Gabriel Tarde, critique du militarisme « scientifique »
- Par Gauthier Autin
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Citer cet article
- AUTIN, Gauthier,
- Autin, Gauthier.
- Autin, G.
https://doi.org/10.4000/mots.16022
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Notes
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[1]
1899, Les transformations du pouvoir, Paris, Alcan, p. 168.
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[2]
« La diplomatie a commencé par être une des incarnations les plus monstrueuses de l’immoralité civilisée, du vice et du crime fastueux. Tout cela fondé sur la Raison d’État, sur le droit de la guerre, qu’on appliquait à l’étranger même en temps de paix, parce que la paix n’était au fond, que le temps où les diplomates entraient en guerre. Diplomates et guerriers alternaient » (ibid., p. 239).
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[3]
1999 (1897), L’opposition universelle, Institut Synthélabo, Les empêcheurs de penser en rond, p. 374.
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[4]
Ibid., p. 373.
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[5]
Ibid., p. 361.
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[6]
Ibid., p. 42.
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[7]
Sur le plan de la sociologie, cette opposition entre désirs et croyances recouvre celle d’une téléologie et d’une logique sociales. Voir 1999 (1895), Lois sociales, Institut Synthélabo, p. 461.
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[8]
L’opposition universelle, p. 341.
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[9]
Ibid., p. 341.
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[10]
1902, Psychologie économique, Paris, Alcan, t. I, p. 10.
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[11]
C’est ce qu’indique l’aphorisme suivant : « Pour lutter, il faut être fort, et la force vient de l’union intérieure » (1884, « Darwinisme naturel et darwinisme social », Revue philosophique de la France et de l’étranger, t. XVII, p. 613).
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[12]
Ibid., p. 614.
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[13]
« La vocation à l’empire universel n’est pas le privilège ni même la marque des idées vraies, surtout des idées complètes ; mais il en est de certaines vaguement vastes comme des États sans frontières naturelles, d’autant plus conquérants par nécessité qu’ils sont moins solides peut-être » (ibid., p. 607).
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[14]
L’opposition universelle, p. 371.
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[15]
La sociologie a donc formulé explicitement un nouveau credo : « Le darwinisme social n’a pas seulement justifié le militarisme, il en fait une religion » (ibid., p. 341).
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[16]
Cette expression vise Marx qui assimile le capital à un être autonome, doué d’une volonté propre (voir Psychologie économique, t. II, p. 203). Pour une critique de Durkheim dans des termes similaires, voir 1999 (1893), La logique sociale, Institut Synthélabo, p. 62 : « Malheureusement, en poussant ainsi à bout et en objectivant la séparation toute subjective du phénomène collectif et des actes particuliers dont il se compose, M. Durkheim nous rejette en pleine scolastique. Sociologie ne veut pas dire ontologie «.
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[17]
G. Tarde attribue cette idée à Gumplowicz, l’auteur de La lutte des races, dans son article « L’idée d’organisme social » (1896, Revue philosophique de la France et de l’étranger, t. 41, p. 639). On doit toutefois noter que, quelques années auparavant, G. Tarde reconnaissait à ce même auteur le mérite d’échapper à l’organicisme (1893, « Questions sociales », Revue philosophique de la France et de l’étranger, t. 35, p. 619).
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[18]
« Aussi rencontre-t-on généralement cette variété de naturalisme associée à l’apologie du militarisme » (2001 (1890), Les lois de l’imitation, Paris, Seuil, p. 54).
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[19]
Cours publié sous le titre : 1997, Il faut défendre la société, Paris, Gallimard-Seuil. Voir plus particulièrement les p. 222 et ss.
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[20]
C’est ainsi, nous semble-t-il, qu’il faut entendre le sociomorphisme revendiqué dans l’article « Les Monades et la science sociale », publié pour la première fois dans La revue internationale de sociologie en 1893. Repris sous le titre Monadologie et sociologie dans : 1895, Essais et mélanges sociologiques, Lyon-Paris, Storck et Masson.
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[21]
L’opposition universelle, p. 363.
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[22]
Ibid., p. 353.
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[23]
G. Tarde emprunte d’ailleurs cette comparaison à Leibniz : « Ainsi, Leibniz a souligné avec raison l’analogie entre la science abstraite des jurisconsultes et celle des géomètres » (ibid., p. 158).
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[24]
Ibid., p. 381-382.
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[25]
Voir Psychologie économique, t. II, p. 143-144.
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[26]
Voir Les transformations du pouvoir, ouvr. cit., p. 244. G. Tarde souscrit à toute une tradition classique, de Thucydide à Montesquieu, pour laquelle l’Empire nait d’un appel à la paix lancé par les peuples en guerre. Pour un rappel historique et une comparaison avec les formes contemporaines du droit international, voir Antonio Negri, Michael Hardt, 2000, Empire, Exils, notamment le chapitre I.1, p. 39 et ss.
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[27]
Les transformations du pouvoir, p. 183.
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[28]
Psychologie économique, t. I, p. 26-28.
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[29]
La sphéricité de la terre va même constituer, dans cette optique, un argument objectif supplémentaire en faveur de la forme fédérale. Car elle invalide la distinction centre/périphérie autour de laquelle se constitue l’Empire : « L’Empire, remarquons-le, l’Empire, dont l’Empire romain a été le type le plus parfait, à jamais éblouissant dans la mémoire des hommes, suppose l’illusion de croire que la surface de la terre est plane » (Psychologie économique, p. 24-25).
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[30]
1994 (1893), Les transformations du droit, Berg International, p. 157.
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[31]
Ibid. G. Tarde prend l’exemple d’une ligue commerciale mais rien n’interdit d’appliquer l’exemple à une coalition politique fédérale.
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[32]
L’opposition universelle, p. 358.
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[33]
La « guerre préventive » menée contre l’État irakien pourrait s’interpréter selon ce schéma. Elle sanctionne davantage une position d’extériorité par rapport à un ordre international « idéal » qu’une menace caractérisée. Le défaut de « coopération active », invoqué à maintes reprises pour justifier l’intervention armée, désigne alors autant le refus de participer au désarmement que celui d’intégrer un ordre mondial assimilateur et « libre ».
Gabriel Tarde (1843-1904) analyse le lien étroit qui associe les idéologies de son temps (darwinisme social, lutte des classes et des races) à la politique belliciste des États. À cette alliance néfaste, il oppose le mouvement pacificateur du droit international qui oscille entre la constitution d’une fédération mondiale et l’avènement d’un Empire. Le discours militariste ne peut être réfuté que par l’émergence d’une nouvelle unité politique globale.
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Mots-clés éditeurs : darwinisme, droit international, Empire, G. Tarde, militarisme
Gabriel Tarde (1843-1904) analyzes the tie that binds the ideologies of his time (social Darwinism, class and race struggles) with bellicose policies. Against this noxious combination he sets the pacifying movement of international Law, which wavers between the constitution of a world federation and the advent of an empire. Militarist speech can only be refuted by the emergence of global political unity.
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Mots-clés éditeurs : Darwinism, Empire, G. Tarde, international Law, militarism
Gabriel Tarde (1843-1904) analiza el fuerte vínculo que existe entre las ideologías de su época (Darwinismo social, lucha de clases y de razas) y las políticas belicosas. A esta combinación nefasta, opone el derecho internacional como movimiento pacificador que oscila entre la constitución de una federación mundial y la aparición de un imperio. El discurso militarista sólo puede ser refutado por la emergencia de una nueva unidad política global.
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Mots-clés éditeurs : darwinismo, derecho internacional, G. Tarde, Imperio, militarismo