Mittelhochdeutsche Minnereden und Minneallegorien der Wiener Handschrift 2796 und der Heidelberger Handschrift Pal. germ. 348, sous la dir. de Michael MAREINER, t. 8, Von einer edlen Amme. Eine mittelhochdeutsche Minneallegorie. Wörterbuch und Reimwörterbuch, t. 11, Der Liebende und die Burg der Ehre . Eine mittelhochdeutsche Minneallegorie. Wörterbuch und Reimwörterbuch, Berne-Berlin-Bruxelles-Francfort-New York-Vienne, Lang, 2007-2008 ; 2 vol., 378 et 415 p. (Europäische Hochschulschriften. European University Studies. Publications universitaires européennes, 1re sér., Deutsche Sprache und Literatur. Langue et littérature allemandes. German Language and Literature, 1974). ISBN : 978-3-03911-269-2 et 978- 3-03911-768-0. Prix : € 61,20 et 63,80.
- Par Astrid Guillaume
Page XXXIII
Citer cet article
- GUILLAUME, Astrid,
- Guillaume, Astrid.
- Guillaume, A.
https://doi.org/10.3917/rma.153.0613zg
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- Guillaume, A.
- Guillaume, Astrid.
- GUILLAUME, Astrid,
https://doi.org/10.3917/rma.153.0613zg
1 Les présents ouvrages sont à ajouter à la série des textes édités et traduits par le même auteur et dont différents comptes rendus ont déjà été publiés ici même [1], comptes rendus auxquels le lecteur pourra se reporter pour mieux comprendre la démarche générale de l’A.
2 Le volume 8, qui se présente sous la forme d’un dictionnaire du lexique et des rimes du discours courtois, et plus particulièrement de l’allégorie courtoise Von einer edlen Amme, est composé d’une introduction (ici accompagnée d’un bref erratum se rapportant au t. 7 publié en 1993 [2]), une liste des abréviations, deux parties (le dictionnaire (290 p.) et le dictionnaire des rimes (64p.)) et un index.
3 Dans le dictionnaire, l’A., fidèle à la présentation du Lexer, replace les occurrences en contexte avec leurs différentes graphies repérées dans les manuscrits étudiés et la référence permettant de les retrouver rapidement dans le texte d’origine, et il traduit le mot en allemand moderne. Les termes sont classés par ordre alphabétique et leur nature est précisée, exemple p. 67 : drîvaltecheit, drîveltecheit, stF, « Dreifaltigkeit », 116,4 (daz mier gott thett gelingen / durch sin hailige dryfälltigkait). Cet article permet de se familiariser avec trois graphies différentes du substantif féminin Dreifaltigkeit et de le retrouver en contexte syntaxique. Les médiévistes habitués à déchiffrer les manuscrits sauront mettre à profit cet aspect fort pratique du dictionnaire. La présentation des verbes est tout aussi pertinente, car elle permet d’en identifier rapidement les différents sens ou tournures syntaxiques en fonction de la rection du verbe, exemple p. 82 : ersaten, swV, tr. « Sättigen » a) mit Akk. b) mit Akk. und Gen., c) mit Akk. und Präp. mit. 11,4 (mit Akk. und Gen. Ich haltz ouch für min spiser, / die mich ersattent aller tugent rain) ; 122,5 (mit Akk. das er von diner würde wurd ersattet) ; 127,2 (mit Akk. und Präp. Mit : Ain amm mit guoten sitten / ist gantz und gar ersattet) ; 154,5 (mit Akk. und Gen. Das ich ersattet bin irß lobes galbes).
4 Dans le dictionnaire des rimes, les classements s’opèrent en fonction des types de rimes 1) longues, courtes ou diphtonguées en finale, 2) des voyelles/consonnes finales, 3) des syllabes finales, etc. Les paires ainsi révélées en disent long sur les intentions affichées ou pas de l’auteur médiéval en terme de choix de rimes et de lexique associé, et donc de message véhiculé. La partie sur les rimes identiques et grammaticales est également très utile pour comprendre la technique de l’art poétique de l’auteur médiéval : par exemple l’utilisation de rimes identiques avec des mots de natures différentes, un adjectif et un verbe, p. 343 : wërden (Adj.) / wërden (stV) 15,1.
