L'éditeur et la copie numérique
Pages 19 à 36
Citer cet article
- GALLIMARD, Antoine,
- Gallimard, Antoine.
- Gallimard, A.
https://doi.org/10.3917/mediu.032.0019
Citer cet article
- Gallimard, A.
- Gallimard, Antoine.
- GALLIMARD, Antoine,
https://doi.org/10.3917/mediu.032.0019
Il y a un an, nous débattions, à l’occasion du centenaire de la création des Éditions Gallimard, des notions de catalogue et de collection. Aujourd’hui, il s’agit d’appréhender les nouveaux usages de la copie et leurs impacts sur le métier d’éditeur. La séquence pourrait paraître inquiétante si l’on en venait à privilégier, dans le rôle de l’éditeur, sa fonction de « copiste », c’est-à-dire de régulateur commercial de la production et de la circulation des œuvres, en laissant dans l’ombre la part culturelle, « créative » et « prescriptive », qui la sous-tend.
Privilégier la notion de copie dans la fonction éditoriale, c’est ainsi passer insensiblement de l’histoire d’une politique d’auteurs et de collections, de catalogues et de fonds, associant dans un cercle somme toute assez vertueux la vie des idées à la vie des affaires, à la seule exploitation d’actes de propriété et de droits d’usage. L’acte éditorial peut-il être déconnecté du mouvement de la création, de la vie des idées et de la formation des lectorats ? Le séminaire consacré au catalogue Gallimard aura, je pense, contribué à montrer qu’il n’en est rien. L’implication des auteurs eux-mêmes dans la vie et les choix éditoriaux d’une maison comme la nôtre, aussi vrai en 1912 qu’en 2012, l’atteste. La question que nous pouvons nous poser aujourd’hui est de savoir si ce modèle, associant étroitement, comme dans un terreau commun, création, culture et diffusion, est voué à disparaître dans les années qui viennent. Notre modèle éditorial est-il encore adapté aux pratiques sociales et aux nouveaux modes de la circulation des idées – elle-même source du renouvellement créatif …