Chapitre d’ouvrage

6. Construire une solidarité animale

Pages 159 à 186

Citer ce chapitre


  • Bonnardel, Y.
  • et Playoust-Braure, A.
(2020). 6. Construire une solidarité animale. Solidarité animale : Défaire la société spéciste (p. 159-186). La Découverte. https://shs.cairn.info/solidarite-animale--9782348044397-page-159?lang=fr.

  • Bonnardel, Yves.
  • et al.
« 6. Construire une solidarité animale ». Solidarité animale Défaire la société spéciste, La Découverte, 2020. p.159-186. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/solidarite-animale--9782348044397-page-159?lang=fr.

  • BONNARDEL, Yves
  • et PLAYOUST-BRAURE, Axelle,
2020. 6. Construire une solidarité animale. In :
  • PLAYOUST-BRAURE, Axelle
  • et BONNARDEL, Yves,
Solidarité animale Défaire la société spéciste. Paris : La Découverte. Cahiers libres, p.159-186. URL : https://shs.cairn.info/solidarite-animale--9782348044397-page-159?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Les Contemplations, 1856.
  • [2]
    Cf. Françoise Blanchon, « Au sujet de la “pureté” », Cahiers antispécistes, n° 7, juin 1993.
  • [3]
    David Chauvet, Taxer la viande, L’Âge d’Homme, Lausanne, 2018, p. 18.
  • [4]
    Anoushavan Sarukhanyan, « Pour l’abolition de l’esclavage, pour l’abolition du véganisme. À propos du nécessaire changement de paradigme dans le mouvement pour les droits des animaux », blog Abolition du véganisme, 18 mars 2013, <http://abolitionduveganisme.blogspot.com/2013/03/l>.
  • [5]
    Pierre Sigler, « De l’appel à la vertu à l’exigence de justice pour les animaux, blog Abolition du véganisme, 22 juillet 2014, initialement paru en 2012 dans la brochure « L’exploitation animale est une question de société », <www.reseau-antispeciste.org/wp-content/uploads/pourpolitisation4.pdf>.
  • [6]
    Cf. le livret « Fermer les abattoirs », <https://visuels.l214.com/brochures/fermer-les-abattoirs/livret-fermer-les-abattoirs.pdf>. Il reprend l’article d’Antoine Comiti et Estiva Reus, « Abolir la viande », Cahiers antispécistes, n° 29, février 2008. Voir également la brochure d’Yves Bonnardel et Pierre Sigler, « L’exploitation animale est une question de société », art. cit.
  • [7]
    Flore Berlingen, « 354 kg… ou 14 tonnes de déchets par habitant ? », Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid), 4 mai 2011, <http://cniid.org/354-kg-ou-14-tonnes-de-dechets-par-habitant,56>.
  • [8]
    Cf. « La légende du colibri », sur le site du mouvement Colibris, <www.colibris-lemouvement.org/mouvement/legende-colibri>.
  • [9]
    Titiou Lecoq, « Loi alimentation : quel est l’abruti qui a programmé pour mai 2018 le vote de cette loi ? », Slate, 1er juin 2018.
  • [10]
    Pauline Chateau, « L’élevage et la vente d’œufs en cage interdits en Californie », Huffington Post, 9 novembre 2018 ; United Egg Producers, « United egg producers animal husbandry guidelines for U.S. egg laying flocks », 2008, p. 1 ; Trey Malone et Jayson Lusk, « Putting the chicken before the egg price: an ex post analysis of California’s battery cage ban », Journal of Agricultural and Resource Economics, vol. 41, n° 3, septembre 2016, p. 518-532.
  • [11]
    Une étude menée en 2014 sur 11 000 adultes étasuniens montre que 84 % des personnes végétariennes et véganes finissent par retourner à une alimentation carnée. Faunalytics, « Study of current and former vegetarians and vegans : initial findings », 2014.
  • [12]
    Christopher J. Bryant, « We can’t keep meating like this: attitudes towards vegetarian and vegan diets in the United Kingdom », Sustainability, n° 11, 2019.
  • [13]
    Martin Balluch, « Abolitionnisme versus réformisme. Quel type de campagne conduira finalement aux droits des animaux ? », Cahiers antispécistes, n° 30-31, décembre 2008.
  • [14]
    Jacy Reese, The End of Animal Farming. How Scientists, Entrepreneurs, and Activists are Building an Animal-Free Food System, Beacon Press, Boston, 2018, p. 123.
  • [15]
    Citée in Alexia Renard, « Le véganisme au Québec : cartographie d’un mouvement », mémoire de recherche, université de Montréal, 2019, p. 95.
  • [16]
    Peter Singer lui a consacré une biographie, dans laquelle il retrace son parcours et sa vision du changement social : La Théorie du tube de dentifrice. Comment changer le monde selon Henry Spira, Éditions Goutte d’or, Paris, 2018.
  • [17]
    Ibid, p. 155.
  • [18]
    Axelle Playoust-Braure, « S’inspirer de Spira », L’Amorce, novembre 2018.
  • [19]
    Le « bien-être animal » se soucie que les animaux souffrent le moins possible de leurs conditions d’exploitation, quand les droits des animaux s’opposent à toute forme d’exploitation qui viole l’un des droits fondamentaux à n’être ni enfermé, ni torturé, ni tué.
