« Art contemporain » : de quoi ces mots sont-ils le nom ?
Pages 171 à 193
Citer cet article
- SOURGINS, Christine,
- Sourgins, Christine.
- Sourgins, C.
https://doi.org/10.3917/lige.186.0171
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- Sourgins, C.
- Sourgins, Christine.
- SOURGINS, Christine,
https://doi.org/10.3917/lige.186.0171
Notes
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[1]
D’où « la machine à baptiser » de Faust Cardinali à Saint Sulpice en 2001, installation avec « le sperme du Créateur », ou le Christ sur une chaise électrique dans la cathédrale de Gap en 2009…etc.
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[2]
« Une moderne antiquité », Musée Picasso, Antibes, Hazan, 2012, p. 20.
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[3]
Credo professé jusque dans les années 2000, avant que la financiarisation mondialisée de l’Art dit contemporain ne rende cette affirmation risible.
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[4]
Jean-Philippe Domecq, « Une nouvelle introduction à l’art du XXème siècle », Flammarion, 2004, p. 209.
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[5]
Le nouveau flamboyant s’éteignit en même temps que les avant-gardes et l’espoir de la Révolution ; Nicolas Bourriaud vit, au début des années 2000, l’aube d’une « alter-modernité » dans ces opérations de recyclage.
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[6]
Clarisse Fabre et Emmanuelle Lequeux, « Questions autour de l’exposition Jeff Koons au château de Versailles », Le Monde du 6 septembre 2008.
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[7]
Hélène Parmelin, « L’Art et les anartistes » Christian Bourgeois, 1969, Paris, p. 12-17.
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[8]
Charles Angrand tira plusieurs balles de révolver sur sa toile « Paysage financier ».
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[9]
Un cheval vivant peint aux couleurs nationales fut exposé en 1889.
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[10]
« Terre cuite » (pomme de) d’Allais, des tableaux en pain, des « croûtes » bien sûr…
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[11]
Mais le musée d’Orsay lui consacra une exposition et un dossier en 1992 et C. Charpin, D. Grojnowski, D. Riout, S. Herszkowicz etc. des travaux.
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[12]
Cité par J-P Domecq, « Artistes sans art ? », éditions Esprit, 1994, p. 109.
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[13]
Concept forgé par Anne Cauquelin. Notons qu’une œuvre d’Art « contemporain » n’est jamais ratée, à la différence des expérimentations du Grand art moderne : alors chacun pouvait être juge de l’adéquation des moyens plastiques mis au service d’un sujet ou d’un thème.
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[14]
Pour sortir de la confusion, j’ai proposé, ailleurs, d’écrire Art « contemporain », AC, réduit à ses initiales, à la suite du regretté Laurent Danchin qui l’employa ponctuellement.
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[15]
C. Ruby, « Devenir contemporain », Le Félin, 2007, p. 120.
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[16]
Sur les manifestes en général, la modernité naturelle et celle de rupture, voir C. Sourgins, « Vie et mort des manifestes artistiques », chapitre X, in Collectif « Démocratie et Révolution », ICES et Cerf, 2012, p. 567 à 636.
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[17]
Lettre à Alexandre Benois, mai 1916, cité par A. Besançon, « L’image interdite », Fayard, 1994, p. 484.
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[18]
En 1990 Muehl, créateur d’une « commune » sectaire, est condamné à 7 ans de prison pour abus sexuel sur mineur, viols et avortement forcés. Après sa libération, il devient le héros de la « lutte antifasciste contre la morale bourgeoise » cf. Jean Clair, « De Immundo », Galilée, 2004, p. 73.
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[19]
Supprimer les renaissances cycliques pour une hypothétique ère nouvelle, l’Histoire ne l’a jamais validé.
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[20]
Alors, seul le mal peut combattre le mal, ce qui revient à le répandre : citons E. Kac qui dénonce les manipulations génétiques par un lapin mutant devenu fluo ; Santiago Serra « questionnant » la condition des humiliés en les humiliant et en les rétribuant pour cela ; d’autres interrogent le gaspillage de la société de consommation en gaspillant, etc.
