Bock, Cyrille (2024). Animation socioculturelle : une histoire de la formation. Presses universitaires de Rennes, coll. « Épures », 115 p.
- Par Cédric Frétigné
Page 145
Citer cet article
- FRÉTIGNÉ, Cédric,
- Frétigné, Cédric.
- Frétigné, C.
https://doi.org/10.3917/savo.067.0145
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1 Rendre compte de l’histoire de l’éducation populaire et de l’animation socioculturelle à travers la structuration progressive (et successive) qu’en propose la formation : tel est le projet du court livre de Cyrille Bock.
2 Cyrille Bock repère quatre périodes principales de cette histoire, précédée d’une protohistoire, qu’il envisage à chaque fois au prisme des contextes, des acteurs, des diplômes. Dans une période antérieure à 1945 (la protohistoire de ce point de vue-là), l’animation est investie politiquement par les acteurs laïques et confessionnels mais l’exercice de l’activité est marqué par le bénévolat et la diplomation n’est pas pour l’heure un sujet. De 1945 à 1978, l’animation socioculturelle connaît un premier déploiement, dans une logique de cogestion entre l’État et des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire. Des stages, en nombre encore réduit, visent à « former » les premiers animateurs et les toutes premières formations d’État émergent au mitan des années 1960. Les années 1979-2000 marquent une forme de maturité pour l’animation socioculturelle et une véritable « filière de formation » se met en place pour préparer aux métiers de l’animation. Entre 2001 et aujourd’hui, c’est enfin « l’ère de la compétence » qui définit la période. La reconfiguration de l’offre de formation sous forme de « blocs de compétences » permet une forme d’alignement de niveau entre les diplômes des ministères de la Jeunesse et des Sports et ceux de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur dédiés à l’animation (des couplages de diplômes offrant une « bidiplomation » s’observant même dans le cadre de formations supérieures).
3 Cette politique des diplômes a de fait participé à la professionnalisation des métiers de l’animation (du métier canonique d’animateur au premier chef) et un marché de la formation s’est progressivement organisé. Cyrille Bock invite, dans les dernières lignes de son ouvrage, à analyser les « dynamiques » qui configurent ce marché. On peut souhaiter que l’auteur y consacre un prochain volume, complémentaire de celui-ci, tant l’entrée par les formations est éclairante de la structuration de la filière de l’animation et de ses différents métiers.