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Le prince et l'histoire dans le comté de Holstein, au miroir du Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi

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  • Olivier, M.
(2005). Le prince et l'histoire dans le comté de Holstein, au miroir du Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi. Médiévales, 48(1), 5-5. https://doi.org/10.4000/medievales.833.

  • Olivier, Mathieu.
« Le prince et l'histoire dans le comté de Holstein, au miroir du Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi ». Médiévales, 2005/1 n° 48, 2005. p.5-5. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-medievales-2005-1-page-5?lang=fr.

  • OLIVIER, Mathieu,
2005. Le prince et l'histoire dans le comté de Holstein, au miroir du Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi. Médiévales, 2005/1 n° 48, p.5-5. DOI : 10.4000/medievales.833. URL : https://shs.cairn.info/revue-medievales-2005-1-page-5?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/medievales.833


Notes

  • [1]
      B. Guenée, Histoire et Culture historique dans l'Occident médiéval, Paris, 1980, p. 64.
  • [2]
      L'historiographie du Moyen Âge tardif, longtemps parent pauvre de la recherche allemande sur l'historiographie médiévale, a suscité un intérêt croissant depuis une vingtaine d'années, et la bibliographie sur le sujet s'est considérablement accrue en même temps que les problématiques se renouvelaient. On peut citer ici quelques grandes études ou travaux qui ont fait date : H. Patze (éd.), Geschichtsschreibung und Geschichtsbewusstsein im späten Mittelalter, Sigmaringen, 1987 (Vorträge und Forschungen 31) ; R. Sprandel, Chronisten als Zeitzeugen, Cologne/Weimar/Vienne, 1994 ; P. Wunderli (éd.), Herkunft und Ursprung, Historische und mythische Formen der Legitimation, Sigmaringen, 1994. Voir aussi en dernier lieu G. Gleba (éd.), Instrumentalisierung von Historiographie im Mittelalter, 2000 (= Das Mittelalter 2000, 2).
  • [3]
      E. J. von Westphalen (éd.), Monumenta Inedita rerum Germanicarum praecipue Cimbricarum et Megapolensium, III vol., Leipzig, 1739-1745.
  • [4]
      Chronicon Holtzatiae auctore Presbytero Bremensi, éd. J. M. Lappenberg (Quellensammlung der Schleswig-Holstein-Lauenburgischen Gesellschaft für vaterländische Geschichte), Kiel 1862. (désormais cité Chr. Holtz.)
  • [5]
      M. Olivier, « Nemet iuwe Saxen ! » : l'identité régionale dans le comté de Holstein au xve siècle à partir du « Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi », sous la dir. de J.-M. Moeglin, Université de Paris XII, juin 2000.
  • [6]
      Chr. Holtz., ch. 15, p. 30, l. 12.
  • [7]
      Schleswig-Holsteinische Regesten und Urkunden (Kloster Itzehoe 1256-1564), bd 8, bearb. von H. H. Hennings, hg. vom Schleswig-Holsteinischen Landesarchiv, Neumünster, 1993, doc. 102 (1381), 144 (1410) et 162 (1421) (nous citons désormais SHRU), ainsi que Acta Pontificum Danica, vol. III, A. Krarup, J. Lindbaek (éd.), Copenhague, 1908, n. 1658 (juin 1432) sont ici les témoignages décisifs.
  • [8]
      Il est difficile de se faire une idée exacte du nombre de clercs liés de par leurs fonctions aux moniales d'Itzehoe, sans parler même des vicaires évoqués ci-dessus. Une rapide enquête dans les SHRU sur les actes de ou concernant l'abbaye d'Itzehoe contemporains de notre auteur a permis d'en découvrir une dizaine. Cf. SHRU 4, 1324, 1399 ; SHRU 4-2, 120 ; SHRU 8, 139, 198... Ce relevé ne prétend pas ici à l'exhaustivité.
  • [9]
      Sur la situation complexe du Schleswig entre ambitions comtales et suzeraineté danoise voir E. Hoffmann (éd.), Geschichte Schleswig-Holstein bd 4-2 : Spätmittelalter und Reformationszeit, Neumünster, 1990, p. 161-242.
  • [10]
