Compte rendu

Expositions

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Citer cet article


  • Bellec, F.
(2016). Expositions. La Géographie, 1561(2), 53-53. https://doi.org/10.3917/geo.1561.0053.

  • Bellec, François.
« Expositions ». La Géographie, 2016/2 N° 1561, 2016. p.53-53. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-la-geographie-2016-2-page-53?lang=fr.

  • BELLEC, François,
2016. Expositions. La Géographie, 2016/2 N° 1561, p.53-53. DOI : 10.3917/geo.1561.0053. URL : https://shs.cairn.info/revue-la-geographie-2016-2-page-53?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/geo.1561.0053


Portrait photographique de Remijio Valverde, Arthur Thouar et Théophile Novis. Photographie de l’atelier A. Valdez, Bolivie, 1887

Description de l'image par IA : Trois hommes en tenue de chasseurs posant avec des fusils, l'un assis au sol.

Portrait photographique de Remijio Valverde, Arthur Thouar et Théophile Novis. Photographie de l’atelier A. Valdez, Bolivie, 1887

Tirage photographique. Arch. nat., F/17/3009/2, dossier Thouar

Des voyageurs à l’épreuve du terrain. Études, enquêtes, explorations 1800-1960 Hôtel de Soubise, 60 rue des Franc-Bourgeois, Paris. Jusqu’au 29 septembre 2016 Catalogue 197 p., 25 €

1 Les Archives nationales consacrent une exposition aux voyages vers l’ailleurs et vers l’autre, comme on dit aujourd’hui, pour éviter des mots qui fâchent. La France a beaucoup voyagé depuis le XVIIIe siècle, jusqu’aux expéditions polaires françaises, disputant à l’Angleterre, sur les mers et les continents le droit d’investigation légitime des pays en friche par les Européens. L’exposition aborde le voyage du point de vue sympathique du voyageur, de l’homme seul, acteur du grand dessein d’État qui l’a envoyé au bout du monde. Ou l’a chargé plus modestement de recenser le patrimoine architectural de la Corrèze. « L’invitation au voyage » annonce la première partie en des termes à connotation touristique qui cachent la fébrilité des formalités et des complications administratives, l’œil inquisiteur et le crayon agile pendant la mission « sur le terrain », le voyageur est soucieux « au retour », le troisième volet de l’exposition, de ne rien omettre lors de la rédaction de son rapport de mission. Les commissaires de l’exposition ont recueilli avec tendresse les traces laissées par le voyageur. Le fonds écrit, photographié et dessiné des Archives nationales, comme celui de la Bibliothèque nationale de France auquel contribue la Société de Géographie, offre au visiteur l’opportunité exceptionnelle d’entrer en relation personnelle avec l’explorateur. De découvrir ses moyens modestes, son carnet d’observations, son journal de route, son appareil photographique d’abord antédiluvien qui étaient, avant la tablette tactile, les outils universels des géographes et des envoyés spéciaux de la France vers l’ailleurs. De partager son environnement, son inconfort, de ressentir ses émotions, ses peurs, ses enthousiasmes et ses déconvenues. Cet environnement était commun à toutes les expéditions ambitieuses ou modestes, qu’elles aient eu pour motivation l’exploration scientifique (un adjectif qui revient comme un leitmotiv, recouvrant l’ethnologie (l’autre), la cartographie et la topographie, la botanique, la géologie éventuellement intéressée, la physique, la zoologie, l’entomologie, voire explicitement la géographie encore qu’intellectuellement encadrée), la diplomatie, le commerce jusqu’à l’espionnage industriel des techniques de la soie, l’évaluation d’une colonie potentielle ou d’un point d’appui militaire. L’un des mérites de cette exposition intimiste est de mettre le visiteur en situation de vivre en direct l’histoire de l’exploration, d’en comprendre la grandeur par la révélation de ses servitudes inscrites au quotidien sur des bordereaux, des factures, des récépissés, des lettres à en-tête officiel de ministère ou de société savante, et de modestes cahiers d’écoliers. Les géographes de profession et de cœur visiteront avec bonheur cette exposition qui rend indirectement hommage à la géographie, puisque, comme la prose, tous les explorateurs en ont fait d’une manière ou d’une autre sans le savoir.


Date de mise en ligne : 09/03/2023

https://doi.org/10.3917/geo.1561.0053