Alain Garrigou, L'ivresse des sondages
- Par Paul Bacot
Pages 109 à 112
Citer cet article
- BACOT, Paul,
- Bacot, Paul.
- Bacot, P.
https://doi.org/10.4000/mots.1078
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- Bacot, P.
- Bacot, Paul.
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https://doi.org/10.4000/mots.1078
Alain Garrigou, 2006, L’ivresse des sondages, Paris, La Découverte (Sur le vif), 126 p.
« Les sondages électoraux ne se trompent pas, ils affabulent. » Cette affirmation radicale (p. 28) pourrait résumer l’ouvrage à la fois très polémique et remarquablement documenté proposé par Alain Garrigou. Elle synthétise une bonne part des critiques émises à l’encontre des enquêtes d’opinion politique par questionnaires conduites selon la méthodologie consistant à étudier un échantillon pour connaître un univers dont celui-ci est représentatif – enquêtes couramment appelées « sondages ». Mais surtout, elle nous incite à appréhender l’objet étudié sous l’angle du discours, et plus précisément du discours politique. Nous pouvons dès lors – quitte à prendre quelque distance avec un texte toujours instructif et stimulant, sinon toujours totalement convainquant – évoquer successivement les langages de : ceux qui posent les questions, ceux qui y répondent, ceux qui présentent et commentent les résultats de l’enquête et ceux – souvent les mêmes – qui assurent la promotion de cette industrie devenue tellement juteuse que le patronat français n’est plus de nos jours représenté par un sidérurgiste, mais bien par la PDG de l’IFOP. De fait, le phénomène social « sondages » est d’abord une production verbale, un système d’échanges discursifs.
Le langage de l’enquêteur, c’est celui d’un questionnement rigide, construit selon une problématique imposée, avançant des réponses préformées – quand elles ne se limitent pas au choix entre un « oui » et un « non »…