Article de revue

Le bidonville : entre résistance et résilience

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  • , I.
  • et Intermèdes Robinson,
(2021). Le bidonville : entre résistance et résilience. Spécificités, 15(1), 57-57. https://doi.org/10.3917/spec.015.0057.

  • , Ionut.
  • et al.
« Le bidonville : entre résistance et résilience ». Spécificités, 2021/1 n° 15, 2021. p.57-57. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-specificites-2021-1-page-57?lang=fr.

  • , Ionut
  • et INTERMÈDES ROBINSON, ,
2021. Le bidonville : entre résistance et résilience. Spécificités, 2021/1 n° 15, p.57-57. DOI : 10.3917/spec.015.0057. URL : https://shs.cairn.info/revue-specificites-2021-1-page-57?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/spec.015.0057


1Il n’est pas simple de comprendre et d’analyser le bidonville. D’un côté, les conditions de vie y sont rudes. Le climat hivernal est particulièrement difficile à gérer. Pour faire face au froid, il faut constamment sortir pour couper du bois ou ramasser des objets qui permettent d’allumer et nourrir le feu. Lorsqu’on a une bonne cabane qui permet de bien se chauffer, il est possible de ne pas trop souffrir du froid. Il est cependant difficile d’avoir un habitat confortable, car les expulsions à répétition ne permettent pas d’avoir une stabilité. Cette commodité liée au chauffage masque souvent une dangerosité. Les poêles à chauffer produisent une fumée toxique, mais les gens n’y font pas attention parce qu’ils y sont habitués. L’hiver se caractérise également par la forte présence de boue ; dès que l’on sort, on s’en met partout, sur les chaussures et les vêtements.

2Malgré toutes ces difficultés, de nombreuses personnes font le choix de rester dans le bidonville, y compris lorsqu’ils ont un salaire et auraient les moyens de louer un appartement. Il est important de comprendre cette volonté qui peut s’expliquer à plusieurs niveaux. Tout d’abord, fort heureusement, l’hiver ne dure pas toute l’année. La vie en bidonville est beaucoup plus agréable l’été. Lorsqu’il fait beau, on pourrait même dire qu’il y a une bonne ambiance. Lorsqu’on s’intéresse aux individus, on s’aperçoit que pour bon nombre d’entre eux, il est facile de s’habituer à un tel mode de vie. Ces derniers savent vivre avec peu. Certains Roumains qui n’ont pas de travail en France peuvent par exemple simplement se contenter de faire la manche. Par ailleurs, il faut être capable de regarder au-delà du confort matériel. Le bidonville peut être source de confort sur d’autres plans. Il permet aux habitants de rester entre eux, et de rester eux-mêmes, car il offre une certaine liberté. L’emplacement du bidonville est également déterminant. Lorsqu’il est situé à proximité d’une ville, et lorsque les voisins sont sympas et tranquilles, tout se passe bien. Ce n’est pas toujours le cas, parfois cela se passe mal avec les habitants des qui vivent à proximité des bidonvilles. Il est vrai que les Roumains sont parfois mal perçus France. Les habitants du bidonville doivent apprendre à vivre avec leur environnement, mais également à résister, à communiquer, à parler gentiment et avoir un bon contact.

3Il me paraît important de ne pas tout mettre sur le compte des individus. La société a sa part de responsabilité. Dans un pays comme la France, les pouvoirs publics devraient être en mesure de fournir un hébergement et un métier à tous les habitants. Les acteurs associatifs sont également importants, mais malheureusement, certaines personnes refusent qu’on leur tende la main et préfèrent ne pas changer de mode de vie. Il me paraît important de changer de telles mentalités, car ces habitants sont parfaitement capables de faire de belles choses dans leurs vies. Les gens qui habitent le bidonville ne sont pas différents des autres, ils peuvent réussir et se créer des opportunités. Ils ne doivent surtout pas attendre que tout tombe du ciel, mais doivent au contraire prendre conscience de leurs capacités et se rendre compte qu’ils peuvent gagner de l’argent et se trouver un métier.


Date de mise en ligne : 11/05/2021

https://doi.org/10.3917/spec.015.0057