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Compte rendu

Gérard Guyon, La Justice en question. Recueil d’articles, Limoges, PULIM, 2015 ; 1 vol., 431 p. (Cahiers de l’Institut d’Anthropologie juridique, 40). ISBN : 978-284287-645-6. Prix : € 32,00

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  • Vleeschouwers-van Melkebeek, M.
(2017). Gérard Guyon, La Justice en question. Recueil d’articles, Limoges, PULIM, 2015 ; 1 vol., 431 p. (Cahiers de l’Institut d’Anthropologie juridique, 40). ISBN : 978-284287-645-6. Prix : € 32,00. Le Moyen Age, Tome CXXIII(2), XXII-XXII. https://doi.org/10.3917/rma.232.0377v.

  • Vleeschouwers-van Melkebeek, Monique.
« Gérard Guyon, La Justice en question. Recueil d’articles, Limoges, PULIM, 2015 ; 1 vol., 431 p. (Cahiers de l’Institut d’Anthropologie juridique, 40). ISBN : 978-284287-645-6. Prix : € 32,00 ». Le Moyen Age, 2017/2 Tome CXXIII, 2017. p.XXII-XXII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2017-2-page-XXII?lang=fr.

  • VLEESCHOUWERS-VAN MELKEBEEK, Monique,
2017. Gérard Guyon, La Justice en question. Recueil d’articles, Limoges, PULIM, 2015 ; 1 vol., 431 p. (Cahiers de l’Institut d’Anthropologie juridique, 40). ISBN : 978-284287-645-6. Prix : € 32,00. Le Moyen Age, 2017/2 Tome CXXIII, p.XXII-XXII. DOI : 10.3917/rma.232.0377v. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2017-2-page-XXII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.232.0377v


1 Le fil conducteur des seize art. de G. Guyon recueillis dans cet ouvrage est le lien entre le domaine juridique, en particulier le droit pénal, et la religion chrétienne. L’A. constate qu’à cause d’une logique rationnelle, rationaliste même, ce fil conducteur est devenu assez inusité chez les historiens du droit qui s’intéressent à la justice occidentale. En ce qui concerne les lois, ces historiens n’acceptent plus aucun socle supérieur à celui que les sociétés se sont elles-mêmes forgées. Or, l’A. veut montrer que de la basse Antiquité au xviiie siècle, le droit trouvait dans l’œuvre de Dieu ses raisons, ses moyens, son but. Les lois et les procédures s’inscrivaient dans le domaine de la religion. Les monarques ainsi que les juges étaient les délégataires de Dieu et les comptables de leurs arrêts devant Lui. Le rôle du christianisme dans la justice occidentale est déjà clairement visible dans la Règle de saint Benoît, dont l’A. examine dans le premier art. les implications juridiques et judiciaires de la miséricorde. En étudiant à fond le texte de la règle bénédictine, l’A. prouve que saint Benoît sort du domaine traditionnel du droit et des institutions de la société civile romaine et instaure l’abbé comme un père miséricordieux au sein de sa communauté au lieu d’un juge pénal. Le second art. introduit la notion d’« utopie religieuse » et examine la façon dont le procès pénal s’organise autour d’une vision juridique idéale : techniques probatoires, aveu judiciaire, peines (prison pénale, peine de mort). Cette vision, attestée tout au long du Moyen Âge, est encore présente à la fin du xviiie siècle et sert de point d’appui au plaidoyer de Voltaire sur la tolérance et la vérité dans la justice. Le troisième art. montre que l’imaginaire du théâtre religieux du xive siècle reprend également cette vision de la justice pénale. L’utilisation de la torture et la présence des clercs dans l’administration de la torture, en particulier dans les tribunaux de l’Inquisition médiévale, sont les sujets de recherche de l’art. 4. L’art. 5 tente d’éclairer le sens pénal de la conception anthropomorphique de l’offense à Dieu dans le christianisme et contient les deux part. suivantes : la figuration anthropomorphique de l’offense à Dieu et la substitution pénale réparatrice de l’offense à Dieu. Deux questions judiciaires posées au Moyen Âge autour de la vérité de la foi et du procès pénal sont le sujet de l’art. 6 : la tournure pénale de la vérité de la foi et les figures de la vérité dans la procédure et le jugement. L’art. 7 examine à travers les textes évangéliques et la pensée théologique l’héritage chrétien de la conception victimaire propitiatoire et son impact sur la pensée pénale chrétienne. Les rapports qui ont existé au Moyen Âge entre la chasse et les clercs sont au cœur de l’art. 8. L’étude est préliminaire car beaucoup de questions restent sans réponse vu le maigre constat de l’état des recherches sur la chasse et les clercs. L’art. 9 examine en détail les décisions des juges du Parlement de Bordeaux au xvie siècle (1511–1580 avec lacunes) en matière de crimes sexuels. L’objectif des juges bordelais est de mettre un terme aux violences sexuelles ou du moins de les limiter. La détention provisoire comme une condition et une phase de l’information criminelle et l’évolution vers l’emprisonnement, entre les xiiie et xviiie siècles, sont les questions examinées dans l’art. 10. L’art. 11 étudie la proximité des procédures ainsi que celle des peines pénales dans une société chrétienne où les justiciables ne doivent pas être écartés de l’œuvre de justice, mais assister aux débats et même à l’exécution. Avec la fin du xviiie siècle la longue relation entre le justiciable, accusateur ou accusé, le condamné et le corps social dans le procès pénal fut rompue par la sécularisation, l’individualisation du corps social et le poids croissant de l’institution judiciaire et de l’état. Dans l’histoire des internements des mineurs délinquants au xviie siècle, saint Vincent de Paul, considérant l’enfant non pas comme coupable mais toujours comme victime, est le pionnier d’un esprit de charité attentive dont lui et ses prêtres de la congrégation de la Mission vont faire preuve envers les enfants internés à Saint-Lazare de Paris. C’est le sujet de l’art. 12. L’art. 13 concerne un domaine beaucoup plus large et fascinant : la relation entre la violence et le droit à travers les siècles. L’art. 14 interroge l’imaginaire juridique au regard des auteurs de récits utopiques. Les art. 15 et 16 traitent successivement de la torture dans ses rapports avec le droit et de la Révolution française comme démonstration totalitaire. Un index des personnes et un index des matières facilitent la consultation de ce recueil d’art., très riche en idées et bien encadré grâce aux multiples références bibliographiques.

2 Monique Vleeschouwers-Van Melkebeek


Date de mise en ligne : 01/02/2018

https://doi.org/10.3917/rma.232.0377v