Compte rendu

Qu’est-ce que le « républicanisme » ?

Pages 49c à 51c

Citer cet article


  • Calvez, J.-Y.
(2004). Qu’est-ce que le « républicanisme » ? Revue Projet, 279(2), 49c-51c. https://doi.org/10.3917/pro.279.0049c.

  • Calvez, Jean-Yves.
« Qu’est-ce que le “républicanisme” ? ». Revue Projet, 2004/2 n° 279, 2004. p.49c-51c. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-projet-2004-2-page-49c?lang=fr.

  • CALVEZ, Jean-Yves,
2004. Qu’est-ce que le « républicanisme » ? Revue Projet, 2004/2 n° 279, p.49c-51c. DOI : 10.3917/pro.279.0049c. URL : https://shs.cairn.info/revue-projet-2004-2-page-49c?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pro.279.0049c


1 Qu’est-ce que le « républicanisme » ici présenté, issu de Harrington, Locke, Montesquieu, Madison ? Pettit insiste pour le démarquer du libéralisme, du libertarisme surtout. Le libéralisme est simpliste, appelant l’immunité de toute interférence... Il est « atomiste », sous-entend-il aussi (l’auteur a écrit, il y a plusieurs années, un ouvrage Common mind, « anticolleciviste et antiatomiste »). Le républicanisme, c’est l’immunité de toute domination d’autrui. La liberté comme non-domination... Les femmes pouvaient bien demeurer traditionnellement dominées sans qu’on intervienne jamais directement dans leur vie ; les coutumes, les traditions suffisaient. Le libéralisme veut que le peuple soit le maître, l’Etat le serviteur ; le républicanisme suppose, lui, que le peuple soit le mandant, l’Etat le mandataire. Le libéralisme (la liberté des modernes, toute négative), c’est Benjamin Constant, c’est Isaiah Berlin. Le républicanisme, ce n’est ni la liberté négative des modernes, ni celle positive-participative des anciens, mais la non-domination sur aucune personne.

2 Il peut y falloir beaucoup d’intervention. Qu’elle soit de caractère écologique ou de caractère socialiste, elle n’est pas étrangère au républicanisme. Car il faut faire bien des choses, intervenir, pour éviter des dominations. La liberté comme non-domination suppose surtout l’empire du droit. Et il faut assurer aux hommes bien des droits : entendre ici le concept courant aujourd’hui d’ empowerment, de capacités. Il faut leur assurer aussi, dit Pettit, des pouvoirs, qui sont tout à fait décisifs : l’auteur mentionne la syndicalisation, à la fin du livre il est vrai (page 405).

3 Voilà une atmosphère typique... Pour se persuader de l’importance de livres comme celui-ci pour comprendre le monde (une autre partie du monde), il suffit, d’ailleurs, de consulter la bibliographie de l’ouvrage : vous n’y trouverez ni... Claude Lefort, ni même... Raymond Aron. Il y a loin en vérité de la préoccupation anglo-saxonne – les «  civil rights » des années 60 en furent un grand exemple – à la préoccupation française : ici, c’est toujours un peu moins des droits qu’il s’agit que de la participation.


Date de mise en ligne : 01/03/2010

https://doi.org/10.3917/pro.279.0049c