      Chr. Holtz., ch. 15, p. 30, l. 8-11 : « ad complementum cronice quam pie recordacionis frater Helmoldus [...] de Holzacorum principibus et vicinis eorum fideliter composuerat ».
  • [11]
      J.-M. Moeglin, Les Ancêtres du Prince – propagande politique et construction d'une histoire nationale en Bavière au Moyen Âge (1180-1500), Genève, 1985 ; également Id., « Dynastisches Bewusstsein und Geschichtsschreibung. Zum Selbstverständnis der Wittelsbacher, Habsburger und Hohenzollern im Spätmittelalter », Historische Zeitschrift, 256, 1993, p. 593-635.
  • [12]
      Chr. Holtz., ch. 9, p. 18 : « primus de regno et domo Francie... ».
  • [13]
      Ibid., ch. 9, p. 19 : « quando de domo Brunswicensi duces Saxoniam habebant... ».
  • [14]
      Voir infra, p. 111.
  • [15]
      Cf. SHRU bd. 10 passim, not. doc. 110 (1430).
  • [16]
      Chr. Holtz., ch. 44, p. 143 : contra principes Sleswicenses et Holtzacie comites, non nominando eos (...) in literis duces sed comites.
  • [17]
      H. de Lerbeck, Chronicon Comitum Schauenburgensium, éd. H. Meibom, Francfort/Main, 1620. L'auteur, un Dominicain de Minden, a rédigé son texte vers 1410. Adolphe de Schauenburg, qui reçoit en fief le comté de Holstein en 1111, est le premier membre attesté avec certitude de ce lignage. Il était originaire de la moyenne vallée de la Weser (région de Rinteln) mais on ne sait rien de sûr au sujet des ancêtres de ce personnage dans la région. Cf. W. Lammers, Geschichte Schleswig-Holsteins bd 4-1 : das Hochmittelalter bis zur Schlacht von Bornhöved, Neumünster, 1981, p. 229-232.
  • [18]
      Chr. Holtz., p. 27 ; voir aussi Holsteinische Reimchronik (anonyme), éd. L. Weiland, MGH, Deutsche Kroniken II, 1877, p. 622, vs 354-359.
  • [19]
      Chr. Holtz., ch. 12, p. 25, l. 4-10.
  • [20]
      Rimbertus, Vita Anskarii, éd. G. Waitz, mgh, Scr. Rer. Ger. in us. schol. 55, 1884 ; il s'agit d'un texte rédigé très vraisemblablement dans le dernier tiers du ixe siècle, peu après la mort de saint Ansgar en 865.
  • [21]
      Chr. Holtz., p. 46, l. 6 ; ch. 18, p. 48, l. 5. La consultation des actes comtaux des xiiie et xive siècles montre à l'évidence qu'aucun des Teilgrafen n'a pourtant jamais intégré la Wagrie dans sa titulature. Cf. SHRU bd 2 et 3 passim.
  • [22]
      Voir Chr. Holtz., ch. 18, p. 49, l. 1-3 et pour un récit pro-Pinneberg radicalement différent Hermann de Lerbeck, op. cit., p. 39.
  • [23]
      Chr. Holtz., ch. 18, p. 49 ; ch. 20, p. 61. Là encore le Presbyter déforme la titulature authentique des comtes Schauenburg-Pinneberg, qui ne renoncent quasiment jamais au titre de « comte de Holstein ». Cf. H.-G. Risch, Die Grafschaft Holstein-Pinneberg von ihren Anfängen bis zum Jahre 1640, Dissert. dactylo., Hambourg, 1986, passim.
  • [24]
      Ibid., ch. 27, p. 94, l. 9-12 d'une part, et SHRU bd 6, doc. 875 (13 avril 1390) d'autre part.
  • [25]
      J.-M. Moeglin, « Nation et Nationalisme du Moyen Âge à l'époque moderne », Revue Historique, 611, 1999, p. 540-553. À propos de la notion de patria dans le Saint Empire, voir l'article de P. Monnet, « La patria médiévale vue d'Allemagne, entre construction impériale et identités régionales » Le Moyen Âge, 107, 01/2001, p. 71-99.
  • [26]
      Voir Chr. Holtz., ch. 16, p. 38 ; ch. 22, p. 70.
  • [27]
      Chronik der nordelbischen Sassen, éd. J. M. Lappenberg (Quellensammlung der Schleswig-Holstein-Lauenburgischen Gesellschaft für vaterländische Geschichte), Kiel, 1865.
  • [28]
      Chr. Holtz., ch. 16, p. 39 : « Nam ut Judas, divino fultus subsidio, superbum regem Anthiochum, legem Judaicam destruentem, devicit, ita et hic comes Adolphus Kanutum, regem Dacie, ius Holtzatense vi opprimere nitentem, enervavit ».
  • [29]
      Ibid., ch. 43, p. 142.
  • [30]
