L’Europe et la guerre
Pages 37 à 38
Citer cet article
- ARNOULD, Claude-France,
- Arnould, Claude-France.
- Arnould, C.-F.
https://doi.org/10.3917/servir.528.0037
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- Arnould, C.-F.
- Arnould, Claude-France.
- ARNOULD, Claude-France,
https://doi.org/10.3917/servir.528.0037
En envahissant l’Ukraine, la Russie a mis les Européens face à la guerre, à leur frontière même. Ils soutiennent l’Ukraine agressée, imposant des sanctions à la Russie, accueillant les réfugiés, apportant une aide économique massive, s’engageant dans les négociations d’adhésion, et lui fournissant des armes. Les Européens ont donc réagi plus fortement et solidairement que ce que beaucoup, et sans doute au premier chef le président russe, auraient prédit. Ils se trouvent néanmoins brutalement confrontés à leurs lacunes. L’Europe s’était désarmée depuis trois décennies, confortablement installée sous la protection américaine assurée dans le cadre de l’OTAN et assoupie par les doctrines de « fin de l’histoire » et de triomphe des « valeurs » occidentales. L’affrontement militaire reprend ses droits tandis que l’ordre mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale est ébranlé. Simultanément, les Européens ne peuvent plus se cacher le risque de devoir assurer leur défense sans les Etats-Unis. Certes, le message sur le nécessaire partage du fardeau et sur le « pivot » des Américains vers l’Asie n’est pas nouveau. Obama l’avait annoncé clairement : les Européens doivent être « security providers » et non plus « customers ». Les postures du président Trump, remettant en cause l’engagement de son pays dans l’OTAN et ses récentes déclarations de candidat refusant de protéger ceux qui ne prennent pas leur part de l’effort sèment l’effroi chez nos partenaires qui ne conçoivent leur défense que dans le cadre de l’OTAN et sous le parapluie nucléaire américain…
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