S'abonner
Compte rendu

Negotiating the Political in Northern European Urban Society, c. 1400– c. 1600, éd. Sheila Sweetinburgh, Tempe (Arizona)–Turnhout, Arizona Centre for Medieval and Renaissance Studies–Brepols, 2013 ; 1 vol., viii–227 p. (Medieval and Renaissance Texts and Studies, 434 ; Arizona Studies in the Middle Ages and Renaissance, 38). ISBN : 978-0-86698-482-9. Prix : € 55,00.

Page XII

Citer cet article


  • Lachaud, F.
(2018). Negotiating the Political in Northern European Urban Society, c. 1400– c. 1600, éd. Sheila Sweetinburgh, Tempe (Arizona)–Turnhout, Arizona Centre for Medieval and Renaissance Studies–Brepols, 2013 ; 1 vol., viii–227 p. (Medieval and Renaissance Texts and Studies, 434 ; Arizona Studies in the Middle Ages and Renaissance, 38). ISBN : 978-0-86698-482-9. Prix : € 55,00. Le Moyen Age, Tome CXXIV(1), XII-XII. https://doi.org/10.3917/rma.241.0145l.

  • Lachaud, Frédérique.
« Negotiating the Political in Northern European Urban Society, c. 1400– c. 1600, éd. Sheila Sweetinburgh, Tempe (Arizona)–Turnhout, Arizona Centre for Medieval and Renaissance Studies–Brepols, 2013 ; 1 vol., viii–227 p. (Medieval and Renaissance Texts and Studies, 434 ; Arizona Studies in the Middle Ages and Renaissance, 38). ISBN : 978-0-86698-482-9. Prix : € 55,00. ». Le Moyen Age, 2018/1 Tome CXXIV, 2018. p.XII-XII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-1-page-XII?lang=fr.

  • LACHAUD, Frédérique,
2018. Negotiating the Political in Northern European Urban Society, c. 1400– c. 1600, éd. Sheila Sweetinburgh, Tempe (Arizona)–Turnhout, Arizona Centre for Medieval and Renaissance Studies–Brepols, 2013 ; 1 vol., viii–227 p. (Medieval and Renaissance Texts and Studies, 434 ; Arizona Studies in the Middle Ages and Renaissance, 38). ISBN : 978-0-86698-482-9. Prix : € 55,00. Le Moyen Age, 2018/1 Tome CXXIV, p.XII-XII. DOI : 10.3917/rma.241.0145l. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-1-page-XII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.241.0145l


1 Le caractère hétérogène des sociétés urbaines occidentales est l’un des traits les plus frappants de la période de transformations qui couvre les xve et xvie siècles. C’est tout le mérite des contributions réunies dans le volume autour de la « négociation du politique » que de rompre avec le modèle longtemps dominant de communautés urbaines unies et de mettre en évidence les lignes de fracture et les tensions au sein des villes. Plusieurs études de cas, réparties en deux grandes sections (1. la vision de l’intérieur : la politique, le pouvoir et l’identité urbaines ; 2. la vision de l’extérieur : les relations entre la Couronne et la ville) permettent de confronter, dans un espace qui va de l’Angleterre à l’Europe centrale, les expériences politiques urbaines, qu’elles s’expriment à travers des trajectoires individuelles, une politique de construction ou encore des documents écrits. À Bury St Edmunds, le cas de John Smyth († 1481), un mercier qui apparaît comme l’un des principaux bienfaiteurs de la ville, suggère l’importance politique du comportement social dans un contexte où les élites marchandes et industrielles continuaient à être exclues du gouvernement urbain alors monopolisé par l’abbaye : l’étude de M. Merry démontre que les bienfaits de John Smyth furent régulièrement célébrés – en particulier les legs destinés à aider au paiement des taxes de la ville – sa biographie offrant même un modèle de comportement et d’identité civiques aux élites de la ville. À Osnabrück, étudiée par K. Igel, l’hôtel de ville reçut vers 1500 une nouvelle décoration – sans doute Charlemagne et les neuf Preux, et les écus des maires – qui célébrait les valeurs civiques, et la domination des élites sur la ville et les campagnes environnantes, dans le contexte d’une compétition entre les élites urbaines et les familles de la petite aristocratie qui dominaient le chapitre cathédral. Dans le même temps, l’extension du bâtiment était accompagnée d’une restructuration de la Vieille Ville et d’une réorientation de l’espace public, d’un espace dédié aux activités commerciales à un lieu destiné à servir de cadre aux rituels civiques. À Sandwich, ce fut la procession de la Saint-Barthélémy, destinée à célébrer la victoire remportée sur les Français le 24 août 1217, qui focalisa les rivalités urbaines. Dans le cadre du conflit entre la Couronne, la ville et le prieuré de Christ Church, la célébration de la victoire des Cinque Ports sur les troupes françaises permettait à Sandwich de montrer son autonomie de manière symbolique, mais les tensions autour de la procession exprimèrent aussi, au cours du temps, les transformations dans les équilibres politiques (S. Sweetinburgh). Le cas de Prague, étudiée pour la période 1436–1526 par C.F. Felskau, révèle le rôle joué par les tensions et les divisions religieuses dans le gouvernement de la ville, qui rompirent à plusieurs reprises le fragile équilibre entre les différentes populations utraquistes, les nobles catholiques et la royauté. Dans toutes les villes, le système des valeurs civiques laissait la première place à la justice, et il n’est pas étonnant de voir certains conflits urbains se développer autour de la question de la corruption des juges. P. Simpson revient sur le cas de Cantorbéry à la fin du xvie siècle : l’accusation de corruption lancée à plusieurs reprises contre des juges ecclésiastiques n’est ici pas tant révélatrice des déficiences de la justice que de l’utilisation des cours de justice ecclésiastiques comme forum politique.

2 Parmi les acteurs du monde politique urbain, la Couronne occupait naturellement une place essentielle : à Douvres, à la fin du xvie siècle, les négociations au sujet des travaux portuaires soulignent le rôle des commissaires nommés par la Couronne dans l’équilibre politique général de la ville, lequel évolua au début du xviie siècle dans le sens du renforcement du pouvoir royal (C. Bertram et M. Dixon). Dans le cas de Bristol, c’est la noblesse régionale qui apparaît au xve siècle comme un acteur politique majeur, et les rivalités internes à la noblesse imprimèrent profondément leur marque sur l’organisation politique de la ville, en dépit de sa relative autonomie, que reflète le statut de comté acquis en 1373 (P. Fleming). Certaines villes, éloignées des centres du pouvoir, développèrent des liens spécifiques avec le prince par l’intermédiaire d’agents. L’étude de S. ter Braake met en évidence le rôle joué par certains officiers dans les relations entre les villes de Hollande et leur prince. Les officiers installés à La Haye continuèrent longtemps à entretenir des liens privilégiés avec leur ville d’origine ; la rupture de ces liens et la constitution d’une élite administrative coupée des villes peuvent d’ailleurs être considérées comme des facteurs de premier plan dans la révolte hollandaise de 1568.

3 Le propos développé dans les différentes contributions est souvent d’une grande complexité, et les conclusions de C. Barron permettent heureusement de clarifier les grandes lignes de l’ouvrage en comparant systématiquement le cas de Londres aux autres villes étudiées. Mais la confrontation de cas de figure variés, sur une période rarement étudiée comme un ensemble, est riche d’enseignements et constitue une contribution notable à l’histoire urbaine.

4 Frédérique Lachaud


Date de mise en ligne : 23/05/2019

https://doi.org/10.3917/rma.241.0145l