  • [20]
    Martin Balluch, « Abolitionnisme versus réformisme », art. cit.
  • [21]
    L214, Quand la faim ne justifie plus les moyens. En finir avec l’élevage intensif, Les Liens qui libèrent, Paris, 2019.
  • [22]
    Le site de l’association : <https://asso-pea.ch>.
  • [23]
    Le site de la campagne : <https://end-of-speciesism.org/fr>.
  • [24]
    Le site de la JMFP : <https://end-of-fishing.org/fr>.
  • [25]
    Oscar Horta, « Debunking the idyllic view of natural processes: population dynamics and suffering in the wild », Telos. Revista Iberoamericana de Estudios Utilitaristas, vol. 17, n° 1, 2010, p. 73-90.
  • [26]
    En 2014, l’OMS estimait que seulement 1 personne sur 10 ayant besoin de soins palliatifs en bénéficiait dans les faits : <www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/palliative-care-20140128/fr/>. Des millions d’humains subissent des souffrances extrêmes (liées à des maladies en phase terminale par exemple) et meurent chaque année sans accès à des traitements antidouleur. L’association non spéciste Opis (Organisation for the Prevention of Intense Suffering) a fait de l’accès aux opioïdes l’une de ses campagnes principales. Voir Niki Seth-Smith, « The other opioid crisis », New Humanist, 10 décembre 2018.
  • [27]
    Yew-Kwang Ng, « Towards welfare biology: evolutionary economics of animal consciousness and suffering », Biology and Philosophy, n° 10, 1995.
  • [28]
  • [29]
  • [30]
    Cf. le documentaire audiovisuel « Hazaribag, cuir toxique » d’Élise Darblay et Éric de Lavarenne, 2012.
  • [31]
    Laurent Lebreton et al., « Evidence that the great Pacific garbage patch is rapidly accumulating plastic », Nature, 22 mars 2018 ; Adam Minter, « Plastic straws aren’t the problem », Bloomberg, 7 juin 2018 ; Frédéric Mesguich, « Faut-il jeter le zéro déchet ? », blog Les Questions décomposent, 10 octobre 2019.
  • [32]
    George Monbiot, « We can’t keep eating as we are. Why isn’t the IPCC shouting this from the rooftops? », The Guardian, 8 août 2019 ; Frédéric Mesguich, « Planète : de l’urgence de changer d’alimentation », Libération, 21 août 2019.
  • [33]
    Stéphane Adrover, « L’agriculture biologique, son lobby, ses pesticides », Science… et pseudo-sciences, hors-série « Pesticides », n° 315, janvier 2016.
  • [34]
    « Des coquelicots raisonnés ? », Ravijen, un blog sur la science et la vie, 22 septembre 2018 ; Christine A. Bahlai, Yingen Xue, Cara M. McCreary, Arthur W. Schaafsma et Rebecca H. Hallett, « Choosing organic pesticides over synthetic pesticides may not effectively mitigate environmental risk in soybeans », PLOS ONE, vol. 5, n° 6, 2010.
  • [35]
    « Manifeste pour une écologie factuelle », Aiguillons, décembre 2018.
  • [36]
    Estiva Reus, « Chapitre 3. L’altruisme efficace : une communauté, des organisations », Cahiers antispécistes, dossier « L’industrie du bien : philanthropie, altruisme efficace et altruisme efficace animalier », n° 43, août 2019.
  • [37]
    Peter Singer, L’Altruisme efficace, Les Arènes, Paris, 2018, p. 26.
  • [38]
    Paul Bloom, Against Empathy. The Case for Rational Compassion, Ecco, New York, 2016.
  • [39]
    Daniel Kahneman, Thinking, Fast and Slow, Farrar, Straus and Giroux, New York, 2011.
  • [40]
    Henry Sidgwick, The Methods of Ethics, Hackett, Indianapolis, 1981.
  • [41]
    Robert Wiblin, « One approach to comparing global problems in terms of expected impact », 80,000 Hours, octobre 2019.
  • [42]
    Fishcount, « Estimated numbers of individuals in annual global capture tonnage (FAO) of fish species (2007-2016) ».
  • [43]
    Persis Eskander et Abraham Rowe, « Nous avons besoin de plus de personnes travaillant sur la question du bien-être des animaux sauvages », propos recueillis par Axelle Playoust-Braure, L’Amorce, juillet 2019.
  • [44]
    « Dr. Meagan King is awarded Animal Ethics postdoctoral grant to carry out research on welfare biology at the University of Guelph », Animal Ethics, novembre 2019.
  • [45]
    Leah Edgerton, « Animal charity evaluators », conférence donnée à Effective Altruism Global Nordics, avril 2019, <www.youtube.com/watch?v=UVspj2KYL-g&t=3m>.
  • [46]
    Estiva Reus, « Quels droits politiques pour les animaux ? Introduction à Zoopolis de Sue Donaldson et Will Kymlicka », Cahiers antispécistes, n° 37, mai 2015, p. 5.
  • [47]
    Will Kymlicka et Sue Donaldson, « Étendre la citoyenneté aux animaux », Tracés, n° 15, 2015, <https://journals.openedition.org/traces/6270>.
  • [48]
    « Un lieu de mémoire pour les animaux de guerre », propos d’Amandine Sanvisens recueillis par Axelle Playoust-Braure, L’Amorce, novembre 2019.

