Die Jenaer Liederhandschrift. Codex – Geschichte – Umfeld, éd. Jens HAUSTEIN, Franz KÖRNDLE, Wolfgang BECK, Christoph FASBENDER, Berlin – New York, De Gruyter, 2010 ; 1 vol., X – 287 p. ISBN : 978-3-11-021896-1. Prix : € 129,95.
- Par Astrid Guillaume
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Citer cet article
- GUILLAUME, Astrid,
- Guillaume, Astrid.
- Guillaume, A.
https://doi.org/10.3917/rma.193.0723y
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- Guillaume, A.
- Guillaume, Astrid.
- GUILLAUME, Astrid,
https://doi.org/10.3917/rma.193.0723y
1 Le ms. des Chants de Jena (Die Jenaer Liederhandschrift, également très connu en Allemagne sous la lettre J) est la plus imposante collection conservée de mélodies et de chants en moyen haut allemand. Ce codex qui date d’à peu près 1330 – 1350 a été restauré en 2007.
2 Le recueil d’art. ici présenté résume la progression technique de cette restauration, replace les textes des chants dans leur contexte historico-linguistique, explique la réalisation du codex et sa méthode de notations musicales. L’ouvrage réunit les interventions de douze chercheurs, ainsi qu’une introduction des deux É. scientifiques, deux index des noms et œuvres, une liste des mss cités accompagnée de leur localisation.
3 L’ouvrage débute avec l’article de S. Kull, J. Ott et F. Schieferdecker qui illustrent à l’aide de schémas et de photos les différentes étapes techniques de la restauration et de la numérisation du ms. L’approche technique de restauration de la coiffe du codex schématiquement présentée ici se révèle fort enrichissante. L. Czajkowski à la suite des travaux de K. Bartsch se concentre sur la langue du ms., l’étude des préfixes et des voyelles révèle un marquage linguistique en direction de deux dialectes d’Allemagne de l’Est et du Nord (l’« Ostmitteldeutsch » et le « Niederdeutsch »), dus à différents auteurs et copistes. G. Kornrumpf étudie la matière de base de J et ses extensions via des ajouts annexes mettant en parallèle d’autres textes similaires conservés ailleurs comme par exemple dans les mss de Manesse ou de Colmar. J. Rettelbach compare la forme des sons, leur structuration dans la mélodie dans J (XIVe siècle) et dans le ms. des Chants de Colmar (XVe siècle). Des différences fondamentales révèlent deux modes de construction mélodique et strophique bien distincts qui donnent à J cette particularité qui lui est propre dans l’histoire de la strophe. O. Huck travaille sur les notations musicales des mélodies reproduites plusieurs fois dans J et en fait une étude comparée minutieuse. F. Körndle étudie la tradition de retranscription des notes dans J et dans le fragment de Bâle, il remarque une influence de J sur le fragment ainsi qu’une influence cistercienne repérable par la présence simultanée de la notation typiquement germanique dite en « tête de clou » (« Hufnagelschrift ») caractérisée par un signe formé d’un petit losange surmontant un gros trait vertical et de la notation en nota quadrata (ou « notation carrée ») typiquement latine (et cistercienne), dualité graphique caractéristique des XIIIe – XIVe siècles. L. Welker étudie J dans le contexte des livres liturgiques de grand format du XIVe siècle dans l’espace germanique et conclut que J, vu sa taille, a dû être réalisé dans le cadre d’un don. J. Wolf accomplit un remarquable travail en codicologie et paléographie qui lui permet de définir des zones géographiques d’interférence permettant d’expliquer la présence dans J de deux dialectes (du nord et de l’est) et de repréciser la datation du codex. C. Fasbender travaille sur J et son devenir au XVIe siècle. K. Stackmann étudie l’intérêt croissant pour les mss allemands du Moyen Âge et l’importance que revêt la préservation de ces pièces en tant que patrimoine de la langue et littérature médiévales germaniques. J. Haustein présente J et ses éditions anciennes par le biais d’une correspondance de dix lettres (sur dix-sept) datées du XVIIIe siècle et reproduites ici dans leur intégralité. J. Ott retrace l’histoire de la conservation et de l’utilisation de J à Jena qui a souffert d’une absence de visibilité durant la période de la RDA. La restauration de J et le présent ouvrage devraient contribuer à sa renaissance tant pour le grand public que pour le monde de la recherche. K. Klein clôt l’ouvrage en retraçant l’histoire de J dans ses rapports avec des textes proches, en tant que ms. grand format et en tant que ms. réunissant des chants.
4 En somme, cet ouvrage est l’outil indispensable pour qui souhaite connaître précisément le ms. J, son contexte, son histoire, son contenu, sa restauration, ses ressemblances et différences avec d’autres mss de chants médiévaux et autres. Il intéressera aussi bien les musicologues que les linguistes, les paléographes et les historiens.
5 Astrid GUILLAUME