Article de revue

« La Caravane 100 têtes »

Pages 165 à 170

Citer cet article


  • Rivais, Y.
(2021). « La Caravane 100 têtes » Ligeia, 185-188(1), 165-170. https://doi.org/10.3917/lige.186.0165.

  • Rivais, Yak.
« “La Caravane 100 têtes” ». Ligeia, 2021/1 N° 185-188, 2021. p.165-170. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-ligeia-2021-1-page-165?lang=fr.

  • RIVAIS, Yak,
2021. « La Caravane 100 têtes » Ligeia, 2021/1 N° 185-188, p.165-170. DOI : 10.3917/lige.186.0165. URL : https://shs.cairn.info/revue-ligeia-2021-1-page-165?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lige.186.0165


Notes

  • [1]
    Il avait déjà, en 1917, raté son tir. Un exemple célèbre (et souvent mal interprété) : l’urinoir de Duchamp. Duchamp, Français, est aux Etats-Unis. Il veut frapper. Il ramasse un urinoir, dit-on et le propose tel quel. Problème : les Américains ne comprennent pas. On le lui rend. Opération ratée. On glosera là-dessus. (Note : Sur l’urinoir on lit « R. Mutt ». On nous dit que c’est le nom du fabricant. Erreur : « mutt » en anglais, c’est le clebs ou le crétin. « R », c’est le symbole pour « Restricted area ». L’urinoir interdit - ou réservé - aux clebs et aux crétins. Le piège n’a pas fonctionné. Les Américains étaient trop bêtes. Pinoncelli en 1993, urinant et ébréchant un exemplaire de la réplique « Fountain », retournait le mythe comme un gant. Un blasphème. Pinoncelli fut condamné.
  • [2]
    Diderot - bien avant l’éclosion de l’Humour Noir ! (Et rappel : la seule exposition Humour Noir, suivie d’un spectacle au Centre Pompidou y fut organisée par moi en 1982, dans le cadre de la Revue parlée).

L’Art Contemporain vise à « mondialiser » le conformisme. Le bulldozer occidental, bien pensant et capitaliste, mobilise à tous les étages les normes conservatrices. Un passeport consensuel : les feudataires arborent l’emblème au revers du portefeuille, sous la bannière de la spéculation. Il se manifeste masqué.
De son côté, l’Humour Noir, première contestation apparue simultanément en de nombreux points géographiques, n’a que des médailles de Baj à offrir, en « do it yourself ». Il définit le point d’achoppement de l’humain aux obstacles de son existence. Il affronte ce qui le contrôle, ne se limite pas au jeu de riposte. Il EXISTE chaque fois qu’il frappe. Ses traques l’opposent aux mandatés du maintien de l’ordre, entre commerce des idées toutes faites, superstitions, exploitations du monde pour le profit. Comment ne se combattraient-ils pas ?
L’Humour Noir est d’abord actif : un œil dans le microscope, l’autre dans le télescope : l’Homme et l’Humanité. Il dépoussière les faux-semblants et les tautologies. Indépendant, il n’est pas une variable d’ajustement. Il distribue ses coups, embusqué dans tous les supports : littérature, art, philosophie, politique, idéologie, monde des affaires. Les traces restent brûlées sur les croupes comme des sceaux. Les idées fausses éclatent ; elles ne sont pas dynamogènes. Dans les couloirs où se développent leurs larves, rampent des remords douteux.
Une date : l’Humour Noir naît en 1885 (d’aucuns lui trouvent toujours des précurseurs - tant pis)…


Date de mise en ligne : 15/03/2021

https://doi.org/10.3917/lige.186.0165

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