      Ibid., ch. 17, p. 43 : « ...libertasse a iure Holtzatorum et favisse eis [i.e aliis opidanis per terram Holtzacie] ius lubicense eo ut eorum cicius muniretur propter libertatem fori ».
  • [31]
      Ibid., ch. 15, p. 35 : « Dicte civitatis incolis ius municipale a speculo Saxonum extractum... ».
  • [32]
      I.-M. Peters, « Der Ripener Vertrag von 1460 und die Anfänge der Standesverfassung in Schleswig-Holstein », Blätter für deutsche Landesgeschichte, 109, 1973 et 111, 1975 ; l'auteur fait le point sur cette question de la genèse d'une Ritterschaft entre 1390 et 1460.
  • [33]
      C. Beaune, Naissance de la Nation France, 2e éd. Paris, 1993, p. 108.
  • [34]
      Chr. Holtz., ch. 5, p. 7.
  • [35]
      Ibid., ch. 6, p. 8-9.
  • [36]
      Ibid., ch. 37, p. 125.
  • [37]
      Ibid., ch. 36, p. 119.
  • [38]
      Ibid., ch. 26, p. 91.
  • [39]
      Ibid., ch. 19, p. 54 : « Nos hac die tibi congregatos serva virgo, in lucem mundi, qua... ».
  • [40]
      Il semble que l'église abbatiale et paroissiale d'Itzehoe, vouée à l'origine à saint Laurent, un saint ottonien, soit à partir de la fin du xive siècle placée sous un double patronage dans lequel la Vierge occupe une position de plus en plus importante. Cf. E. Imberger, « Itzehoe im Spätmittelalter », dans J. Ibs (dir.), Itzehoe-Geschichte einer Stadt in Schleswig-Holstein, Itzehoe, 1988, p. 39.
  • [41]
      Chr. Holtz., ch. 19, p. 55.
  • [42]
      H. de Bosau, Chronica Slavorum, éd. B. Schmeidler, mgh, Scr. Rer. Ger. ad us. schol. 32, 1932, I, 4.
  • [43]
      Chr. Holtz., ch. 13, p. 26 : « Et ibidem quamvis christiani esse dicebantur, tamen lucorum et fontium error ac ydololatria (sic !) multiplex habebatur ».
  • [44]
      Ibid., ch. 27, p. 93 : « Hic Adolphus prout etiam plures ante eum de tali domo nati sunt, eciam nominati Adolphus, rexerunt terram Holtzacie in magna virtute ab initio christianitatis ». C'est nous qui soulignons. Le latin du Presbyter est ici quelque peu hasardeux mais les traductions allemandes du Presbyter comprennent unanimement « depuis que la région est devenue chrétienne », ce qui va dans le sens de notre interprétation.
  • [45]
      Ibid., ch. 17, p. 42-43.
  • [46]
      De Inclito Adolpho comite Holtzacie ordine minorum in Kyl, éd. N. Beeck, Quellensammlung für Schleswig-Holsteinisch-Lauenburgische Geschichte vol. IV, Kiel, 1875, p. 205-227.
  • [47]
      Chr. Holtz., ch. 24, p. 77.
  • [48]
      Chr. Holtz., ch. 25, p. 82 : « Illis diebus contingebat, quod Carolus quartus, Romanorum rex et imperator, visitavit civitatem Lubeke... ».
  • [49]
      Widukind de Corvey, Res Gestae Saxonicae, éd. P. Hirsch, E. Lohmann, mgh Scr. Rer. Germ in us. scol. 5e éd., 1935, I, 1-9.
  • [50]
      Voir Frutolf de Michelsberg, Chronicon, dans E. d'Aura, Chronica, éd. G. Waitz, mgh ss 7, 1844).
  • [51]
      Chr. Holtz., ch. 8, l. 8-9 : « Saxones vnde dicuntur uenisse, repperi in quadam chronica... ».
  • [52]
      D'où leur nom originel de « Gens Petrita » qu'Alexandre le Grand aurait changé en « Saxons », de « saxum » = rocher, pierre.
  • [53]
      Voir par exemple déjà Alcuin, De pontificibus et sanctis ecclesiae Eboracensis, PL. 101, col. 815 (vs 47) : « Duritiam propter dicti cognomine Saxi... »
  • [54]
