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5. Le dogme humaniste

Pages 107 à 158

Citer ce chapitre


  • Bonnardel, Y.
  • et Playoust-Braure, A.
(2020). 5. Le dogme humaniste. Solidarité animale : Défaire la société spéciste (p. 107-158). La Découverte. https://shs.cairn.info/solidarite-animale--9782348044397-page-107?lang=fr.

  • Bonnardel, Yves.
  • et al.
« 5. Le dogme humaniste ». Solidarité animale Défaire la société spéciste, La Découverte, 2020. p.107-158. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/solidarite-animale--9782348044397-page-107?lang=fr.

  • BONNARDEL, Yves
  • et PLAYOUST-BRAURE, Axelle,
2020. 5. Le dogme humaniste. In :
  • PLAYOUST-BRAURE, Axelle
  • et BONNARDEL, Yves,
Solidarité animale Défaire la société spéciste. Paris : La Découverte. Cahiers libres, p.107-158. URL : https://shs.cairn.info/solidarite-animale--9782348044397-page-107?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Thomas Piketty, « Les inégalités sont un choix politique », propos recueillis par Gaétane Poissonnier, Sciences humaines, n° 321, janvier 2020, p. 26-29.
  • [2]
    Dans La Politique sexuelle de la viande, op. cit., Carol J. Adams analyse en détail les métaphores croisées entre sexisme et spécisme, et l’importance symbolique de la viande dans la domination masculine.
  • [3]
    Divers exemples de rhétorique humaniste sont recensés sur le blog <https://lhumanismetue.tumblr.com/>.
  • [4]
    David Olivier, « Qu’est-ce que le spécisme ? », art. cit.
  • [5]
    Luc Ferry, L’Express, 24 septembre 1992, p. 108. Cité in Elisabeth Hardouin-Fugier, David Olivier et Estiva Reus, « Introduction », Luc Ferry ou le rétablissement de l’ordre. L’humanisme est-il anti-égalitaire ?, tahin party, Lyon, 2003.
  • [6]
    Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire, Gallimard, « Folio essais », Paris, 1987 (1952) ; David Olivier, « Luc Ferry ou le rétablissement de l’ordre », Cahiers antispécistes, n° 5, décembre 1992.
  • [7]
    David Olivier, « Bambi a froid », Cahiers antispécistes, n° 20, août 2001.
  • [8]
    Yves Bonnardel, David Olivier, James Rachels et Estiva Reus, Espèces et Éthique. Darwin : une (r)évolution à venir, tahin party, Lyon, 2001.
  • [9]
    Colette Guillaumin, L’Idéologie raciste. Genèse et langage actuel, Gallimard, Paris, 2002 (1972).
  • [10]
    Colette Guillaumin, « Pratique du pouvoir et idée de Nature. (2) Le discours de la Nature », Questions féministes, n° 3, 1978, p. 5, 9. Réédité in Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir, op. cit., p. 48-55.
  • [11]
    Jean Hamburger, L’Homme et les hommes, Flammarion, Paris, 1976, p. 105.
  • [12]
    Frédéric Côté-Boudreau, « Spécisme et capacitisme : quand l’intelligence se fait violence », art. cit.
  • [13]
    Hourya Bentouhami et Nacira Guénif-Souilamas, « Avec Colette Guillaumin : penser les rapports de sexe, race, classe. Les paradoxes de l’analogie », art. cit., p. 210.
  • [14]
    Axelle Playoust-Braure, « L’élevage comme rapport d’appropriation naturalisé », loc cit.
  • [15]
    Claude Lévi-Strauss, « Contribution à l’étude de l’organisation sociale des Indiens Bororo », Journal de la Société des américanistes, vol. 28, n° 2, 1936, p. 269-304.
  • [16]
  • [17]
    Pierre Charbonnier, « Prendre les animaux au sérieux : de l’animal politique à la politique des animaux », Tracés. Revue de sciences humaines, hors-série « Traduire et introduire », n° 15, 2015.
  • [18]
    Christine Delphy, L’Ennemi principal. I. Économie politique du patriarcat, Syllepse, Paris, 2013 (1998).
  • [19]
    Cf. Colette Guillaumin, « Question de différence », Sexe, race et pratique du pouvoir, op. cit., p. 83-106.
