De l’ENA à l’INSP : métamorphose d’un modèle républicain de formation des élites
Pages 39 à 41
Citer cet article
- VERDIER, Jean-François,
- Verdier, Jean-François.
- Verdier, J.-F.
https://doi.org/10.3917/servir.540.0039
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- Verdier, J.-F.
- Verdier, Jean-François.
- VERDIER, Jean-François,
https://doi.org/10.3917/servir.540.0039
Il n’est pas nécessaire dans ce court propos de revenir sur les motifs ayant abouti à la création de l’École nationale d’administration (ENA) en octobre 1945, dans le contexte de la reconstruction de l’État après la Seconde Guerre mondiale. Sa création répondait à une double exigence : démocratiser l’accès à la haute fonction publique et professionnaliser la formation des cadres de l’État, en rompant ainsi avec des pratiques supposées - et sans doute parfois fondées - de cooptation et de corporatisme. Conçue comme un instrument de refondation républicaine, l’ENA incarnait l’idéal méritocratique du Conseil national de la Résistance, en instaurant un concours unique pour recruter les futurs hauts fonctionnaires.
Ce point qu’il peut sembler superflu de rappeler, est néanmoins essentiel pour comprendre les motifs, tant des échecs ou des mesures inachevées lors des premières tentatives de réforme de l’École, que des vives réactions générées par la réforme de 2021.
Malgré ses ambitions fondatrices transpartisanes, l’ENA n’a jamais échappé aux controverses. Dès les années 1970, elle est accusée de cristalliser les travers d’une élite administrative repliée sur elle-même : trop parisienne, trop homogène socialement, trop éloignée des réalités du terrain.
Le sociologue Pierre Bourdieu, dans La Noblesse d’État (1989), présente l’école comme un vecteur de reproduction sociale, renforçant les inégalités plutôt que les corrigeant.
Face à ce type de critiques, pas totalement infondées, plusieurs réformes ont été esquissées, parfois timides, parfois plus ambitieuses…
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