      Le Presbyter n'est certes pas le premier auteur nordalbingien à reprendre à son compte la théorie de l'origine « grecque » des Saxons telle que Widukind en avait fixé les linéaments. Albert de Stade, soit l'annaliste des Annales Stadenses, intègre ce récit sub anno 917. Cette notice se retrouve quasiment mot pour mot dans un appendice « de adventu Saxonum » d'un manuscrit d'un autre chroniqueur régional, Arnold de Lubeck (manuscrit dit « de Gottorp » par les éditeurs). Mais outre que le Presbyter ne connaît manifestement aucun de ces deux derniers auteurs, son récit ne coïncide pas vraiment avec celui d'Albert de Stade, même si l'on y retrouve quelques éléments secondaires à connotation « régionale » que l'Annaliste de Stade, est par ailleurs, à notre connaisance, le premier à rapporter. Cf. Annales Stadenses, éd. J. M. Lappenberg, mgh ss xvi, 1858, p. 311. Pour le rapprochement origo Holtzatorum/origo Saxonum voir également la glose du Miroir aux Saxons : Sachsenspiegel, éd. K. A. Eckardt, mgh Fontes Iuris Germanici Antiqui n.s, t. 1, 1933, III, 2-3, p. 133.
  • [55]
      Chr. Holtz., ch. 15, p. 31.
  • [56]
      Ibid., ch. 16, p. 36.
  • [57]
      Ibid., ch. 27, p. 93 : « dux Saxonie, marschalcus, elector imperii et dominus Luneborgensis ».
  • [58]
      Ibid., ch. 29, p. 101 ; ch. 31, p. 105 ; ch. 40, p. 133.
  • [59]
      Ibid., ch. 34, p. 114.
  • [60]
      Ibid., ch. 37, p. 122-124.
  • [61]
      Voir, pour resituer le discours urbain du Presbyter dans un contexte plus large, A. Dirsch-Weigand, Stadt und Fürst in der Chronistik des Spätmittelalters, Cologne/Vienne, 1991. Voir également sur les conflits urbains dans le monde hanséatique W. Ehbrecht, Konsens und Konflikt, Cologne/Weimar/Vienne, 2001 (= Städteforschung A/56).
  • [62]
      Sur les Dithmarschen au Moyen Âge et leur histoire singulière, voir H. Stoob, Geschichte Dithmarschens im Regentenzeitalter, Heide, 1959 ; aussi W. L. Urban, Dithmarschen. A Medieval Peasant Republic, New York, 1991.
  • [63]
      Chr. Holtz., ch. 28, p. 96 : « ... cum difficultate ius ab eis haberi potest. Hii Ditmartici, sine principe et capite viventes, faciunt que volunt ».
  • [64]
      La charte de confirmatio se trouve dans SHRU bd 8, doc. 235 (10 décembre 1460).
  • [65]
      B. Guenée, op. cit., p. 257.
  • [66]
      A. Krantz, Saxonia, dans : Chronica regnorum aquilonarium Daniae, Sueciae et Norwagiae, éd. A. Wechelus, Francfort/Main, 1575, vol. I, livre VIII, ch. 39.
  • [67]
      Il convient en effet de préciser que deux de ces trois manuscrits allemands – celui dit « de Held » et celui dit « de Kirchhof » selon la nomenclature de Lappenberg – ont disparu entre l'époque de Westphalen et le moment où celui-ci prépare son édition en 1862.
  • [68]
      E. J. von Westphalen, op. cit., t. III, col. 183-184.
  • [69]
      Ibid., t. I, p. 5 et appendices (doc. C).
  • [70]
      Ibid., t. III, col. 183-184.
  • [71]
      C. Degn, Schleswig-Holstein, eine Landesgeschichte, Neumünster, 1994 not. p. 22-23 pour une description rapide de l'essor de cette cimbrophilie chez les auteurs du Nord de l'Allemagne.
  • [72]
      Le comté de Holstein devient un duché en 1474.
  • [73]
      E. J. von Westphalen, op. cit., t.  III, col. 41/42.
  • [74]
      Ibid., t. III, col. 47/48.
  • [75]
      Chr. Holtz., ch. 31, p. 107.
  • [76]
      E. J. von Westphalen, op. cit., t.  III, col. 165/166.
  • [77]
      Nous pensons ici aux différents travaux de J.-M. Moeglin sur les Hohenzollern, les landgraves de Thuringe, les ducs Wittelsbach de Bavière. Voir entre autres : « Dynasties princières allemandes et notion de Maison à la fin du Moyen Âge », dans Les Princes et le Pouvoir au Moyen Âge, 23e Congrès de la Société des Historiens Médiévistes, Brest, 1992, Paris, 1993, p. 137-154 ; Id., « Zur Entwicklung dynastischen Bewusstseins der Fürsten im Reich vom 13. zum 15. Jahrhundert », dans B. Schneidmüller (éd.), Die Welfen und ihr Braunschweiger Hof im hohen Mittelalter, Wiesbaden, 1995, p. 523-540 ; Id., « Sentiment d'identité régionale et historiographie en Thuringe à la fin du Moyen Âge », dans J.-M. Moeglin et R. Babel (éd.), Identités régionales et conscience nationale en France et en Allemagne du Moyen Âge à l'époque moderne, Sigmaringen, 1997, p. 325-363.
Français