  • [20]
    Martin Heidegger, Les Concepts fondamentaux de la métaphysique. Monde-finitude-solitude (cours de 1929-1930), Gallimard, Paris, 1992, § 42, p. 267. Cité in Laetitia Dumoulin, « Repenser, “panser”, transformer nos relations aux animaux ? Le potentiel de la mobilité empathique, de l’éthologie au roman contemporain : Règne animal (Jean-Baptiste Del Amo), Défaite des maîtres et possesseurs (Vincent Message) », mémoire de maîtrise en lettres modernes, université de Lausanne, 2018-2019, p. 41.
  • [21]
    Pierre Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain, Seuil, Paris, 1955.
  • [22]
    Lucien Malson, Les Enfants sauvages, 10-18, Paris, 2002 (1964).
  • [23]
    Jean-Paul Sartre, L’Existentialisme est un humanisme, Nagel, Paris, 1946.
  • [24]
    Colette Guillaumin, « Le chou et le moteur à deux temps », art. cit., p. 30-36.
  • [25]
    Propos tirés d’une interview réalisée par le collectif Les Z’Homnivores, 29 décembre 2018, <www.youtube.com/watch?v=twIyeLOl5bg>.
  • [26]
    Colette Guillaumin, « Le chou et le moteur à deux temps », art. cit.
  • [27]
    Will Kymlicka, « Pourquoi les animalistes sont-ils toujours les orphelins de la gauche ? Le suprémacisme humain en question », L’Amorce. Revue contre le spécisme, 21 juin 2019.
  • [28]
    Sunaura Taylor, Braves Bêtes, op. cit., p. 78-80.
  • [29]
    Will Kymlicka, « Human rights without human supremacism », Canadian Journal of Philosophy, vol. 48, n° 6, 2018, p. 763-792.
  • [30]
    Christine Delphy, L’Ennemi principal. II. Penser le genre, Syllepses, Paris, 1991, p. 104-105.
  • [31]
    Voir à ce sujet le manifeste « L’autre moitié », loc. cit., reproduit en pages 103-105 du présent ouvrage.
  • [32]
    Cf. Vinciane Despret, « La différence comme occasion de pertinence : la question de l’animal », Cahiers de psychologie clinique, vol. 18, n° 1, 2002, p. 19.
  • [33]
    Cf. Bernard Baertschi, « La dignité de l’être humain », tiré à part des Studia Philosophica, vol. 63, 2004.
  • [34]
    La citation originelle de Jean Jaurès est celle-ci : « Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage » (Chambre des communes, mars 1895).
  • [35]
    Armelle Le Bras-Chopard, Le Zoo des philosophes, op. cit., p. 243-244.
  • [36]
    Melanie Joy et Adam Weitzenfeld, « Overview of anthropocentrism, humanism, and speciesism in critical animal theory », in Anthony J. Nocella, John Sorenson, Kim Socha et Atsuko Matsuoka (dir.), Defining Critical Animal Studies. An Intersectional Social Justice Approach for Liberation, Peter Lang, New York, 2014, p. 6, 8.
  • [37]
    Cf. Yves Bonnardel, « Les animaux à l’assaut du ciel », in Thomas Lepeltier, Yves Bonnardel et Pierre Sigler (dir.), La Révolution antispéciste, op. cit., p. 332-336.
  • [38]
    Elsa Dorlin (dir.), Sexe, Race, Classe. Pour une épistémologie de la domination, PUF, Paris, 2009. La première formulation du concept d’imbrication des rapports sociaux date de 1979, par des femmes noires du Combahee River Collective : « Déclaration du Combahee River Collective », in Jules Falquet et al. (dir.), « (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race”. Repères historiques et contemporains », Cahiers du Cedref, 2006, p. 53-67.
  • [39]
    Danièle Kergoat, « Dynamique et consubstantialité des rapports sociaux », in Elsa Dorlin (dir.), Sexe, Race, Classe, op. cit., p. 119-120.
  • [40]
    David Nibert, Animal Rights/Human Rights. Entanglements of Oppression and Liberation, Rowman & Littlefield Publishers, Lanham, 2002, p. 4.
