Fourteenth-Century England, t. 9, éd. James Bothwell, Gwilynn Dodd, Woodbridge, Boydell, 2016 ; 1 vol., xii–175 p. ISBN : 978-1-78327-122-1. Prix : GBP 60
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Citer cet article
- LACHAUD, Frédérique,
- Lachaud, Frédérique.
- Lachaud, F.
https://doi.org/10.3917/rma.253.0651a
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1 Les contributions réunies dans Fourteenth-Century England, t. 9, sont issues de plusieurs rencontres à Leeds et Kalamazoo. Elles jettent un éclairage utile sur les avancées de la recherche : pas de thème rassembleur par conséquent dans ce volume, où l’on voit évoqués les carrières du clergé paroissial avant la grande peste (D. Robinson), les revendications des tanneurs de York face à leur marginalisation politique dans la cité, que permet notamment la reconstruction partielle de leur église paroissiale avec des éléments d’architecture qui font référence au passé romain (J. Knowles), l’attachement du chroniqueur Thomas Walsingham aux valeurs chevaleresques, destinées à renforcer l’orthodoxie face aux remises en cause des Lollards (C. Guyol), ou encore l’écriture de l’histoire dans plusieurs maisons du Cheshire et du Staffordshire à la fin du xive siècle (P. Morgan). L’enfance, l’adolescence, les projets non aboutis de mariage, et les premières actions de John d’Eltham, le frère cadet d’Édouard III, sont retracés par P. Dryburgh, qui suggère tout le parti que le roi aurait pu tirer de la présence auprès de lui d’un frère capable de le seconder dans ses entreprises.
2 Toutefois, on voit bien que deux moments majeurs continuent à borner l’évolution politique de l’Angleterre au xive siècle dans l’esprit des historiens : la déposition d’Édouard II en janvier 1327 d’une part, suivie quelques mois plus tard de la mort en prison de l’ancien roi, celle de Richard II en 1399 de l’autre, suivie de l’accession d’une nouvelle dynastie au trône et également d’un décès dans des circonstances mystérieuses. Ce fut l’impossibilité pratique de montrer le corps d’un roi sans doute abîmé par les mauvais traitements qui permit l’essor de toutes les rumeurs au sujet de la survie du père d’Édouard III, et qui autorise aujourd’hui encore de vifs débats sur son sort, relancés par les travaux d’I. Mortimer : la plus fameuse de ces rumeurs est bien sûr celle qui figure dans une lettre écrite vers 1336 par le notaire papal Manuel de Fieschi – éditée pour la première fois par A. Germain en 1877 – où l’auteur expliquait avoir reçu la confession de l’ancien roi devenu ermite en Italie après qu’il avait réussi à s’enfuir du château de Berkeley. A. King reprend tous les fils de cette affaire et des différentes rumeurs qui circulèrent à ce sujet, démontrant de manière convaincante qu’il ne pouvait en effet s’agir que de fausses rumeurs. À l’autre extrémité du siècle, on voit grâce à la belle étude d’E.A. McVitty de quelle manière Henri IV intervint directement dans les procès pour trahison afin de mieux s’identifier au royaume et au bien commun, élargissant du coup le crime de trahison à toute entreprise contre la chose publique. Le crime de trahison est également au cœur de la contribution d’Á. Foley, qui suggère que le nombre de cas relativement réduit d’accusations de ce type qu’on peut repérer dans la documentation irlandaise au xive siècle reflète la distance par rapport aux événements qui marquèrent la vie politique anglaise, tout autant que l’impératif qui consistait à préserver la noblesse « anglaise » de l’île, rempart contre les rébellions gaéliques.
3 Frédérique Lachaud