La santé mentale au travail : le retard français
- Par Patrick Légeron
Pages 24 à 29
Citer cet article
- LÉGERON, Patrick,
- Légeron, Patrick.
- Légeron, P.
https://doi.org/10.3917/servir.538.0024
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https://doi.org/10.3917/servir.538.0024
Si la santé mentale est le parent pauvre de la médecine, il existe en son sein une discipline encore plus démunie, la santé mentale au travail.
Les pouvoirs publics n’ont jamais élaboré une véritable politique dans ce domaine, dispersés entre un ministère de la santé trop souvent absent (on se souvient de son silence assourdissant lors de la vague de suicides survenue à France Telecom au milieu des années 2000) et un ministère du travail, dont les préoccupations se sont centrées essentiellement sur la question de l’emploi et plus récemment de l’âge du départ à la retraite et négligeant d’autant celle de la qualité de vie dans les entreprises et du bien-être des individus qui y travaillent.
Pourtant l’état des lieux est préoccupant. Dès avant la crise de la Covid, de nombreuses études indiquaient déjà le mauvais état de santé mentale des salariés. La situation après la pandémie s’est encore aggravée. Comme pour l’ensemble de la population, celle des salariés a vu une augmentation des troubles mentaux. Ainsi, selon le dernier baromètre de la santé psychologique des salariés français d’Empreinte Humaine et OpinionWay, 42% de ceux-ci présentent des signes de détresse psychologique et, parmi eux, 15% sont à un niveau de détresse psychologique élevé avec des manifestations cliniques d’anxiété et/ou dépressives avérées. Un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) indique que 49% des salariés français se déclarent anxieux au travail (contre 12% en Allemagne, 8% au Danemark et 30% en moyenne dans l’Union européenne)…
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