L'auteur essaie de brosser le tableau de l'identité régionale dans le comté de Holstein au xve siècle, à partir d'une source principale, la chronique dite « du Presbyter Bremensis », une œuvre latine rédigée en 1448. Le « Chronicon Holtzatiae » s'inscrit tout d'abord, sur le court terme, dans une perspective de crise dynastique imminente, et paraît très nettement appuyer par le recours à l'histoire les visées du dernier comte de Holstein Schauenburg Adolphe VIII, soucieux de barrer la route à ses cousins Pinneberg pour la succession comtale. Mais au-delà de ce contexte immédiat, un examen attentif permet d'observer les mécanismes du discours historique dans un texte d'orientation nettement princière et dynastique : si la « terre » ne se confond pas totalement avec la dynastie régnante, la plume du chroniqueur consacre néanmoins le lien consubstantiel entre le Holstein et ses comtes, même si, paradoxalement, il semble que le texte du Presbyter Bremensis ait surtout connu un succès tardif au xvie siècle aux mains d'une noblesse territoriale soucieuse de défendre l'identité propre du Holstein dans la nouvelle donne politique que constitue l'union dynastique avec la couronne danoise.

  • Schleswig et Holstein
  • historiographie au bas Moyen Âge
  • dynastie et conscience identitaire
  • droit et identité régionale

Mots-clés éditeurs : droit et identité régionale, dynastie et conscience identitaire, historiographie au bas Moyen Âge, Schleswig et Holstein


English

Prince and History in the Mirror of the Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi. This article deals with the issue of « regional » identity within the boundaries of a northern German principality in the late Middle Ages : the county of Holstein. The author, who draws upon his own MPhil dissertation, focuses himself on a quite ignored Latin chronicle from 1448, the so-called « Chronicon Holtzatiae » by an anonymous « Presbyter Bremensis ». He shows that first and foremost the chronicler, under the guise of history writing, buttresses the ambitions of the old and childless count of Holstein Adolf VIII of Schauenburg relating to the foreseeable « succession crisis » by excluding from the landscape of Holstein history throughout the centuries serious pretendants, i.e. the Schauenburg-Pinneberg. But, from a wider point of view, the « Presbyter Bremensis » also sketches a picture of « regional identity » which is typical of late medieval German dynastic historiography : the bond uniting the « terra » and the counts is depicted as a consubstantial one, constitutive of the very existence of the former, whereas other elements such as the regional law merely play a subordinate role.

  • County of Holstein/Duchy of Schleswig
  • late medieval historiography
  • dynastic Chronicles
  • law and « regional » identity

Mots-clés éditeurs : County of Holstein/Duchy of Schleswig, dynastic Chronicles, late medieval historiography, law and « regional » identity


Date de mise en ligne : 01/12/2010

https://doi.org/10.4000/medievales.833

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