L’ analyse des pratiques : un possible lieu pour accueillir l’impossible
- Par Wilfried Gontran
Pages 185 à 200
Citer ce chapitre
- GONTRAN, Wilfried,
- CHENUT, Martial
- et VIALLEIX, Laurent,
- Gontran, Wilfried.
- Gontran, W.
- M. Chenut
- et L. Vialleix
https://doi.org/10.3917/eres.chenu.2018.01.0185
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- Gontran, W.
- M. Chenut
- et L. Vialleix
- Gontran, Wilfried.
- GONTRAN, Wilfried,
- CHENUT, Martial
- et VIALLEIX, Laurent,
https://doi.org/10.3917/eres.chenu.2018.01.0185
Notes
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[1]
En 1694, l’Académie précise qu’obliger quelqu’un face à l’impossible reviendrait « à le faire tomber en contradiction ».
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[2]
À la fois dans le prolongement et dans une démarche de différenciation du courant structuraliste (Lévi-Strauss), J. Lacan promeut son concept de Structure. Il s’agit d’appréhender ce qui structure l’humain comme résultant du fait que « l’inconscient est structuré comme un langage », c’est-à-dire suivant les conséquences logiques du fait qu’il est avant tout et à tout instant un être de langage, ce qui fait de lui un « parlêtre ». Ainsi on peut considérer qu’en l’absence d’ontologie proprement dite pour la psychanalyse, ce qui en tient lieu est la Structure.
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[3]
Avec les trois autres catégories logiques d’Aristote revisitées par Lacan : le possible, le nécessaire, le contingent.
-
[4]
Une des conceptions du réel chez Lacan consiste à le considérer comme ce qui est l’impossible à symboliser. Le réel n’est pas à confondre avec la réalité (plutôt de l’ordre de l’imaginaire) qui, quant à elle, est multiple : à chacun sa réalité là où le réel est le même pour tous.
-
[5]
Avec ce jeu de mots, Lacan entend mettre l’accent sur l’aspect trompeur des sentiments. Pour la psychanalyse, on ne peut se fier à son feeling !
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[6]
Terme employé par J. Lacan et largement développé dans le Séminaire VII L’éthique de la psychanalyse. Avec la Chose (das Ding), Lacan formalise ce qu’il en est du réel avant qu’il ait été symbolisé, autant dire le réel comme impossible à appréhender pour l’humain qui n’a que le langage pour cela. La Chose n’est pas à confondre avec son concept d’objet a qui est ce qui résulte (le reste) de la prise (imparfaite) du symbolique sur le réel. La Chose, une sorte de madeleine de Proust qui en réalité n’aurait jamais été mangée.
-
[7]
L. Izcovich, « L’impossible dans l’expérience analytique », L’en-je lacanien, n° 7, 2006, p. 9-30.
-
[8]
S. Freud, « Analyse terminée et analyse interminable », dans Résultats, idées, problèmes, Paris, Puf, 1985, p. 263.
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[9]
En tant que sujet du désir, le sujet est divisé, selon Lacan : la personne est divisée entre sa manière de jouir et ce qu’elle pense, ce qu’elle pense et ce qu’elle dit, etc. « Le signifiant, c’est ce qui représente le sujet pour un autre signifiant », telle est la définition que donne Lacan d’un sujet, en définitive toujours à prendre comme situé dans un entre-deux, entre deux signifiants, et donc insaisissable, tel le « furet » du désir qui court et court…
-
[10]
Freud conçoit l’instance du Moi suivant le prototype de l’image du corps. Différemment du sujet (divisé), Le Moi est le lieu où la personne se pense cohérente de la même manière qu’elle ne se reconnaît pas partiellement dans le miroir mais pleinement, telle une unité complète. Ce qui fait dire à Freud que « le Moi est corporel ».
-
[11]
Peut-on attendre autre chose à l’ère de l’« amélioration continue » ?
-
[12]
Il y a vingt ans déjà, le psychanalyste J.‑P. Lebrun met l’accent sur cette caractéristique de notre société postmoderne de promouvoir « un monde sans limite », titre de son ouvrage (érès, 1997).
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[13]
Terme promu par S. Freud comme la seule chose qui est demandée à l’analysant dans une cure à savoir : qu’il dise ce qui lui passe par la tête (S. Freud, La technique psychanalytique, Paris, Puf, 2013). En termes lacaniens, il s’agit d’offrir la possibilité d’un travail sur le signifiant et non pas sur la signification.
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[14]
J. Lacan, Télévision, Paris, Le Seuil, 1974.
S’affronter à la dimension de l’impossible en institution, et notamment appréhender la fonction que l’instance d’analyse des pratiques (ou encore supervision ou régulation) peut avoir au regard d’elle, nécessite quelques considérations en guise de préliminaire : tenter de préciser ce qu’il en est de l’impossible, ce que nous enseigne la psychanalyse au regard de ce qu’elle en appréhende et en déduire quelques réflexions pour notre sujet.Nullus tenetur ad impossibile (nul n’est tenu à l’impossible) est une locution que l’on retrouve à plusieurs reprises chez saint Thomas d’Aquin, au xiiie siècle. Voici comment le proverbe nous invite à nous situer au regard de l’impossible, y rester au seuil, contrairement à l’adage napoléonien : « Impossible n’est pas français. » Deux sens de ce proverbe, certes voisins mais introduisant une nuance précieuse pour notre propos, peuvent être rapportés : d’une part ce qui est impossible pour quelqu’un en particulier, ce qui en appelle donc à un jugement de l’autre toujours plus ou moins empreint d’une dimension morale : une certaine bienveillance serait attendue à l’égard de l’intéressé en ce que nous ne pourrions le contraindre à ce que nous jugerions lui être impossible ; d’autre part, nous trouvons un deuxième sens pour l’impossible, cette fois-ci valable pour tous, ce pourquoi nous ne pouvons a fortiori envisager d’y contraindre quelqu’un en particulier. Dans ce second sens, non seulement on ne contraint pas l’individu à l’impossible mais on l’inviterait même à ne pas s’y engager, l’impossible n’étant pas le sien propre mais celui inhérent à ce qu’en psychanalyse lacanienne on appelle la Structur…
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