Article de revue

De la violence agie au fantasme : le jeu

Pages 175 à 188

Citer cet article


  • Ciavaldini, A.
(2026). De la violence agie au fantasme : le jeu. Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, 86(1), 175-188. https://doi.org/10.3917/rppg.086.0175.

  • Ciavaldini, André.
« De la violence agie au fantasme : le jeu ». Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, 2026/1 n° 86, 2026. p.175-188. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-revue-de-psychotherapie-psychanalytique-de-groupe-2026-1-page-175?lang=fr.

  • CIAVALDINI, André,
2026. De la violence agie au fantasme : le jeu. Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe, 2026/1 n° 86, p.175-188. DOI : 10.3917/rppg.086.0175. URL : https://shs.cairn.info/revue-revue-de-psychotherapie-psychanalytique-de-groupe-2026-1-page-175?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rppg.086.0175


Notes

  • [1]
    S. Freud, « Les voies de la formation du symptôme » (1915), xxiiie leçon, dans Leçons d’introduction à la psychanalyse, dans ocf-p, vol. xiv, Paris, Puf, 2000, p. 380-381.
  • [2]
    Pour approfondir les questions évoquées dans les trois parties suivantes, je renvoie le lecteur à Ciavaldini (1999, 2022).
  • [3]
    Que ces pathologies soient mentales, telle la schizophrénie lors d’un épisode délirant, ou somatiques comme dans les déficiences entraînées par l’entrée dans les démences, certaines atteintes du lobe frontal engageant une désinhibition ou encore lors de sortie de crises épileptiques grand mal. Pour autant, si, dans le diagnostic initial, ces occurrences ne doivent jamais être exclues, elles sont rares (moins de 4 % de l’ensemble).
  • [4]
    Par dystraitance, j’entends un état de fait qui révèle un milieu familial incapable d’assurer un développement favorable à l’enfant. Cela va de l’inadaptation légère chronique à la négligence, jusqu’à des maltraitances avérées, sociales, psychologiques, physiques et sexuelles.
  • [5]
    Par exemple, les auteurs de violences sexuelles comparés à des auteurs de coups et blessures volontaires sans antécédents de violences sexuelles indiquent que seuls 40 % des premiers ont été élevés en continu par leurs parents d’origine contre 86 % pour les seconds (Balier et coll., 1996).
  • [6]
    C. Balier, La violence en abyme, Paris, Puf, 2005, p. 80.
  • [7]
    Très bien décrit dans le roman Pleine lune d’Antonio Muñoz Molina (2011).
  • [8]
    Somnophilie : jouir d’un acte sexuel commis sur une personne inconsciente.
Français

Cet article part d’un constat clinique : les auteurs de violences sexuelles confrontent souvent le praticien à des sujets qui peuvent tout à la fois dénier leurs actes et en reconnaître l’existence, montrant ainsi la co-existence de plusieurs vérités pour un même fait et pour un même sujet. Pour comprendre ce phénomène sera approché le développement premier de leur organisation psychique et sera montrée la place fondamentale occupée par la dysfonctionnalité de leurs familles d’origine, ne leur permettant pas de construire des processus symbolisants fonctionnels entraînant un défaut majeur d’identification des affects et donc de fantasmatisation. Une telle défaillance, qui entame les potentialités d’empathie et de tact psychique, transforme leur victime en un ustensile au service de leur survie psychique. Il sera montré par quelles voies cette défaillance les conduit ultérieurement à des agirs pathologiques pouvant amener au viol, voire au meurtre. Sur ces bases, la première fonction d’une thérapeutique sera de remettre en activité, voire d’initier, une capacité d’identification de leurs affects et de leur fantasmatisation. L’utilisation des techniques groupales et particulièrement du psychodrame sera évoquée, où le jeu autorise l’ouverture d’un espace transitionnel qui, par la représentation de l’agir violent sexuel, participe de la construction d’une fantasmatisation propre à suspendre la violence agie.

Mots-clés

  • Violences sexuelles
  • auteurs de violences sexuelles
  • affect
  • fantasme
  • groupe
  • psychodrame
  • jeu

Mots-clés éditeurs : Violences sexuelles, auteurs de violences sexuelles, affect, fantasme, groupe, psychodrame, jeu


English

From acted violence to fantasy: play

This article is based on a clinical observation: perpetrators of sexual violence often confront practitioners with subjects who may both deny their actions and acknowledge their existence, thus demonstrating the coexistence of several truths for the same fact and for the same subject. To understand this phenomenon, we will examine the early development of their psychic organisation and show the fundamental role played by the dysfunctionality of their families of origin, which prevented them from constructing functional symbolising processes, leading to a major defect in the identification of affects and therefore in fantasisation. Such a failure, which undermines their potential for empathy and psychic tact, transforms their victims into tools for their psychic survival. We will show how this failure ultimately leads them to pathological acts that can result in rape or even murder. On this basis, the primary function of therapy will be to reactivate, or even initiate, their ability to identify their emotions and fantasise.
The use of group techniques, particularly psychodrama, will be discussed, where play allows for the opening of a transitional space which, through the representation of violent sexual acts, contributes to the construction of a fantasy capable of suspending the violence being perpetrated.

Keywords

  • Sexual violence
  • perpetrators of sexual violence
  • emotion
  • fantasy
  • group
  • psychodrama
  • play

Mots-clés éditeurs : Sexual violence, perpetrators of sexual violence, emotion, fantasy, group, psychodrama, play


Español

De la violencia ejercida al fantasma: el juego

Este artículo parte de una observación clínica: los autores de violencia sexual a menudo confrontan al profesional con sujetos que pueden negar sus actos y reconocer su existencia al mismo tiempo, mostrando así la coexistencia de varias verdades para un mismo hecho y para un mismo sujeto. Para comprender este fenómeno, se abordará el desarrollo inicial de su organización psíquica y se mostrará el papel fundamental que desempeña la disfuncionalidad de sus familias de origen, que no les permite construir procesos simbolizantes funcionales, lo que conlleva un defecto importante en la identificación de los afectos y, por lo tanto, en la fantasmatización. Tal deficiencia, que merma las capacidades de empatía y tacto psíquico, convierte a su víctima en un instrumento al servicio de su supervivencia psíquica. Se mostrará por qué vías esta deficiencia les lleva posteriormente a comportamientos patológicos que pueden conducir a la violación, e incluso al asesinato. Sobre esta base, la primera función de una terapia será reactivar, o incluso iniciar, la capacidad de identificación de sus afectos y su fantasmatización. Se evocará el uso de técnicas grupales y, en particular, del psicodrama, donde el juego permite la apertura de un espacio transicional que, mediante la representación de la acción sexual violenta, participa en la construcción de una fantasmalización capaz de suspender la violencia ejercida.

Palabras claves

  • Violencia sexual
  • autores de violencia sexual
  • afecto
  • fantasma
  • grupo
  • psicodrama
  • juego

Mots-clés éditeurs : Violencia sexual, autores de violencia sexual, afecto, fantasma, grupo, psicodrama, juego


Date de mise en ligne : 19/03/2026

https://doi.org/10.3917/rppg.086.0175

Cet article est en accès conditionnel