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Les travailleurs coloniaux de la Grande Guerre : entre impératifs économiques et préjugés raciaux
- Entretien avec Laurent Dornel,
- Propos recueillis par Manon Hoarau,
- Maud Yaïche
Pages 65 à 77
Citer cet article
- Entretien avec DORNEL, Laurent,
- Propos recueillis par HOARAU, Manon,
- YAÏCHE, Maud,
- Entretien avec Dornel, Laurent.,
- et al.
- Entretien avec Dornel, L.,
- Propos recueillis par Hoarau, M.,
- Yaïche, M.
https://doi.org/10.3917/rce.036.0065
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- Entretien avec Dornel, L.,
- Propos recueillis par Hoarau, M.,
- Yaïche, M.
- Entretien avec Dornel, Laurent.,
- et al.
- Entretien avec DORNEL, Laurent,
- Propos recueillis par HOARAU, Manon,
- YAÏCHE, Maud,
https://doi.org/10.3917/rce.036.0065
Comment l’État français organise-t-il le recrutement des travailleurs coloniaux pendant la Première Guerre mondiale, et en quoi ce processus constitue-t-il une rupture par rapport aux pratiques antérieures ?
La Première Guerre mondiale est en effet une première expérience d’immigration « organisée », qui conduit 220 000 travailleurs coloniaux dans les usines et les exploitations agricoles en France. À l’été 1915, l’immigration libre devient une « immigration choisie ». Sous l’impulsion d’Albert Thomas, ministre de l’Armement, l’État français réorganise le marché du travail et affecte directement la main-d’œuvre. Il va chercher des hommes dans les colonies : en Algérie (34 % des travailleurs affectés), en Tunisie (9 %), au Maroc (16 %), en Indochine (22 %), à Madagascar (2 %) mais également en Chine (17 %). 37 000 travailleurs viennent de Chine, qui ne fait pas partie des colonies (mais où la France dispose de concessions) et sont recrutés par des missions. Fin décembre 1915, le Service de l’Organisation des Travailleurs Coloniaux (SOTC) est créé et commandé par le colonel Boschetti. Le SOTC dépend directement de la direction des troupes coloniales au ministère de la Guerre, mais est en perpétuelle négociation avec de nombreux autres ministères (Armement, Intérieur, Travail, Prévoyance, Affaires étrangères, etc.). Le service central du SOTC, basé à Paris, est organisé en différentes sections, par exemple des sections pour « la main-d’œuvre indochinoise », « la main-d’œuvre nord-africaine » ou encore « la main-d’œuvre chinoise »…
Mots-clés éditeurs : colonie, logiques raciales, Première Guerre mondiale, résistances, travailleurs coloniaux
Date de mise en ligne : 21/07/2025
https://doi.org/10.3917/rce.036.0065