Article de revue

Autorité et évidence discursives. Autovalidation dans les éditoriaux et chroniques du Point

Pages 85 à 99

Citer cet article


  • Guilbert, T.
(2015). Autorité et évidence discursives. Autovalidation dans les éditoriaux et chroniques du Point. Mots. Les langages du politique, 107(1), 85-99. https://doi.org/10.4000/mots.21899.

  • Guilbert, Thierry.
« Autorité et évidence discursives. Autovalidation dans les éditoriaux et chroniques du Point ». Mots. Les langages du politique, 2015/1 n° 107, 2015. p.85-99. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-mots-2015-1-page-85?lang=fr.

  • GUILBERT, Thierry,
2015. Autorité et évidence discursives. Autovalidation dans les éditoriaux et chroniques du Point. Mots. Les langages du politique, 2015/1 n° 107, p.85-99. DOI : 10.4000/mots.21899. URL : https://shs.cairn.info/revue-mots-2015-1-page-85?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/mots.21899


Notes

  • [1]
    Elle est attribuée à certains fonctionnements linguistiques – énoncés tautologiques (Berrendonner, 1981), présupposés (Ducrot, 1984) – ou rattachée à certaines notions, par exemple : auditeur universel (Perelman, Olbrechts-Tyteca, 1988), prise en charge énonciative (Kerbrat-Orecchioni, 1998), engagement neutre/objectivité discursive (Charaudeau, 1997 ; Koren, 2004), sens commun et doxa (Sarfati, 2007), rationalité naturelle (Grize, 1996), effacement énonciatif (Moirand, 2007 ; Oger, Ollivier-Yaniv, 2006), naturalisation (Lambert, 2011).
  • [2]
    C’est l’hypothèse poursuivie dans nos travaux sur l’évidence dans les éditoriaux, travaux sur lesquels nous nous appuierons largement et auxquels nous renverrons implicitement (Guilbert, 2007, 2011, 2013, 2014).
  • [3]
    Breton (1999) nomme le second pôle « manipulation », laquelle est, pour nous, le point extrême du pôle persuasion. Pour une discussion de l’opposition convaincre/persuader, voir Perelman, Olbrechts-Tyteca, 1988, p. 34-40.
  • [4]
    Le préconstruit est « ce qui renvoie à une construction antérieure, extérieure, en tout cas indépendante, par opposition à ce qui est “construit” par l’énoncé » (Pêcheux, 1975, p. 193).
  • [5]
    M. Pêcheux (1975) a certes travaillé la notion d’évidence mais dans le cadre de la « théorie du discours » et peu dans celui de l’analyse du discours, au sens de pratique d’analyse.
  • [6]
    En opposant evidence, « preuve », à self-evidence, « évidence », l’anglais insiste sur l’autovalidation du processus épistémique. Le français ne dispose que d’un terme pour ces deux formes d’évidence (voir infra, « Évidence et effet d’évidence », ainsi que la note suivante).
  • [7]
    L’évidence questionnée renvoie à l’évidence philosophique, comme l’évidence cartésienne.
  • [8]
    Pour dépasser un paradoxe logico-sémantique, Watzlawick et al. (1972, suivant eux-mêmes C. W. Morris, 1938) conseillent de pas s’en tenir au niveau sémantique mais de se placer au niveau pragmatique.
  • [9]
    Nous n’avons pas la place d’aborder ici la question éthique que pose ce positionnement argumentatif.
  • [10]
    Ainsi la forme constative contient souvent de véritables sous-entendus déontiques (Kerbrat-Orecchioni, 1998).
  • [11]
    Nous soulignons en italique les introducteurs dans les exemples.
  • [12]
    Il est possible que l’éditorialiste feigne, lui aussi, de croire que le gouvernement Jospin connaît cette logique de l’entreprise, mais cela ne fait que renforcer l’analyse, comme on le verra ci-après.
  • [13]
    Les déictiques (je, tu, nous, vous, ici, aujourd’hui, maintenant, etc.) ancrent le discours dans la réalité actuelle.
  • [14]
    Un article le 29 avril, un le 17 juin, puis 13 du 2 septembre au 11 novembre 2010.
  • [15]
    Définition « situationnelle » de la didacticité de Sophie Moirand (1993) qui en donne encore une définition linguistique ou formelle et une définition pragmatique en termes de visée textuelle (faire faire ou faire savoir).
  • [16]
    Les déictiques, souvent chargés d’implicite, ne sont interprétables qu’en contexte. Par exemple, « aujourd’hui » peut signifier /dans le monde qui est le nôtre actuellement/ et référer à la mondialisation libérale.
  • [17]
    L’« intuition d’existence […] ne demande pas à être notifiée, elle s’impose d’elle-même » (Gil, ouvr. cité, p. 6).
  • [18]
    « Cette interprétation de “A donc C” fait partie des connaissances métalinguistiques des sujets parlants, […] elle constitue un niveau incontestable de la compréhension des enchaînements en “donc”. » (Ducrot, 2004, p. 19)
  • [19]
    Céline Lambert (2011) parvient grosso modo à la même conclusion.
  • [20]
    Sur la fonction de « porte-parole de l’opinion » des journalistes, voir Landowski (1989).
Français

