4. La viande, symbole du suprémacisme humain
Pages 85 à 105
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- BONNARDEL, Yves
- et PLAYOUST-BRAURE, Axelle,
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- Bonnardel, Yves.
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- Bonnardel, Y.
- et Playoust-Braure, A.
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- Bonnardel, Y.
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Notes
-
[1]
Cité in David Chauvet, « Should cultured meat be refused in the name of animal dignity? », Ethical Theory and Moral Practice, n° 21, 2018, p. 387-411.
-
[2]
Renan Larue, Le Végétarisme et ses ennemis. Vingt-cinq siècles de débats, PUF, Paris, 2015, p. 50.
-
[3]
Corinthiens, X, 26.
-
[4]
Timothée, IV, 4.
-
[5]
Renan Larue, Le Végétarisme et ses ennemis, op. cit., p. 100-101. Larue consacre un chapitre à la question de la position de l’Église catholique vis-à-vis du végétarisme, p. 79-136.
-
[6]
Armelle Le Bras-Chopard, Le Zoo des philosophes. De la bestialisation à l’exclusion, Plon, Paris, 2000, p. 40-41.
-
[7]
Victorine de Oliveira, « Florence Burgat : “L’humanité prend conscience d’elle-même en se construisant contre les animaux” », Philosophie Magazine, 23 janvier 2017.
-
[8]
Florence Burgat, L’Humanité carnivore, op. cit., p. 365.
-
[9]
Christiane Bailey et Jean-François Labonté, La Philosophie à l’abattoir, op. cit., p. 14.
-
[10]
Nick Fiddes, Meat, a Natural Symbol, Routledge, Londres, 1991.
-
[11]
David Olivier, « Le goût et le meurtre », Cahiers antispécistes, n° 9, 1994 ; Yves Bonnardel, « La consommation de viande en France : contradictions actuelles », Cahiers antispécistes, n° 13, décembre 1995 ; Yves Bonnardel, « Et si l’humain valait l’homme ? Sexisme et spécisme : rapports d’un dominant », in Daniel Welzer-Lang (dir.), Nouvelles Approches des hommes et du masculin, Presses universitaires de Toulouse le Mirail, Toulouse, 1999, <www.reseau-antispeciste.org/wp-content/uploads/brochure-sexspe.pdf> ; Enrique Utria, « La viande heureuse. Sur Jocelyne Porcher et quelques autres », Cahiers antispécistes, n° 26, juin 2016 ; Patrice Rouget, La Violence de l’humanisme, Calmann-Lévy, Paris, 2014 ; Florence Burgat, L’Humanité carnivore, op. cit. ; Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs, op. cit. ; Cédric Stolz, De l’humanisme à l’antispécisme, op. cit. ; David Chauvet, Une autre raison de lutter, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2017.
-
[12]
Alain Renaut, « L’humanisme de la corrida », Critique, vol. 723-724, n° 8, 2007, p. 552-560.
-
[13]
Ibid.
-
[14]
Florence Burgat, « Préface », in Patrice Rouget, La Violence de l’humanisme, op. cit., p. 10.
-
[15]
Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, trad. Agnès Botz et Jean-Luc Fidel, Gallimard, Paris, 2006 (2005).
-
[16]
Cf. Yves Bonnardel, « Et si l’humain valait l’homme ? », art. cit.
-
[17]
Thomas Hardy, Jude l’Obscur, 1896, cité in Keith Thomas, Dans le jardin de la Nature. La mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne (1500-1800), trad. Catherine Malamoud, Gallimard, Paris, 1985 (1983), p. 122.
-
[18]
Ibid., p. 31, 233 et 239.
-
[19]
Carol J. Adams, La Politique sexuelle de la viande, op. cit., p. 68.
-
[20]
Peter Farb et George Armelagos, Anthropologie des coutumes alimentaires, Denoël, Paris, 1985.
-
[21]
Yves Bonnardel, « La consommation de viande en France », art. cit.
-
[22]
Peter Farb et George Armelagos, Anthropologie des coutumes alimentaires, op. cit. ; Nick Fiddes, Meat. A Natural Symbol, op. cit., p. 158.
-
[23]
Fabrice Nicolino, Bidoche, op. cit., p. 220.
-
[24]
Élise Desaulniers, « Les vrais mâles préfèrent la viande. Convergences du féminisme et de l’antispécisme », francoisestereo.com, 22 juin 2014.
-
[25]
Robert Delort, Les Animaux ont une histoire, Seuil, Paris, 1984, p. 153.
