Contre l'effraction télévisuelle
Les dispositifs de régulation des programmes et d'avertissement du téléspectateur dans les années 1960
- Par Bernard Papin
Pages 141 à 151
Citer cet article
- PAPIN, Bernard,
- Papin, Bernard.
- Papin, B.
https://doi.org/10.3917/telev.001.0141
Citer cet article
- Papin, B.
- Papin, Bernard.
- PAPIN, Bernard,
https://doi.org/10.3917/telev.001.0141
Notes
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[*]
Cet article a été élaboré avec l’aide de l’ANR dans le cadre du programme Qu’est-ce que la création télévisuelle, n° ANR-08-CREA-027.
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[1]
Télérama, n° 786, 7/2/65, p. 4.
-
[2]
Micro et caméra, n° 11, p. 32.
-
[3]
Le Monde Télévision, 2-8 /4/01, p. 5.
-
[4]
Allusion à l’une des dernières scènes de l’œuvre où tombe le masque de Belphégor. Cette hantise du passage à l’acte, théorisée surtout par des études américaines et canadiennes, est toujours très présente aujourd’hui dans les textes du CSA sur la protection de la jeunesse ou dans les préconisations du rapport Kriegel sur la violence à la télévision en 2003. Voir le site du CSA et ses pages sur la protection de l’enfance et la signalétique ; cf. également La violence à la télévision. Rapport de la mission d’évaluation, d’analyse et de propositions relatives aux représentations violentes à la télévision, présidée par Blandine Kriegel au ministre de la Culture, PUF, 2003.
-
[5]
Le 29/1/61. C’est après la diffusion de ce téléfilm que fut mis en place le carré blanc. Cf. infra.
-
[6]
Télérama, n° 579, 19/2/61, p. 28, qui cite les propos de jeunes téléspectateurs.
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[7]
Dans le texte du communiqué de la RTF instaurant le carré blanc (Télérama, n° 584).
-
[8]
À sa sortie en salle, en 1961, ce film sur la déportation avait fait l’objet d’une virulente critique dans les milieux cinéphiles pour son esthétisation de l’horreur concentrationnaire. Une polémique initiée par l’article de Jacques Rivette « De l’abjection » publié dans le numéro 120 des Cahiers du cinéma de juin 1961 et qui a fait couler beaucoup d’encre par la suite…
-
[9]
Télérama, n° 906, 28/5/67, p. 8.
-
[10]
Cf.
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[11]
N° 53, 25/3/61, p. 62.
-
[12]
Ibid.
-
[13]
Le Monde Télévision, 2-8 /4/01, p. 5.
-
[14]
Télérama, 3/11/63, présentant Thierry la fronde.
-
[15]
Micro et caméra, n° 11, p. 36.
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[16]
Dans le téléfilm L’Exécution, dont nous parlions précédemment (Papin, op. cit. : 25-33).
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[17]
Les deux longues minutes trente d’une « exécution » laborieuse et peu gratifiante pour l’image de la Résistance.
-
[18]
Fondée dans les années 30, elle était devenue l’Office Catholique Français du Cinéma (OFCC) en 1959 mais le sigle CCC figurera longtemps dans les journaux qui nous intéressent ici.
-
[19]
N° 63, 3/6/61. Le film fut d’ailleurs déprogrammé…
-
[20]
En 1967, un article de Claude Bremond (1967) proposait dans un numéro de la revue Communications consacré à la censure une très éclairante étude sur plus de trois cents avis de cette « cote morale » accusée par l’auteur d’exercer une « censure du sujet », c’est-à-dire de vouloir interdire aux cinéastes le droit d’aborder des sujets (l’adultère par exemple) non conformes à l’orthodoxie de la morale chrétienne.
-
[21]
Télérama, 6/6/65, p. 10. C’est dans le même numéro que figure l’enquête sur Belphégor dont il a été question supra.
-
[22]
Le Monde Télévision, 2-8 /4/01, p. 5.
-
[23]
Ce n’est pas le lieu ici de rentrer dans le détail des fondements philosophiques, scientifiques et, finalement, très idéologiques de cette théorie des effets, toujours très controversée, du moins quand elle théorise le passage à l’acte. Sur ce « conséquentialisme », cf. Jullier 2008 ou, parmi bien d’autres, Tisseron 2000.
-
[24]
L’Humanité, journal officiel d’un Parti Communiste Français alors tout puissant, n’était en effet guère plus audacieux en matière de mœurs que La Vie catholique.
Pour lutter contre les dangers supposés de l’effraction télévisuelle, la RTF, dès le début des années 60, avait mis en place divers dispositifs de prévention et d’avertissement pour soustraire ses publics les plus fragiles aux images réputées pernicieuses du sexe et de la violence : une grille de programmation pensée pour gérer l’agenda télévisuel des jeunes téléspectateurs, un discours d’avertissement confié aux speakerines et un rectangle blanc qui apparaissait en bas de l’écran en cas d’images qui se devaient d’être réservées à un public adulte et/ou averti. Par ailleurs, secondant une institution qu’ils estimaient parfois défaillante, des journaux spécialisés comme Télérama et Télé 7 jours proposaient à leurs lecteurs, pour les films de cinéma diffusés à la télévision, la cote morale de la Centrale Catholique du cinéma, laquelle émettait un avis quant à leur compatibilité avec la morale chrétienne.
Si la violence était la cible avouée du censeur, elle pouvait néanmoins trouver droit de cité quand elle était distancée dans sa représentation, motivée et légitime. En revanche, nulle indulgence pour les images de sexe sur des écrans de télévision qui ne supportaient pas l’expression du désir amoureux. Mais ces images jugées parfois insupportablement crues avaient surtout le démérite aux yeux du censeur institutionnel ou médiatique d’insister plus que de raison sur ce qu’il considérait comme les maux majeurs – l’adultère, le divorce, la dissolution du lien familial – d’une société qui avait déjà largement entamé sa révolution des mœurs.
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