Philippe Le Guillou, Géographies de la mémoire, Gallimard, 2016, 266 p., 21€
- Par Gilles Fumey
Page 54a
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- FUMEY, Gilles,
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- Fumey, G.
https://doi.org/10.3917/geo.1561.0054a
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1 L’espace, nos espaces sont ponctués de lieux qui sont autant de jalons dans notre perception du monde. Philippe Le Guillou qui pourrait raconter sa vie par des étapes de l’enfance à « l’âge qui vient » place ses cheminements affectifs et intellectuels sous le signe des mots. Mais aussi en parcourant les lieux qui tiennent de bornes où il a aimé et été inspiré : la Bretagne longuement racontée dans Les marées du Faou (2003), les bords de Loire dans Le pont des anges (2012), l’Irlande dans Les années insulaires (2014), Rome dans Le pape des surprises (2015) et Paris dans une grande partie de ses livres. Ces géographies de la mémoire donnent à sentir bien mieux que les dates ce qu’on doit aux paysages dans la construction de notre imaginaire. Ce que telle présence familiale ou anonyme, telle amitié d’écrivain ou de « témoins des sutures décisives d’une existence » permet d’intégrer au fil rouge de nos existences. Assurément, Le Guillou qui fut un proche de Julien Gracq en a hérité une part de sensibilité géographique, quand il décrit les rivières, les grèves, les berges, les quais qui balisent la route de la vie mieux que les arbres. Même l’Albergo Quirinale à Rome où se retrouvaient les personnages de La modification de Butor donne à Le Guillou de raconter comment il se pensait écrivain dans sa jeunesse. Quoi de plus fort qu’un lieu élu comme on élit les êtres qu’on aime ?
2 Gilles Fumey