-
[26]
L’élevage des ovins et la manufacture de laine deviennent la principale richesse de l’Angleterre du xive siècle, ce qui contribue à la placer « au premier rang des nations industrielles de l’Occident ». D’après Robert Delort, Les Animaux ont une histoire, op. cit., p. 158.
-
[27]
Keith Thomas, Dans le jardin de la Nature, op. cit., p. 34.
-
[28]
Robert Delort, Les Animaux ont une histoire, op. cit., p. 165.
-
[29]
Catherine Tourre-Malen, « Des Amazones aux amazones. Équitation et statut féminin », Techniques & Culture, n° 43-44, 2004. On se rappellera le « bon mot » de Jacques Chirac : « Buvons à nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent. »
-
[30]
Cf. « Le peuple des vaches », message « du peuple des vaches » reçu et partagé par Caroline Leroux, « communicatrice animale », <www.terrenouvelle.ca/le-peuple-des-vaches/>.
-
[31]
Keith Thomas, Dans le jardin de la Nature, op. cit., p. 34.
-
[32]
Robert Delort, Les Animaux ont une histoire, op. cit., p. 180.
-
[33]
Le poisson relâché a en fait de fortes chances de mourir d’infection ou d’incapacité à se nourrir, des suites de ses blessures. De fait, la pêche no kill est considérée comme acte de cruauté en Allemagne ou en Suisse, ce que n’est pas la pêche « qui tue ».
-
[34]
Yves Bonnardel, « Qui va à la chasse garde sa place », Cahiers antispécistes, n° 15-16, avril 1998.
-
[35]
Pour en savoir plus, lire Paul Shapiro, Clean Meat. Comment la viande cultivée va révolutionner notre alimentation, Éditions Luc Pire, Waterloo, 2019 (2018). Cf. également le site de l’association Gaïa, « Comment réconcilier amateurs de viande et amis des animaux ? », <http://viandecultivee.be/>.
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[36]
Florence Burgat et Jean-François Nordmann, « La viande in vitro : “rêve du végétarien”, “cauchemar du carnivore” ? », Revue semestrielle de droit animalier, n° 2, 2011, p. 207-220.
-
[37]
Cf. Axelle Playoust-Braure, « Garder la viande pour mieux se débarrasser du meurtre ? », Cahiers antispécistes, n° 42, mai 2019.
-
[38]
L214, « Laïcité = religion de la viande ? », communiqué de presse du 1er mars 2010.
-
[39]
Sara Fergé et Yves Bonnardel, « La végéphobie ou le rejet du végétarisme pour les animaux et la discrimination des personnes végétariennes », loc. cit.
-
[40]
Cette partie reprend des passages de Yves Bonnardel, « La consommation de viande en France », art. cit.
-
[41]
Patrice Rouget, « L’abattoir, une institution humaniste », in Karine Lou Matignon (dir.), Révolutions animales, op. cit., p. 262.
Les stoïciens de la Rome antique préfiguraient par bien des aspects les humanistes actuels. Ils soutenaient que les humains se distinguent des autres animaux par leur raison, qu’ils sont les seuls à pouvoir user et bénéficier de la justice grâce à leur capacité à se reconnaître des devoirs mutuels. Ils sont ainsi considérés comme les êtres les plus parfaits, et le monde n’existe que pour eux. L’historien et philosophe Renan Larue estime à propos des stoïciens que « leur apologie du carnisme découle assez naturellement de leur anthropologie et de leur morale ».
Les chrétiens n’ont pas eu de mal à reprendre cet héritage : Dieu a créé le monde pour les humains. Tout tourne autour d’elles et eux, qui sont les seuls « faits à son image ». Le reste n’est que décor, environnement, ressources. Les débuts de la chrétienté sont marqués par une forte volonté de se démarquer des juifs, qui connaissent nombre d’interdits alimentaires. Paul affirme alors : « Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans faire aucune question par motif de conscience ; car “la terre est au Seigneur, et tout ce qu’elle renferme”. » Et un peu plus loin : « Tout ce que Dieu a créé est bon, et l’on ne doit rien rejeter de ce qui se prend en action de grâce. » Le refus de manger la chair des animaux par souci de leur sort apparaît ainsi comme un véritable péché. Refuser ce que Dieu nous a autorisé à consommer ? Imaginer même que la souffrance animale, si universelle dans la Création elle-même, serait condamnable …
Date de mise en ligne : 11/06/2020
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