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Compte rendu

Haskins Society Journal. Studies in Medieval History, éd. Laura L. Gathagan, William North, t. 26, 2014, Woodbridge, The Boydell Press, 2015 ; 1 vol., xiii–268 p. ISSN : 0963-4959. Prix : GBP 50.

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  • Lachaud, F.
(2018). Haskins Society Journal. Studies in Medieval History, éd. Laura L. Gathagan, William North, t. 26, 2014, Woodbridge, The Boydell Press, 2015 ; 1 vol., xiii–268 p. ISSN : 0963-4959. Prix : GBP 50. Le Moyen Age, Tome CXXIV(1), XI-XI. https://doi.org/10.3917/rma.241.0145k.

  • Lachaud, Frédérique.
« Haskins Society Journal. Studies in Medieval History, éd. Laura L. Gathagan, William North, t. 26, 2014, Woodbridge, The Boydell Press, 2015 ; 1 vol., xiii–268 p. ISSN : 0963-4959. Prix : GBP 50. ». Le Moyen Age, 2018/1 Tome CXXIV, 2018. p.XI-XI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-1-page-XI?lang=fr.

  • LACHAUD, Frédérique,
2018. Haskins Society Journal. Studies in Medieval History, éd. Laura L. Gathagan, William North, t. 26, 2014, Woodbridge, The Boydell Press, 2015 ; 1 vol., xiii–268 p. ISSN : 0963-4959. Prix : GBP 50. Le Moyen Age, 2018/1 Tome CXXIV, p.XI-XI. DOI : 10.3917/rma.241.0145k. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-1-page-XI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.241.0145k


1 L’activité de la Haskins Society est aujourd’hui marquée par une remarquable ouverture chronologique (vers le haut Moyen Âge) et géographique (vers la Méditerranée, la Scandinavie et l’Empire germanique). Le vol. 26, pour 2014, s’ouvre ainsi par la contribution de C. La Rocca sur les constructions dans l’Italie ostrogothique : l’action de Théodoric, très pragmatique, semble avoir essentiellement consisté dans la restauration des monuments et la réutilisation des matériaux de construction anciens, mais on est frappé de voir le souci du roi de démultiplier sa présence sous la forme de statues ou de portraits sur les mosaïques. S. Bobrycki pour sa part propose une lecture fine d’un passage du Liber officialis d’Amalarius, à première vue une allégorie du cathéchumène, comparé à l’esclave, libéré par le baptême, en suggérant qu’on doit bien y voir la présence obsédante du commerce d’esclaves en Méditerranée et le risque que continuait à représenter, dans la première moitié du ixe siècle, la mise en esclavage.

2 À l’autre extrémité de l’aire géographique considérée, T.K. Heebøll-Holm analyse à nouveaux frais la fameuse alliance matrimoniale entre la cour de France et le Danemark sous le règne de Philippe Auguste : il reconstitue les réseaux d’influences franco-danois – au cœur desquels l’archevêque de Reims Guillaume aux Blanches Mains eut sans doute un rôle de premier plan – et suggère que la décision du roi de France de répudier Ingeborg fut liée au refus des Danois de le soutenir dans ses entreprises contre Richard Cœur de Lion, mais qu’elle lui permit aussi de renforcer son pouvoir face à la faction de Blois-Champagne. La très belle contribution de J. Jasperse sur la pièce de monnaie qui représente Henri le Lion, duc de Saxe, et son épouse Mathilde, tenant un sceptre – et dont l’A. démontre qu’elle dut être frappée lors du départ d’Henri le Lion vers Jérusalem, alors que Mathilde se voyait remettre l’autorité ducale – est l’occasion d’une intéressante réflexion sur le rôle du sceptre dans la représentation du pouvoir au féminin et la manifestation de l’autorité dans l’aire germanique.

3 La question des contacts culturels et politiques nourrit plusieurs contributions sur le pays de Galles et ses voisins. Ce qu’on voit en filigrane dans les diplômes anglais attestés par les rois gallois, dans la forte étude de S. Keynes sur les assemblées anglo-saxonnes entre 928 et 955, est bien la conception d’un royaume qui dépasse le simple royaume des Anglais. Ce sont peut-être les chroniques et autres types d’écrits historiographiques malgré tout qui fournissent encore les avenues les plus prometteuses à la recherche sur le pays de Galles et ses relations avec les autres terres de l’archipel, voire au-delà. G. Henley élucide ainsi les modalités de l’usage, dans les chroniques galloises, d’annales en provenance d’établissements ecclésiastiques anglais, et la réorientation des positions des auteurs gallois à partir des années 1280, après la conquête « édouardienne » de la région, dans un sens plus favorable à la domination anglaise sur l’ensemble des îles Britanniques. O. Wyn Jones pour sa part propose de dater certaines sections du Brut y Tywysogion, la « chronique des princes », non pas de la fin du xiiie siècle, comme on le suggère généralement, mais du premier quart du xiie siècle : on comprend alors mieux les hésitations du texte quant à l’identité politique du pays de Galles, face à Henri Ier , roi puissant et tyrannique. Quant à B. Pohl, il revient sur l’importance de l’œuvre de Geoffroi de Monmouth pour les chroniqueurs du xiie siècle, sur le continent comme dans les îles Britanniques : en effet, c’est sans doute bien l’Historia regum Britannie qui fut remise par Robert de Torigni à Henry de Huntingdon lors de la visite de celui-ci à l’abbaye du Bec en 1139, une scène représentée dans le ms. Avranches, Bibliothèque Municipale, 159.

4 On se consolera sans doute des vicissitudes de la vie universitaire en lisant la contribution de C. Matlis sur l’invidia dans les milieux intellectuels de la première moitié du xiie siècle : force destructrice, l’envie est perçue aussi comme source d’émulation et de progrès intellectuel, et doit inciter les auteurs à produire des œuvres dignes d’être imitées par les générations à venir. C’est certainement le cas des travaux de C.H. Haskins, qui continuent à inspirer les médiévistes : T. Roche démontre à propos de la fameuse liste des spoliations subies par l’abbaye de la Trinité de Caen pendant le règne du duc Robert Courteheuse, et que Haskins fut l’un des premiers à éditer et à analyser selon une démarche scientifique, que l’on est presque ici en présence d’un véritable « genre » documentaire, puisque des listes semblables furent produites par d’autres établissements ecclésiastiques aux xie et xiie siècles. Une lecture attentive suggère bien que de telles listes, si elles reflètent peut-être le désordre des temps, avaient surtout un but pragmatique et appuyaient les réclamations sur des terres ou des droits perdus depuis longtemps.

5 Frédérique Lachaud


Date de mise en ligne : 23/05/2019

https://doi.org/10.3917/rma.241.0145k