à 192
Citer cet article
- GAILLARD, Françoise,
- Gaillard, Françoise.
- Gaillard, F.
https://doi.org/10.3917/mediu.031.0182
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- Gaillard, F.
- Gaillard, Françoise.
- GAILLARD, Françoise,
https://doi.org/10.3917/mediu.031.0182
Si vous vous trouvez à Marseille, future capitale européenne de la culture, rendez-vous sur la place d’Arvieux, juste derrière les docks qui achèvent leur rénovation. Vous y verrez une sculpture spiraloïde de quelque 18 mètres de hauteur, d’une belle couleur orange qui s’embrase aux rayons du soleil. On dirait une conque marine géante, venue de son lointain rivage s’échouer là pour servir de fanal à quelque navire fantôme. Le jour elle se contente de s’inscrire dans l’espace urbain que sa verticalité met en tension. Mais la nuit, telle une gigantesque baguette magique, elle transforme le paysage minéral de la ville en un jardin luxuriant. Car c’est à partir de cette sculpture métallique que chaque soir, à l’aide de trois vidéoprojecteurs, une végétation virtuelle qui s’inspire, en plus coloré, en plus foisonnant, en plus exubérant, de la flore méditerranéenne vient recouvrir la façade austère des bâtiments.
Le créateur et metteur en scène de cette féerie aime la couleur. Des fleurs pourpres, violines, safranées, se développent et disparaissent pour renaître au milieu des cactées et des palmiers dont un vent virtuel, né de l’interaction des images avec l’environnement, fait onduler les palmes. Qu’un tramway glisse sur ses rails et le jardin frémit, comme agité par un souffle qui fait tomber les pétales et ployer les tiges. Le spectacle n’est jamais le même. Car il ne s’agit pas d’une vidéo qui passerait en boucle, mais d’une œuvre autogénérée.
À l’origine de ce ballet végétal, un logiciel génératif qui, de façon aléatoire, fait naître, croître et mourir chaque plante individuellement…