  • [41]
    Harold A. Herzog Jr., Nancy S. Betchart et Robert B. Pittman, « Gender, sex role identity and attitudes toward animals », Anthrozoös, n° 4, 1991 ; David Nibert, Animal Rights/Human Rights, op. cit. ; Susan Opotow, « Animals and the scope of justice », Journal of Social Issues, n° 49, 1993 ; Scott Plous, « Is there such a thing as prejudice toward animals ? », in Scott Plous (dir.), Understanding Prejudice and Discrimination, McGraw-Hill, New York, 2003 ; Donald I. Templer, Heather Joy Connelly, Lynette Bassman et Jessica Hart, « Construction and validity of an animal-human continuity scale », Social Behavior and Personality, no 34, 2006 ; Kimberly Costello et Gordon Hodson, « The human cost of devaluing animals », New Scientist, n° 2895, 2012 ; Kimberly Costello, Gordon Hodson et Cara Christina MacInnis, « (Over) valuing “humanness” as an aggravator of intergroup prejudices and discrimination », in Paul G. Bain, Jeroen Vaes et Jacques Philippe Leyens (dir.), Humanness and Dehumanization, Psychology Press, New York, 2013 ; Kimberly Costello et Gordon Hodson, « Explaining dehumanization among children: the interspecies model of prejudice », British Journal of Social Psychology, vol. 53, n° 1, 2014 ; Kimberly Costello, Kristof Dhont, Gordon Hodson et Cara Christina MacInnis, « Social dominance orientation connects prejudicial human-human and human-animal relations », Personality and Individual Differences, n° 65, 2014 ; Ana C. Leite, Kristof Dhont et Gordon Hodson, « Longitudinal effects of human supremacy beliefs and vegetarianism threat on moral exclusion (vs. inclusion) of animals », European Journal of Social Psychology, vol. 49, n° 1, février 2019 ; Gordon Hodson et Kimberly Costello, « The link between devaluing animals and discrimination », NewScientist, 12 décembre 2012 ; Lucius Caviola, Jim Everett et Nadira Faber, « The moral standing of animals: towards a psychology of speciesism », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 116, 1er juin 2019 ; Petra Veser, Kathy Taylor et Susanne Singer, « Diet, authoritarianism, social dominance orientation, and predisposition to prejudice: results of a German survey », British Food Journal, vol. 117, n° 7, 2015 ; Michael W. Allen, Marc Wilson, Sik Hung Ng et Michael Dunne, « Values and beliefs of vegetarians and omnivores », The Journal of Social Psychology, vol. 140, n° 4, août 2000 ; Lauri L. Hyers, « Myths used to legitimize the exploitation of animals: an application of social dominance theory », Anthrozoös, vol. 19, n° 3, 2006.
  • [42]
    Tania D. Signal et Nicola Taylor, « Empathy and attitudes towards animals », Anthrozoös, vol. 18, n° 1, 2005 ; Tania D. Signal et Nicola Taylor, « Attitude to animals and empathy: comparing animal protection and general community samples », Anthrozoös, vol. 20, n° 2, 2007.
  • [43]
    Kimberly Costello et Gordon Hodson, « Exploring the roots of dehumanization: the role of animal-human similarity in promoting immigrant humanization », Group Processes & Intergroup Relations, 2009.
  • [44]
    Kristof Dhont et Gordon Hodson, « Why do right-wing adherents engage in more animal exploitation and meat consumption? », Personality and Individual Differences, n° 64, 2014.
  • [45]
    Jonathan Fernandez, « Spécisme, sexisme et racisme. Idéologie naturaliste et mécanismes discriminatoires », Nouvelles Questions féministes, vol. 1, n° 34, dossier « Imbrication des rapports de pouvoir », 2015.
  • [46]
    Carol J. Adams, La Politique sexuelle de la viande, op. cit., p. 300.
  • [47]
    Collectif, Végétari’elles. Paroles de femmes autour du végétarisme, La Criée, s. l., Lyon, 2004.
  • [48]
    Emily Gaarder, « Where the boys aren’t: the predominance of women in animal rights activism », Feminist Formations, vol. 23, no 2, 2011, p. 54-76.
  • [49]
    Emily Gaarder, Women and the Animal Rights Movement, Rutgers University Press, New Brunswick, 2011.
  • [50]
    Carol J. Adams donne de nombreux exemples dans la rubrique « Examples of the sexual politics of meat » de son site : <https://caroljadams.com/examples-of-spom>.
  • [51]
    James Serpell, In the Company of Animals: a Study of Human-Animal Relationships, Basil Blackwell, Oxford, 1986.
  • [52]
    André-Georges Haudricourt, « Essai sur l’origine des différences de mentalité entre Occident et Extrême-Orient », Les Carnets, n° 6, 2008.
  • [53]
    Jacques Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l’agriculture. La révolution des symboles au néolithique, Éditions du CNRS, Paris, 1994.
  • [54]
    Charles Patterson, Un éternel Treblinka, op. cit., p. 37, reprenant Steven M. Wise, Tant qu’il y aura des cages. Vers les droits fondamentaux des animaux, trad. de l’américain par David Chauvet, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d’Ascq, 2016 (2000), p. 52.
