« Bastilles-dérives »
Pages 414 à 420
Citer cet article
- DOUPLITZKY, Karine,
- Douplitzky, Karine.
- Douplitzky, K.
https://doi.org/10.3917/mediu.020.0414
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- Douplitzky, K.
- Douplitzky, Karine.
- DOUPLITZKY, Karine,
https://doi.org/10.3917/mediu.020.0414
Il est intimidant d’écrire sur Gérard Fromanger, tant sa peinture résonne encore des mots de Deleuze, Foucault ou Prévert à son égard, tant son âme se fond dans cette période grondante des années 60-70, où se sont nouées des solidarités inédites, par exemple autour du « Rouge Fromanger » coulant sur les drapeaux, gonflant les plexiglas, striant les toiles ou encore aplatissant les silhouettes urbaines sur fond de questionnement politique. Et pourtant, il est toujours aussi enthousiasmant de s’aventurer dans une nouvelle série de ses peintures où la couleur invente de nouveaux chemins et trace de nouvelles solidarités. S’il a été qualifié de peintre-philosophe, ce n’est pas tant pour sa proximité avec les plus grands penseurs de la modernité, mais pour sa quête inassouvie devant la peinture – un questionnement sur l’acte même de peindre et un renversement du sens du regard, qui reste présent au cœur de l’œuvre. Aujourd’hui encore, son fauteuil, siège de la pensée, trône au centre de son atelier et attend qu’on le sollicite, au même titre que les pinceaux, rangés en ordre militaire, gorgés de pigments et prêts à attaquer la toile. Les modes et les idéologies ont passé, mais l’énergie du peintre reste intacte. La vitalité de l’acte saisit le regardeur, avant de le faire dériver dans les méandres des parcours labyrinthiques de ses dernières œuvres. Précisément, « Bastilles-dérives », titre de la derrière série de tableaux de Gérard Fromanger. Elle a été réalisée entre 2007 et 2008, exposée d’abord en partie au musée de Nantes, avant de faire l’objet d’une présentation complète à Paris, galerie Rive gauche…