Claudel, médiologue de la ville?
- Par Robert Damien
Pages 168 à 181
Citer cet article
- DAMIEN, Robert,
- Damien, Robert.
- Damien, R.
https://doi.org/10.3917/mediu.027.0168
Citer cet article
- Damien, R.
- Damien, Robert.
- DAMIEN, Robert,
https://doi.org/10.3917/mediu.027.0168
Notes
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[1]
On pourrait confronter dans ce cadre d’une philosophie de la ville Claudel et Péguy, particulièrement dans son Devant les accidents de la gloire temporelle, Œuvres en prose, « Pléiade », 1959, p.1166 sq. Le plus « réactionnaire » n’est peut-être pas celui que l’on croit…
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[2]
Conversations dans le Loir-et-Cher, Œuvres en prose, « Pléiade », 1965, p. 768 Toutes nos citations sont tirées de cette édition.
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[3]
Pour de plus amples développements sur cette dimension politique, nous nous permettons de renvoyer à notre article, « Paysage et citoyenneté » in Paysage : sauvegarde et création, Seyssel, Champ Vallon, 1998.
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[4]
Note sur l’art chrétien, p.124 et p.130 sq.
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[5]
Un coin de France, pp.1344-1345.
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[6]
Conversations dans le Loir-et-Cher, op.cit, pp.751-752.
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[7]
Sur ces dimensions, lire Richard Sennett, La Ville à vue d’ œil, Plon, 1992, et notre article de présentation in La Ville, Ellipses, 1996.
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[8]
Conversations, p.756-757.
-
[9]
Ibid., p.757.
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[10]
Ibid., p.769.
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[11]
Ibid., p.752.
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[12]
Ibid., p.795.
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[13]
Vitraux des cathédrales, p.334-335.
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[14]
L’Élasticité américaine, p.1204 ; La Motocyclette, p.1301.
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[15]
Conversations, p.756.
Réfléchir philosophiquement sur la ville implique de constituer la ville comme concept médiologique. Dans le cadre de ce travail, Paul Claudel peut apporter beaucoup tant il surprend et innove.
Certes, d’autres poètes du xixe et du xxe siècle pourraient être privilégiés car ils ont célébré la modernité urbaine, industrielle et technique, du Rimbaud des Illuminations jusqu’à Zone d’Apollinaire en passant par Baudelaire ou Aragon et bien d’autres. Tous, selon des registres différents et à des titres divers, développent une exaltation lyrique et invocatoire de la nouvelle puissance humaine qu’incarne la ville comme nouvel ordre social libéré des tutelles naturalistes et religieuses. Elle est le siège d’une métamorphose politique qui transforme la ville en cité et l’homme urbain en citoyen. Le poète ne peut que saluer cette euphorie.
Claudel ne participe pas immédiatement et totalement de cette apothéose. Au contraire. Certes, poète catholique, on s’attend bien à ce qu’il participe à une matrice poétique qui s’inscrit dans la tradition adverse d’une dénonciation. La ville corruptrice parce que désordonnée, inauthentique, bruyante et hypocrite, nous coupe de la nature, de Dieu, de nous-même. Elle est le lieu infernal d’une dénaturation de l’ordre créé par Dieu : l’âme humaine s’y brûle et perd toute possibilité d’être sauvée par la grâce de l’Auteur. Symbole d’une contre-nature, elle est le siège diabolique d’une humanité revendiquant ses droits propres contre l’ordre pourvoyeur des droits hiérarchiques que Dieu a inscrit dans les lignes, lignées et lignages de la nature…