  • [55]
    Jim Mason, Un Unnatural Order. Why we are Destroying the Planet and Each Other, Continuum, Londres, 1997, p. 176. Cité in Charles Patterson, Un éternel Treblinka, op. cit., p. 32.
  • [56]
    Nerissa Russell, « The wild side of animal exploitation », Society & Animals, vol. 10, n° 3, 2002, p. 285-302. Mentionnée par Florence Burgat, L’Humanité carnivore, op. cit., p. 85.
  • [57]
    Keith Thomas, Dans le jardin de la Nature, op. cit., p. 49.
  • [58]
    Karl Jacoby, « Slaves by nature? Domestic animals and human slaves », Slavery and Abolition, n° 15, avril 1994, p. 94 ; réédité in Jeremy Black (dir.), The Atlantic Slave Trade. IV. The Nineteenth Century, Ashgate Publishing, Aldershot, 2006, p. 59-69. Cité in Charles Patterson, Un éternel Treblinka, op. cit., p. 31.
  • [59]
    Cf. Florence Burgat, L’Humanité carnivore, op. cit., p. 305-310.
  • [60]
    Lire à ce sujet, concernant l’esclavage des Afro-descendants en Amérique du Nord, Marjorie Spiegel, The Dreaded Comparison. Human and Animal Slavery, Mirror Books, New York, 1996.
  • [61]
    Elisabeth Fisher, Women’s Creation. Sexual Evolution and the Shaping of Society, Wildwood House, Londres, 1980, p. 190. Citée in Charles Patterson, Un éternel Treblinka, op. cit., p. 32.
  • [62]
    Lori Gruen, « Dismantling oppression: an analysis of the connection between women and animals », in Greta Gaard (dir.), Ecofeminism. Women, Animals, Nature, Temple University Press, Philadelphie, 1993, p. 60-90 ; Gerda Lerner, The Creation of Patriarchy, Oxford University Press, Oxford, 1986, p. 46. Citées in Charles Patterson, Un éternel Treblinka, op. cit., p. 32-33.
  • [63]
    Paola Tabet, « Fertilité naturelle, reproduction forcée », La Construction sociale de l’inégalité des sexes. Des outils et des corps, L’Harmattan, Paris, 1998.
  • [64]
    « Les peuples indigènes furent accusés de cannibalisme, l’acte sauvage suprême », et cette « accusation fut indissociable de l’expansion européenne sur les autres continents », nous dit Carol J. Adams, citant W. Arens, The Man-Eating Myth: Anthropology and Anthropophagy, Oxford University Press, Oxford, 1979. Cité in Carol J. Adams, La Politique sexuelle de la viande, op. cit., p. 77.
  • [65]
    Cf. Sven Lindqvist, Terra nullius, trad. du suédois par Hélène Hervieu, Les Arènes, Paris, 2007, et Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes, trad. du suédois par Alain Gnaedig, Les Arènes, Paris, 2014 ; Rosa Amelia Plumelle-Uribe, La Férocité blanche. Des non-Blancs aux non-Aryens : génocides occultés de 1492 à nos jours, Albin Michel, Paris, 2001.
  • [66]
    Malcolm Ferdinand, Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen, Seuil, Paris, 2019, p. 372-373.
  • [67]
    Will Kymlicka, « Human rights without human supremacism », Canadian Journal of Philosophy, vol. 48, n° 6, 2018, p. 763-792.
  • [68]
    Henry Shue, Basic Rights, Princeton University Press, Princeton, 1980.
  • [69]
    James Nickel, Making Sense of Human Rights, University of California Press, Berkeley, 1987, et « Human rights », Stanford Encyclopedia of Philosophy, 2014, <https://plato.stanford.edu/entries/rights-human/>.
  • [70]
    Bryan Turner, Vulnerability and Human Rights, Penn State Press, University Park, 2006.
  • [71]
    Martha Fineman, « The vulnerable subject: anchoring equality in the human condition », Yale JL & Feminism, vol. 20, n° 1, 2008.
  • [72]
    Alexander Morawa, « Vulnerability as a concept of international human rights law », Journal of International Relations and Development, vol. 6, n° 2, 2003, p. 139-155.
  • [73]
    Les « capabilités » ou « capacités », selon Amartya Sen, sont « la possibilité pour les individus de faire des choix parmi les biens qu’ils jugent estimables et de les atteindre effectivement » (Nicolas Journet, « Capabilités », Sciences humaines, n° 241, octobre 2012). Cf. Amartya Sen, « Human rights and capabilities », Journal of Human Development, vol. 6, n° 2, 2005, p. 151-166 ; Martha Nussbaum, Frontiers of Justice. Disability, Nationality, Species Membership, Harvard University Press, Cambridge, 2005 ; Martha Nussbaum, « Human rights and human capabilities », Harvard Law School Human Rights Journal, vol. 20, n° 21, 2007.
