3. Le spécisme en actes : l’exploitation animale
Pages 45 à 84
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Notes
-
[1]
Peter Singer, La Libération animale, op. cit., p. 323-324.
-
[2]
Colette Guillaumin, « Le chou et le moteur à deux temps. De la catégorie à la hiérarchie », Le Genre humain, n° 2, 1981, p. 31.
-
[3]
Donna Haraway, When Species Meet, University of Minnesota Press, Minneapolis, 2008, p. 80.
-
[4]
C’est aussi le cas, au moins formellement, pour les mineurs (les enfants). Différentes catégories humaines voient néanmoins toujours leur intégrité corporelle bien peu respectée.
-
[5]
Florence Burgat, Être le bien d’un autre, Payot et Rivages, Paris, 2018, p. 69.
-
[6]
Florence Burgat, « Esclavage et propriété », L’Homme, n° 145, 1998, p. 11-30.
-
[7]
Florence Burgat, Être le bien d’un autre, op. cit., p. 84.
-
[8]
Citons par exemple la sociologue Jocelyne Porcher : « La mort des animaux […] n’est pas le but mais le bout de l’élevage. » « Ce que les animaux domestiques nous donnent en nature », Revue du MAUSS, vol. 42, no 2, 2013, p. 49-62.
-
[9]
Ashley Davenport, « 1 million chickens killed at Indiana poultry farm », AgWeb, 4 octobre 2017.
-
[10]
Louis de Bergevin, « 6 000 canards carbonisés dans l’incendie d’un bâtiment agricole à Châteauneuf, en Vendée », France Bleu Loire Océan, 2 décembre 2017.
-
[11]
Charles Patterson, Un éternel Treblinka, Calmann-Lévy, Paris, 2008, p. 36.
-
[12]
Florence Burgat, Être le bien d’un autre, op. cit., p. 86.
-
[13]
Publié en 1999 aux États-Unis par Temple University Press, l’ouvrage a été traduit en français en 2015 sous le titre Introduction aux droits des animaux (L’Âge d’Homme, Lausanne).
-
[14]
Estiva Reus, « Gary Francione : la propriété contre le droit », Cahiers antispécistes, n° 23, décembre 2003.
-
[15]
Gary Francione, Introduction aux droits des animaux, op. cit, p. 182.
-
[16]
Cédric Stolz, De l’humanisme à l’antispécisme, Ovadia, Nice, 2019, p. 131.
-
[17]
Ibid., p. 155.
-
[18]
Colette Guillaumin, « Pratique du pouvoir et idée de Nature. (1) L’appropriation des femmes », Questions féministes, n° 2, 1978 ; réédité in Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de Nature, Éditions iXe, Donnemarie-Dontilly, 2016 (1992).
-
[19]
Hourya Bentouhami et Nacira Guénif-Souilamas, « Avec Colette Guillaumin : penser les rapports de sexe, race, classe. Les paradoxes de l’analogie », Cahiers du genre, vol. 63, n° 2, 2017.
-
[20]
Jacques Derrida, L’Animal que donc je suis, Galilée, Paris, 2006, p. 46.
-
[21]
Charles Thibault, émission de l’ORTF, « Sauver le bœuf », 1970, cité par Fabrice Nicolino, Bidoche. Quand l’industrie de la viande menace le monde, Les Liens qui libèrent, Paris, 2009, p. 47.
-
[22]
Agnès Stienne, « Quand l’industrie de la viande dévore la planète », Le Monde diplomatique, 21 juin 2012.
-
[23]
Sophie Chapelle, « Élevage industriel : la biodiversité animale sous contrôle des multinationales », Observatoire des multinationales, 1er février 2016.
-
[24]
« 35 457 kg de lait… en 365 jours », La France agricole, 27 décembre 2017.
-
[25]
Entre quinze et vingt, comme le mentionne la fiche d’éthologie de L214, « Intelligence et vie sociale des poules et des poulets », <www.l214.com/intelligence-et-vie-sociale-des-poules-et-des-poulets>.
-
[26]
« Des “super-cochons” pour nourrir la Chine », LePoint.fr, 6 octobre 2019.
-
[27]
D’après un rapport de l’Itavi (Institut technique de l’aviculture, pisciculture et cuniculture) datant de 2015, près d’un quart (22 %) des lapins meurent en élevage avant d’atteindre l’âge d’abattage.
-
[28]
Commission européenne, « Rapport de la Commission européenne au Parlement européen et au Conseil sur l’incidence de la sélection génétique sur le bien-être des poulets destinés à la production de viande », 2016.
-
[29]
Itavi, « Les volailles de chair. Les chiffres clés français », 2016.
-
[30]
Fabrice Nicolino, Bidoche, op. cit., p. 37.
-
[31]
L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, Robert Laffont, Paris, 2019, p. 86.
-
[32]
Ibid., p. 199.
-
[33]
Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?, L’Olivier, Paris, 2010, p. 245.
