Alain Cazenave-Piarrot, Sylvestre Ndyiarukiye, Catherine Valton (coord.), Atlas des Pays du Nord-Tanganyika Marseille, IRD éditions , 2015, 144 p., 26 pl. cartes, 15€
- Par Yves Boulvert
Pages 54b à 55b
Citer cet article
- BOULVERT, Yves,
- Boulvert, Yves.
- Boulvert, Y.
https://doi.org/10.3917/geo.1561.0054b
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- Boulvert, Y.
- Boulvert, Yves.
- BOULVERT, Yves,
https://doi.org/10.3917/geo.1561.0054b
1 Cet atlas préfacé par J.-P. de Gaudemar, Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie et J.-P. Moatti, Président directeur général de l’IRD, est pour le moins original. Trente chercheurs ou universitaires, Africains ou Européens, se sont réunis pour présenter au cœur de la région des Grands Lacs, les Pays des mille collines, étagés entre 5109 m. au Ruwenzori et 774 m. au lac Tanganyika, de part et d’autre du Grand Rift occidental. Cet ensemble de 183 000 km2, s’étend, à l’Est, sur deux États, le Rwanda et le Burundi et, à l’Ouest, sur deux provinces de la R.D.C. congolaise, Nord et Sud Kivu, en grande partie couvertes par la forêt ombrophile congolaise. La région, bien arrosée, est un réservoir de biodiversité. « Toute l’histoire de la Terre se condense sur l’espace des pays du Nord-Tanganyika (qui) regorgent de ressources minérales ». Les « sols plutôt fertiles » comportent certes des Andosols volcaniques mais aussi des Leptosols « squelettiques » et des Ferralsols « appauvris en minéraux altérables ».
2 Cet ensemble aux paysages idylliques est cependant fragile. Curieusement, il faut attendre la page 76 pour voir évoquer « les impacts de l’histoire ». Après les colonisations allemande (1897-1916) puis belge, jusqu’en 1962, ces pays ont subi « une cinquantaine d’années de conflits violents », souvent d’origine ethnique. Pourtant, ces pays de langues traditionnelles bantu, disposent d’une langue véhiculaire : « le Kiswahili et dans une moindre mesure, le lingala », et du français, langue officielle (sans compter l’anglais enseigné désormais au Rwanda).
3 Un problème majeur est celui de la surpopulation. « Ces régions enregistrent un des taux d’urbanisation les plus faibles d’Afrique : 18 % ». L’indice de fécondité par femme dépasse 5 au Rwanda, et 6 au Burundi comme au Kivu ; pourtant, « la planification familiale est un sujet peu évoqué », et la croissance démographique reste forte, en dépit d’une densité de population atteignant 330 au Burundi et étant « estimée pour 2013 à plus de 450 habitants au km2 » au Rwanda. L’exode rural est intense et les cultivateurs immigrés (cf. Banyamulenge) entament le front pionnier forestier au Kivu. L’usage des pesticides et surtout les exploitations minières artisanales, souvent illégales, polluent les rivières et les lacs : les produits de la pêche commencent à se raréfier.
4 Un autre problème de la région demeure son enclavement. Toujours mal relié à sa capitale Kinshasa et à l’Atlantique, le Kivu tend à se tourner vers les ports de l’Océan Indien. Outre ces thèmes cruciaux, un autre thème est abordé : « Découpages régionaux et villes » assortis de plans-reliefs des cités atteignant aujourd’hui un million d’habitants et même plus à Kigali.
5 Dans ce « système complexe et fragile, il convient de renforcer la protection des milieux naturels, tout en garantissant le bien-vivre des populations ; c’est un enjeu majeur et c ‘est l’espérance qui habite les auteurs » de cet atlas bien documenté et remarquablement illustré. Du beau travail.
6 Yves Boulvert