Cela n’aura échappé à personne : la lutte organisée contre le spécisme, si elle concerne au premier chef les animaux, est menée par des humains s’adressant à d’autres humains. C’est une lutte de dominants, luttant de l’intérieur contre la domination exercée par leur propre groupe social. Le fait de ne pas pouvoir compter sur la force politique d’opposition des animaux ni sur leurs retours critiques sur la lutte menée constitue un handicap sévère. En général, les dominants ne sont pas les mieux placés pour remettre en question l’idéologie de la domination (qui leur reste souvent invisible) ni se départir de leurs propres préjugés… Si les luttes féministes devaient uniquement compter sur les hommes, elles n’iraient pas très loin !
C’est pour cette raison que l’existence de lieux de rencontre et de discussions contradictoires (comme les Estivales de la question animale ou les International Animal Rights Conferences) ainsi que de revues (Cahiers antispécistes, L’Amorce ou Antispeciste.ch) est déterminante. Les débats sont animés, polémiques et indéniablement nécessaires. Ils permettent aux militants de resituer les intérêts des animaux au cœur des réflexions stratégiques et leur évitent de mettre en avant leurs propres considérations identitaires.
Ces lieux de réflexion sont d’autant plus importants que le combat contre le spécisme et pour la fin de la pêche et des abattoirs est très polémique : jusqu’à tout récemment, il était bien rare que les personnes qui s’engagent à parler pour les animaux rencontrent un auditoire bienveillant, y compris au sein des milieux progressistes…


Date de mise en ligne : 11/06/2020

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