Penser la ville émotionnelle
- Par Fabio La Rocca
Pages 5 à 13
Citer cet article
- LA ROCCA, Fabio,
- La Rocca, Fabio.
- La Rocca, F.
https://doi.org/10.3917/soc.159.0005
Citer cet article
- La Rocca, F.
- La Rocca, Fabio.
- LA ROCCA, Fabio,
https://doi.org/10.3917/soc.159.0005
Notes
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[1]
A. Sauvageot, Voirs et savoirs. Esquisse d’une sociologie du regard, PUF, Paris, 1994, p. 8.
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[2]
Cf. la perspective développée dans l’ouvrage Poétique de la ville, Klincksieck, Paris, 1973.
-
[3]
P. Tacussel, « Le détective su sensible. Pierre Sansot », Sociétés, n° 100, 2008/2, pp. 31-36.
-
[4]
D. Le Breton, « Expériences olfactives de la ville pour le piéton », in X. Bonnaud et V. Fraigneau (dir.), Nouveaux territoires de l’expérience olfactive, Infolio, Gollion, 2021, p. 15.
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[5]
D. Le Breton, La saveur du monde. Une anthropologie des sens, Métaillé, Paris, 2006.
-
[6]
J.-P. Thibaud, « Installer une atmosphère », Phantasia, vol. 5, 2017, p. 127-135.
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[7]
Nous renvoyons particulièrement aux pertinentes analyses de Augustin Berque. Cf. par exemple La mésologie, pourquoi et pour quoi faire ?, Presses universitaires de Paris Ouest, Nanterre, 2014 ; Glossaire de mésologie, Éditions Éoliennes, Bastia, 2018, Mésologie urbaine, Éditions Les Terres Urbaines, Vincennes, 2021. Voir aussi Écoumène, introduction à l’étude des milieux humains, Belin, Paris, 2000.
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[8]
Cf. à ce propos l’analyse lancée dans le célèbre Pas à pas. Essai sur le cheminement quotidien en milieu urbain, Le Seuil, Paris, 1979.
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[9]
K. Noschis, Signification affective du quartier, Méridiens Klincksieck, Paris, 1984.
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[10]
G. Böhme, Aisthétique. Pour une esthétique de l’expérience sensible, Les Presses du réel, Dijon, 2020.
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[11]
Ibid.
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[12]
Cf. H. Schmitz, Brève introduction à la nouvelle phénoménologie, traduction et introduction de Jean-Louis Georger et Philippe Grosos, Vrin, Paris, 2016.
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[13]
Cf. M. Maffesoli, La connaissance ordinaire. Précis de sociologie compréhensive, Libraire des Méridiens, Paris, 1985.
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[14]
J. Pallasmaa, « Percevoir et ressentir les atmosphères. L’expérience des espaces et des lieux », in M. Galland-Szymkowiak (dir.), Architecture, espace, aisthesis, Revue Phantasia, 2017/5, p. 121. doi: 10.25518/0774-7136.788
-
[15]
Sur l’importance des ambiances architecturales, nous renvoyons notamment à l’activité du CRESSON, équipe de recherche architecturale & urbaine : https://aau.archi.fr/cresson/.
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[16]
M. Heidegger, Bâtir, penser, habiter (1951), in Essais et conférences, Gallimard, Paris, 1958.
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[17]
M. Merleau-Ponty, Le visible et l’invisible, Gallimard, Paris, 1964.
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[18]
Cf. à ce propos le texte de H. Schmitz, « L’atmosphère d’une ville », Les Cahiers philosophiques de Strasbourg, traduction de Mildred Galland-Szymkowiak, 46, 2019, p. 147-167.
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[19]
G. Böhme, « L’atmosphère, fondement d’une nouvelle esthétique ? », traduit de l’allemand par Maxime Le Calvé, Communication, n°102, 2018/1, p. 25-49.
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[20]
A. Mons, « De la ville subjective. Contribution à une affectologie urbaine », in F. Cormerais et G. Jacques (dir.). Poétique(s) du numérique 3. Imaginaires et scènes nouvelles des villes. Entretemps Éditions, Paris, 2015.
-
[21]
Ibid., p. 2.
-
[22]
J.-P. Thibaud, En quête d’ambiances. Éprouver la ville en passant, MetisPresses, Genève, 2015, p. 17.
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[23]
Cf. L. Binswanger, Le problème de l’espace en psychopathologie, traduction de Caroline Gros-Azorin, Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 1998, en particulier le chapitre 2 « L’espace thymique ».
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[24]
T. Griffero, Atmosferologia. Estetica degli spazi emozionali, Mimesis, Milano, 2017.
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[25]
K. Noschis, Signification affective du quartier, op. cit., p.17.
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[26]
G. Bataille, La part maudite, Minuit, Paris, 1967.
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[27]
Cf. C. Sanmartin Fernandes, F. La Rocca, F. Magalhães Barros, « Beco das Artes : festas, imaginários e ambiências subversivas na cidade do Rio de Janeiro », Revista Ecopos, dossier « Espaço Urbano e Imaginação Cultural », vol. 22, 2019/3, p. 140-165.
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[28]
H. Tellenbach, Goût et atmosphère, trad. Jean Amsler, PUF, Paris, 1985, p. 25. Nous précisons que l’analyse de Tellenbach, lui aussi appartenant à la mouvance de la Daseinanalyse, se concentre en particulier sur le sens de l’odorat et du goût.
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[29]
Ibid., p. 44.
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[30]
G. Böhme, Aisthétique. Pour une esthétique de l’expérience sensible, op. cit.
Comment penser la ville est une question toujours actuelle qui s’insère dans le discours plus ample de la compréhension de notre société. La discussion autour de la ville, de l’urbanité est au centre des processus de mutation à la fois de la société et de la pensée. Si la ville est une production des transformations de la société, nous ne pouvons pas enfermer sa vision dans des schèmes préétablis sans essayer de nourrir la pensée de nouvelles perspectives. Nouvelles perspectives, ou trajets paradigmatiques, sont à entendre comme un type de mobilisation du regard sociologique qui doit être toujours attentif à l’évolution de l’esprit du temps. Le regard sociologique, mais serait-il plus correct de parler d’un regard pluridisciplinaire, doit se déplacer sur le fil du temps et plonger, s’immerger dans les strates urbaines afin de faire émerger des traits caractéristiques en pertinence avec ce qui s’observe. Un regard « situationnel », pourrait-on dire, qui se met à jour où, comme l’indique bien Anne Sauvageot dans son Voirs et savoirs, « le regard, tout au long de l’histoire, n’opère pas de la même façon »
.
Bien évidemment, ici, la question du regard ne concerne pas uniquement le « voir », l’acte de vision mais plutôt doit être incarné dans une réflexion d’un savoir qui met au centre une pensée sensible, où le sensible est à entendre dans la modalité d’une perception des sens et d’une construction d’un sens sur les choses observées. Si notre monde est à l’épreuve des sens, à la même manière et de façon directe, la ville exprime davantage cette conception car elle est faite de sens et nous la vivons, l’expérimentons à travers formes et figures qui nous affectent…