-
[34]
Voir le site de Fishcount.org, « Numbers of farmed decapod crustaceans », 2017.
-
[35]
Cf. note 12 en page 11.
-
[36]
R. W. D. Davies, Simon J. Cripps, Amanda Nickson, Gordon Porter, « Defining and estimating global marine fisheries bycatch », Marine Policy, vol. 33, n° 4, 2009, p. 661-672.
-
[37]
Alison Mood, « The worse things happen at sea: the welfare of wild-caught fish », 2010, disponible sur le site de Fishcount.org.uk ; partiellement traduit en français par Emmanuelle Barraud : Alison Mood, « Le pire a lieu en mer », Cahiers antispécistes, n° 34, janvier 2012.
-
[38]
Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs, Seuil, Paris, 2016, p. 32.
-
[39]
Barbara Noske, Humans and Other Animals. Beyond the Boundaries of Anthropology, Pluto Press, Londres, 1989.
-
[40]
Fabrice Nicolino, Bidoche, op. cit., p. 245-246.
-
[41]
L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 19-20, 96-97.
-
[42]
Pierre Sigler, « Les biais du PNNS », ICDV, 21 août 2011, <www.icdv.info/index.php ? post/2011/08/21/Les-biais-du-PNNS> ; Laure Ducos, « Cantines scolaires. Les lobbies continuent de défendre leur bifteck », rapport, Greenpeace, Paris, novembre 2019, <www.greenpeace.fr/viande-produits-laitiers-letat-laisserait-lobbies-controler-lassiette-de-nos-enfants/>.
-
[43]
Augustine Passilly, « La contre-offensive de la filière viande face au désamour de la France », Slate, 26 novembre 2019.
-
[44]
L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 18-20.
-
[45]
Antoine Comiti et Estiva Reus, L’Inra au secours du foie gras. Enquête sur une expertise publique sous contrôle de l’industrie, Sentience, Lyon, 2006.
-
[46]
Moina Fauchier-Delavigne, « Crise des éleveurs : “Sans violences, la presse nationale n’en parle pas” », Le Monde, 2 février 2016.
-
[47]
L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 78-79, 96, 149.
-
[48]
Ibid., p. 76.
-
[49]
Ibid., p. 119-120.
-
[50]
Fabrice Nicolino, Bidoche, op. cit., p. 236, 255, 297.
-
[51]
Jean-Louis Rastoin, « L’industrie agroalimentaire au cœur du système alimentaire mondial », Regards sur la Terre, 2012.
-
[52]
Laurence Girard, « La production agroalimentaire française en recul en 2013 », Le Monde, 10 avril 2014.
-
[53]
Jean-Pierre Butault et Nathalie Delame, « Concentration de la production agricole et croissance des exploitations », Économie et Statistique, n° 390, Insee, 2006.
-
[54]
« Production animale et contractualisation : histoire et enjeux », Les Synthèses de FranceAgriMer, n° 8, juillet 2011.
-
[55]
L214 et Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 153.
-
[56]
Cf. viande.info : « La viande et l’argent du contribuable », 2019.
-
[57]
Cf. viande.info, « Pêches, aquaculture : Subventions pousse-au-crime et politiques irresponsables ».
-
[58]
Mathilde Dorcadie, « En dépit de ses engagements, la France encourage la surpêche », Reporterre, 18 juin 2019.
-
[59]
Daniel Pauly, « Acquacalypse now », The New Republic, 28 septembre 2009.
-
[60]
L214 et Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 123.
-
[61]
Hannah Ritchie et Max Roser, « Meat and dairy production », OurWorldInData.org, 2019.
-
[62]
Un article publié le 8 octobre 2018 sur le site de l’organisation Faunalytics permet de visualiser ces chiffres via des graphiques : <https://faunalytics.org/global-animal-slaughter-statistics-and-charts/>.
-
[63]
Cf. Alison Mood, « Combien de poissons sont pêchés par an ? », Cahiers antispécistes, n° 34, janvier 2012.
-
[64]
Voir à ce sujet l’article « Statistiques astronomiques » sur le blog de Frédéric Côté-Boudreau.
-
[65]
« Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2018-2027 », OCDE/FAO, 2018, p. 29, <www.fao.org/documents/card/fr/c/I9166FR/>.
-
[66]
« World livestock 2011. Livestock in food security », FAO, 2011, p. 79.
-
[67]
« Reducing food’s environmental impacts though producers and consumers », Science, 31 mai 2018. Une étude qui s’appuie sur des données en provenance de 38 000 exploitations agricoles réparties dans 119 pays du monde. Cité par L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 88.
-
[68]
Cf. Fabrice Nicolino, Bidoche, op. cit. Voir aussi Anne Farthouat, « Comment l’industrie de la viande menace le monde », Novethic, 5 octobre 2009.
-
[69]
« Les États membres de l’IPBES, le “Giec de la biodiversité”, ont adopté un rapport inédit qui alerte sur l’effondrement du vivant. L’agriculture industrielle et la consommation de viande sont les causes majeures de ce déclin », in Lorène Lavocat, « Pour éviter l’effondrement du vivant, il faut changer l’agriculture et l’alimentation », Reporterre, 6 mai 2019.