‪L’évidence discursive est l’une des formes de l’autorité discursive en ce qu’elle s’appuie implicitement sur des sources indiscutables comme le « cela va de soi », la doxa ou la réalité. Après avoir exposé rapidement le fonctionnement de l’évidence discursive, nous examinons l’un de ses procédés, l’introducteur autoprobant, qui, en se donnant comme un cadre partagé, vise à valider la proposition qu’il précède. Analysée dans un corpus d’articles de commentaire du magazine Le Point lors du conflit social sur la réforme des retraites de 2010, l’autovalidation montre deux formes pragmatico-énonciatives différentes – l’appui sur des cadres génériques et sur des cadres déictiques à fort contenu subjectif – mais un fonctionnement persuasif et rhétorique semblable.‪

  • persuasion
  • introducteur
  • évidence
  • deixis
  • généricité

Mots-clés éditeurs : deixis, évidence, généricité, introducteur, persuasion


English

Discourses of authority and obviousness. Self-validation in editorials and columns of Le Point

‪The discursive obviousness is one of the forms of discursive authority in that it implicitly relies on indisputable sources as taken-for-granted, doxa or reality. After outlining the functioning of the discursive obviousness quickly, we examine one of its devices, the self-evident introducer, which, occurring as a shared framework, aims to valid the proposal it precedes. Analyzed in a corpus of commentary articles of the news magazine Le Point during the labor dispute on the pension reform of 2010, self-validation shows two different pragmatic-enunciation forms – support on generic frameworks and deictic terms with high subjective content – but a similar persuasive and rhetoric functioning.‪

  • persuasion
  • self-evident introducer
  • obviousness
  • deictic terms
  • generic terms

Mots-clés éditeurs : deictic terms, generic terms, obviousness, persuasion, self-evident introducer


Español

Autoridad y evidencia discursivas. La autovalidación en los editoriales y crónicas de Le Point

‪La evidencia discursiva constituye una de las formas de la autoridad discursiva en que ella se apoya implicitamente sobre fuentes indiscutibles como “lo que es obvio”, la doxa o la realidad. Tras una rápida presentación del funcionamiento de la evidencia discursiva, examinaremos una de sus maneras de actuar, el introductor autocomprobante, que, otorgándose un marco privilegiado, apunta a la convalidación de la proposición que precede. Analizada dentro de un corpus de artículos de comentario de la revista Le Point durante el conflicto social relativo a la reforma de las jubilaciones, la autocomprobación presenta dos formas pragmático-enunciativas diferentes – el apoyo en marcos genéricos y en marcos deícticos de fuerte contenido subjetivo – pero un funcionamiento persuasivo y retórico parecido.‪

  • introductor
  • evidencia
  • deixis
  • genericidad
  • persuasión

Mots-clés éditeurs : deixis, evidencia, genericidad, introductor, persuasión


Date de mise en ligne : 25/05/2015

https://doi.org/10.4000/mots.21899

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