Article de revue

Terreurs d’enfance. Notes désaccordées sur Paul Morand

Pages 92 à 102

Citer cet article


  • Berquin, F.
(2020). Terreurs d’enfance. Notes désaccordées sur Paul Morand. Littérature, 198(2), 92-102. https://doi.org/10.3917/litt.198.0092.

  • Berquin, François.
« Terreurs d’enfance. Notes désaccordées sur Paul Morand ». Littérature, 2020/2 N° 198, 2020. p.92-102. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-litterature-2020-2-page-92?lang=fr.

  • BERQUIN, François,
2020. Terreurs d’enfance. Notes désaccordées sur Paul Morand. Littérature, 2020/2 N° 198, p.92-102. DOI : 10.3917/litt.198.0092. URL : https://shs.cairn.info/revue-litterature-2020-2-page-92?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/litt.198.0092


Notes

  • [1]
    « Le Prisonnier de Cintra », dans Le Prisonnier de Cintra, t. I, p. 812 (pour les nouvelles, les références se font à leur publication en deux tomes, dans la « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1991 et 1992).
  • [2]
    Ibid., p. 813.
  • [3]
    Ibid.
  • [4]
    « Le Prisonnier de Cintra », « Notes et variantes », op. cit., p. 1115. On notera que dans la version définitive de son texte, Morand insiste surtout sur l’implication, toute théâtrale, d’Edouardo dans cela même qu’il donne à entendre.
  • [5]
    Ibid., p. 813-814.
  • [6]
    Ibid., p. 814.
  • [7]
    Pascal Quignard, Sur le défaut de terre, éditions Clivages, 1979, p. 56.
  • [8]
    Ibid., p. 819.
  • [9]
    Rimbaud, « Après le déluge », dans Illuminations.
  • [10]
    « Le Prisonnier de Cintra », op. cit., p. 823.
  • [11]
    « La Nuit catalane », dans Ouvert la nuit, t. I, p. 110.
  • [12]
    « Nœuds coulants d’Asie », dans Rococo, t. II, p. 87.
  • [13]
    L’Europe galante, p. 386-389.
  • [14]
    « Mort d’un autre juif », Poèmes, Poésie, Gallimard, p. 50. On aura remarqué la présence du gramophone, après celle de l’appareil radiophonique… L’univers sonore chez Morand, réveille toujours un étonnant sadisme infantile.
  • [15]
    « Charleston », dans Magie noire, t. I, p. 543.
  • [16]
    « La Nuit hongroise », dans Ouvert la nuit, t. I, p. 150-157.
  • [17]
    « La Folle amoureuse », t. II, p. 465-470.
  • [18]
    « Parfaite de Saligny », dans La Folle amoureuse, p. 530.
  • [19]
    Ibid., p. 529.
  • [20]
    Ibid., p. 545.
  • [21]
    Ibid.
  • [22]
    Ibid., p. 578.
  • [23]
    Le Flagellant de Séville, dans Paul Morand, Romans, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2005, p. 953.
  • [24]
    Ibid., p. 1083.
  • [25]
    Il est en effet impossible de savoir, à ce moment du récit, où se situe exactement Lord Helfos sur l’échiquier politique. Ambiguïté que curieusement, Morand traduit en termes sexuels : ce dandy ne serait-il pas un maricon ?
  • [26]
    « Le Tsar noir », dans Magie noire, t. I, p. 504.
  • [27]
    Paul Morand, 1900, dans Œuvres, Flammarion, 1981 [1942], p. 368.
  • [28]
    « Avant-propos » de Magie noire, t. I, p. 481.
  • [29]
    « Un amateur de supplices », dans Les Écarts amoureux, t. II, p. 927.
  • [30]
    Ibid., p. 931.
  • [31]
    « Le Tsar noir », dans Magie noire, op. cit., p. 507.
  • [32]
    « Le Théâtre et la misère », Excursions immobiles, in Paul Morand, Œuvres, Flammarion, éd. cit., p. 636-637.
  • [33]
    « Feu monsieur le duc », dans Fin de siècle, t. II, p. 769.
  • [34]
    « La Croisade des enfants », dans L’Europe galante, t. I, p. 428.
  • [35]
    Néologisme forgé par Edmond de Goncourt au lendemain de l’attentat raté d’Auguste Vaillant à la Chambre des députés (Goncourt, Journal, entrée du 10 décembre 1893, coll. « Bouquins », t. III, p. 892).
  • [36]
    Ce texte de Sartre figure dans Situations III (Gallimard, 1949).
  • [37]
    Sur ce point, voir notamment, de Kimberly Philpot van Noort, Paul Morand, The Politics and Practice of Writing in Post-War France, Amsterdam-Atlanta, Rodopi, 2001.
  • [38]
    Le finale de « Parfaite de Saligny » pourrait apparaître fort pathétique, mais le texte, non sans cruauté, suggère que Parfaite n’a absolument pas reconnu celui qui rêvait de la sauver…
  • [39]
    « Delphine », dans Tendres stocks, t. I, p. 47. « Je tâchai de la sauver », répétera galamment (et tout aussi vainement) l’ami de Diane (« L’Enfant de cent ans », dans Rococo, t. II, p. 95).
Français

Il n’est que d’ouvrir un livre de Paul Morand pour être aussitôt plongé dans un déluge de sons épouvantablement discordants. Cet auteur en effet va droit là où le monde craque, là où il explose sous l’effet notamment de révolutions et de contre-révolutions. Morand cependant donne à ces scènes d’extrême violence un tour étonnamment drolatique. Il est comme le spectateur amusé d’un petit théâtre où les dictateurs les plus féroces ressemblent à des enfants déchaînés. On se demandera s’il s’agit ainsi de déréaliser l’Histoire des hommes (une Histoire à laquelle il a lui-même parfois été directement mêlé) ou alors de faire sa part, comme on fait la part du feu, à ce que l’enfance, selon lui, a toujours d’inhumain.


English

Childhood terrors. Some notes out of tune on Paul Morand

Opening a book by Paul Morand will just at once plunge you into a flood of horribly discordant sounds. This writer, indeed, goes straight where the world cracks, where it explodes under the bouts of, notably, revolutions and counter-revolutions. However Morand confers an eminently droll character on these extremely violent scenes. He is as the amused spectator of a little theatre where the most ferocious dictators look like children gone wild. We shall question if it is a matter here of derealizing the History of men (a History in which he sometimes was directly involved) or then of taking one’s cut, as one cuts one’s losses, in what childhood, according to him, always partakes of the inhuman.


Date de mise en ligne : 22/06/2020

https://doi.org/10.3917/litt.198.0092