  • [74]
    Fiona Robinson, « Human rights and the global politics of resistance: feminist perspectives », Review of International Studies, n° 29, 2003, p. 161-180.
  • [75]
    Judith Butler, Vie précaire, Éd. Amsterdam, Paris, 2006.
  • [76]
    Corine Pelluchon, L’Autonomie brisée. Bioéthique et philosophie, PUF, Paris, 2009 ; id., La Raison du sensible. Entretiens autour de la bioéthique, Artège, Paris, 2009 ; id., Éléments pour une éthique de la vulnérabilité. Les hommes, les animaux, la nature, Le Cerf, Paris, 2011.
  • [77]
    Ann Murphy, « Corporeal vulnerability and the new humanism », Hypatia, vol. 26, n° 3, 2011, p. 575-590.
  • [78]
    Cf. le billet d’humeur de David Olivier vis-à-vis des positions humanistes courantes (ici, d’anarchistes) : « Bambi a froid », art. cit.
  • [79]
    Aph Ko et Syl Ko, « By “human”, everybody just means “white” », Aphro-ism. Essays on Pop Culture, Feminism, and Black Veganism from Two Sisters, Lantern Books, New York, 2017, p. 20.
  • [80]
    Ibid., p. 46-47.
  • [81]
    Sunaura Taylor, Braves Bêtes, op. cit., p. 36-37.
  • [82]
    Sunaura Taylor, « After the ugly laws. Call me an animal – because all of us are », The Baffler, 28 février 2017.
  • [83]
    Il s’agit peu ou prou du processus que le sociologue et historien Norbert Elias décrit dans La Civilisation des mœurs, Calmann-Lévy, Paris, 1973 (1939).
  • [84]
    Pour une discussion sur l’« intelligence », lire David Olivier, « Qu’est-ce que le spécisme ? », art. cit.
  • [85]
    Cf. Steven Pinker, The Blank Slate. The Modern Denial of Human Nature, Allen Lane, Londres, 2002.
  • [86]
    Communication personnelle.
  • [87]
    David Olivier, « L’égalité animale », Cahiers antispécistes, n° 0, septembre 1991.
  • [88]
    L’expression est de David Olivier : « Bambi a froid », art. cit.
  • [89]
    Frédéric Côté-Boudreau, « Spécisme et capacitisme : quand l’intelligence se fait violence », art. cit.
  • [90]
    Christiane Bailey et Jean-François Labonté, La Philosophie à l’abattoir, op. cit., p. 75. Frédéric Côté-Boudreau a poussé la réflexion à ce sujet sur son blog : « Bâtir la solidarité avec les autres mouvements sociaux ».

Une idéologie sert à légitimer un ordre du monde. Elle donne du sens et une raison d’être à la société. Elle peut servir à imposer comme allant de soi le fait de ne pas prendre en compte les intérêts d’autres individus. Comme le souligne l’économiste Thomas Piketty : « Aucune élite ne peut se contenter de posséder davantage d’argent ou de pouvoir que les autres de façon explicitement arbitraire. Cela n’existe pas. Il faut un discours sophistiqué qui explique et justifie l’organisation sociale, et donc les inégalités. Ces discours doivent être un minimum plausibles et reposent souvent sur un mélange de sincérité et d’hypocrisie. » Le discours spéciste, comme d’autres idéologies de mépris et de domination – avec lesquelles il est d’ailleurs intriqué –, repose sur le mythe, le mensonge, l’omission, la distorsion, le déni… et la violence. L’humanisme est la forme anthropocentrique que prend le spécisme dans notre civilisation. Il est une croyance en une distance ontologique infinie séparant les humains des autres animaux. Cette idéologie éthico-politique est aujourd’hui dominante dans nos sociétés.
Nous nous définissons tous et toutes fondamentalement comme des humains, des êtres humains. Nous forgeons cette identité en nous distinguant des autres animaux, et c’est cette distinction qui conditionne fondamentalement notre appartenance à la sphère citoyenne. L’opposition humanité/animalité est particulièrement saillante dans les discours relevant de la rhétorique humaniste, qui se caractérise par une revendication de dignité humaine couplée à un rejet de l’animalité…


Date de mise en ligne : 11/06/2020

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