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[21]
Moins pince sans rire qu’il y parait cf. la saillie de Duchamp : « on n’a que : pour femelle la pissotière et on en vit ».
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[22]
Le salon des Indépendants de New-York avait les mêmes principes « sans jury ni récompense » que celui qui l’a évincé à Paris en 1912.
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[23]
L’art issu de Duchamp n’est pas, dans son entièreté, conceptuel au sens précis où l’entendait un Kosuth mais l’art duchampien reste caractérisé par un conceptualisme diffus. L’existence d’un courant dénommé « conceptuel » au sein d’un ensemble conceptualiste constitue un nouveau piège sémantique, ajoutant à la confusion dont vit l’Art « contemporain ».
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[24]
Yves Klein disait joliment : « mes œuvres sont les cendres de mon art ».
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[25]
Faut-il rappeler une expo enthousiaste sur un de nos derniers tabous : « Tous cannibales » à Paris, en 2011, à la Maison Rouge ?
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[26]
Pour être équitable, il faudrait dire « duchampien » pour ce qui se rapporte à Duchamp lui-même et « duchampiste » pour ce qui s’en réclame en s’en éloignant…
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[27]
Des blocs de banquise amenés à Paris pour protester contre le réchauffement climatique : quelle empreinte carbone pour cette œuvre qui pratique ce qu’elle dénonce ?
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[28]
« Candeur » habituelle des artistes « contemporains » : “Non je ne me moque pas des femmes qui meurent sous les coups de leur conjoints (…) je prends juste un sujet et je le montre différemment ».
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[29]
Voir les ouvrages sur l‘Art Financier de F. Derivery, A. de Kerros, P. Souchaud ou B. Rappin pour un parallèle avec le management ; pour un résumé, Ch. Sourgins « Brève histoire de l’Art financier », La table ronde, 2018.
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[30]
Cette récupération stupéfia le spécialiste de l’Art brut que fut Laurent Danchin.
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[31]
C’est pourquoi il ne semble guère judicieux de remplacer « art contemporain » par « non-art » appellation trop tranchée qui ne rend pas compte du flou et des ruses de l’Art « contemporain », habile à prendre l’Art (au sens historique) en otage pour semer la confusion.
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[32]
Une « purgation » des passions qui en les représentant permettrait de s’en libérer ou de les sublimer.
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[33]
F. Derivery, « Le discours de l’art au grand marché de la transgression », Artension, Janv-fev. 2007, p. 58.
Un nom et un adjectif scintillent aux frontons des centres d’art et des musées, les médias en raffolent, le ministère de la Culture le soutient ardemment, les très grands collectionneurs se l’arrachent : partout, en 2021, l’art contemporain brille en majesté. La formule a le mérite d’être claire, si évidente qu’elle en devient incontestable : l’art contemporain ne peut être que l’art de nos contemporains, soit l’expression artistique adaptée à notre (post)modernité. Cette locution s’entoure d’une aura qui dispense souvent d’interroger, de questionner, (expressions chères aux artistes « contemporains ») la pertinence de cette trouvaille verbale, d’en débusquer les éventuelles contradictions et non-dits, les faux-semblants, ou, en suivant le fil rouge de sa sémantique, d’envisager ses consonances tant politiques qu’économiques ou ontologiques.
Un art contemporain, par et pour nous, serait un parangon de démocratie, rien d’étonnant à ce qu’il soit ouvert à toutes sortes de supports : on y croise des roues de bicyclettes, une italienne qui s’ouvre les veines, une vache coupée en tranches mais aussi une baraque à moules, bref des installations, voire des environnements et des performances, quelques vidéos, un peu moins de peintures et sculptures mais, en cherchant bien, probablement le raton laveur cher à Prévert. Tout ceci paradant dans le « white cube » des galeries et sur les catalogues en papier glacé, il est hors de question de penser une seconde qu’il s’agirait de n’importe quoi…
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