-
[70]
Alexandre Baron et Nicolas Salliou, « Limiter drastiquement l’impact négatif de l’alimentation carnée sur l’environnement », in David Chauvet et Thomas Lepeltier (dir.), Plaidoyer pour une viande sans animal, PUF, Paris, à paraître.
-
[71]
Marco Springmann, Michael Clark, Daniel Mason-D’Croz et al., « Options for keeping the food system within environmental limits », Nature, n° 562, 10 octobre 2018, p. 519-525. Cité in L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 89.
-
[72]
Denis Horman, « Chicken Connection. Le poulet africain étouffé par l’Europe. Agrobusiness, dumping, souveraineté alimentaire… », Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (Gresea), Bruxelles, 2004.
-
[73]
Andreas Pichler, La Planète lait, documentaire audiovisuel, 2017.
-
[74]
Communiqué de presse de Cargill, « Cargill and Heifer launch hatching hope global initiative to improve nutrition and bolster livelihoods of 100 million people », 21 mars 2019.
-
[75]
L214 & Eyes on Animals, La Face cachée de nos assiettes, op. cit., p. 24.
-
[76]
Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort, Lux, Montréal, p. 114.
-
[77]
Melanie Joy, Introduction au carnisme, op. cit.
-
[78]
Jared Piazza et al., « Rationalizing meat consumption. The 4Ns », Appetite, n° 91, 2015, p. 114-128.
-
[79]
Voir Sara Fergé et Yves Bonnardel, « La végéphobie ou le rejet du végétarisme pour les animaux et la discrimination des personnes végétariennes », brochure, Végéphobie/PEA, Genève, 2015, <http://fr.vegephobia.info/public/livret_végéphobie_pour_lecture.pdf>.
-
[80]
En référence au terme « publisexisme », utilisé dès 2001 en France par le Collectif contre le publisexisme (CCP) pour dénoncer la façon dont les femmes sont représentées dans les publicités. Voir <http://publisexisme.samizdat.net/>.
-
[81]
Carol J. Adams, La Politique sexuelle de la viande, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2016 (1990).
-
[82]
Florence Burgat, L’Humanité carnivore, Seuil, Paris, 2017, p. 24.
-
[83]
Axelle Playoust-Braure, « L’élevage comme rapport d’appropriation naturalisé : le cas du publispécisme », mémoire de master en sociologie, université du Québec à Montréal, 2018.
-
[84]
David Chauvet, Contre la mentaphobie, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2016 (2014).
-
[85]
Brock Bastian, Steve Loughnan, Nick Haslam et Helena Radke, « Don’t mind meat? The denial of mind to animals used for human consumption », Personality and Social Psychology Bulletin, vol. 38, n° 2, 2012.
-
[86]
Steve Loughnan, Nick Haslam et Brock Bastian, « The role of meat consumption in the denial of mind and moral status to meat animals », Appetite, vol. 55, 2010, p. 156-159. Cité in Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort, op. cit., p. 122.
-
[87]
Florence Burgat, Être le bien d’un autre, op. cit., p. 67.
-
[88]
Ibid., p. 24.
Si le spécisme est moralement arbitraire, ça ne l’empêche visiblement en rien d’être quand même opérant. Comme l’a souligné Peter Singer,
c’est un trait caractéristique des idéologies que de résister à la réfutation. Si une position idéologique se retrouve brusquement privée de ses fondements, on lui en trouvera d’autres, ou alors, elle restera simplement suspendue en l’air, défiant l’équivalent dans le domaine logique des lois de la pesanteur. Concernant nos attitudes envers les animaux, c’est ce dernier cas qui semble s’être produit.
L’origine ou la raison d’être des abattoirs, bateaux de pêche et élevages n’est pas à rechercher dans les erreurs de jugement moral. Les enjeux ne peuvent se réduire à un simple débat d’idées. C’est ce qu’avait déjà relevé la sociologue Colette Guillaumin à propos du racisme : « Le racisme n’est pas une opinion ni une “théorie” abstraite, c’est une relation sociale. Et d’un genre particulier : une relation de domination qui se proclame “naturelle”. »
De la même façon que Guillaumin définit le racisme non seulement comme une idéologie, mais comme une relation sociale, nous pensons également utile d’aborder le spécisme de cette manière. C’est ici qu’interviennent les analyses du spécisme entendu comme mode particulier d’organisation politique, économique et historique, fondé sur un rapport social de pouvoir entre les humains et les autres animaux. Les élevages, la chasse, la pêche, les abattoirs et les centres d’expérimentation, pour ne citer qu’eux, violent en effet les intérêts fondamentaux des animaux de façon constante, au bénéfice des humains et, surtout, d’une manière qui ne serait pas acceptée si les victimes étaient humaines…
Date de mise en ligne : 11/06/2020
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