5 En fin d’ouvrage se trouvent un index lexical qui permet de retrouver facilement une occurrence, et une bibliographie sélective orientée vers la lexicologie diachronique de l’allemand et ses dialectes qui sera utile en priorité aux linguistes mais également aux littéraires, car certains ouvrages concernent plus précisément le lexique de la rime courtoise dans différents contextes, langues/dialectes germaniques et époques médiévales.
6 Ce recueil présente la particularité par rapport aux précédents d’offrir en un volume la totalité du lexique lié à l’allégorie courtoise Von einer edlen Amme. L’intérêt de la démarche est d’avoir ainsi entre les mains tous les éléments lexicaux d’un seul et même texte et de pouvoir envisager aisément des approches contrastives lexicales, sémantiques et contextuelles avec d’autres textes d’époque et de genre identiques. L’utilité de cet ouvrage en matière de critique des textes est évidente, elle l’est également sur le plan de la sémantique et de la linguistique diachronique allemande, plus particulièrement de la lexicologie en allemand médiéval, domaine dans lequel peu de publications aussi exhaustives et rigoureuses paraissent aujourd’hui.
7 Le tome 11, intitulé Der Liebende und die Burg der Ehre consiste, là encore, en un dictionnaire réunissant le lexique d’un texte courtois. L’ouvrage est divisé en ses deux parties traditionnelles (dictionnaire et dictionnaire des rimes), qui répertorient les mots du texte dans le premier cas par ordre alphabétique, dans le second cas par rimes donc par binômes de suffixes subdivisés eux-mêmes en couples de mots entiers. L’introduction présente un petit erratum du tome précédent.
8 La démarche de l’A., qui est désormais bien rodée, vise à faciliter l’accès à un texte en allemand médiéval, en présentant l’ensemble des mots du texte sous la forme d’un dictionnaire, avec citations du passage numéroté par page et ligne, remis dans son environnement syntaxique et traduit en allemand moderne. Le genre et la fonction du vocable sont présentés avec son éventuelle polysémie. Avec un tel outil, l’explication de textes en allemand médiéval devient un jeu d’enfant non seulement pour n’importe quel étudiant mais également pour le néophyte germaniste passionné par les langues d’hier. En effet, les mots sont traduits précisément, et les rimes, qu’elles soient pures, impures, régulières ou non, présentées simplement si bien que même l’étudiant habituellement effrayé par la versification médiévale germanique et son lexique apparemment hermétique ne pourra que prendre plaisir à lire, comprendre et traduire les textes courtois et autres allégories du discours amoureux, l’ouvrage pouvant également être utilisé pour l’étude d’un autre texte du même genre littéraire ou pas.
9 Arrivé à la publication du tome 11, la démarche de l’A. aurait pu paraître répétitive, il n’en est rien, car pour saisir la finesse sémantique et poétique propre à un texte, le catalogage de tous les vocables apporte une autre vision du texte que l’on ne perçoit pas forcément à la lecture du texte lui-même, ce qui fait de ce nouveau volume un ouvrage tout aussi intéressant que les précédents. En effet, même si un bon nombre de mots se retrouve fatalement dans les tomes précédents, leur environnement lexical est obligatoirement différent, ce qui apporte un éclairage nouveau sur le plan sémantique et syntaxique, le sens étant particulièrement pluriel dans les langues d’hier, et plus encore dans un contexte versifié.
10 De même, les termes réunis dans le dictionnaire des rimes révèlent de nouvelles associations sémantiques subtiles qui, en plus de la rythmique poétique du vers, permettent d’entr’apercevoir des sous-entendus pluriels jaillissant du binôme ainsi présenté, binôme de vers qui peut fort bien se retrouver dans d’autres textes. Cette présentation des suffixes rimés confirme ou précise également la prononciation de certaines finales en allemand médiéval.
11 Nous continuons donc à saluer et à encourager M. M. dans son travail de bénédictin, dans son apport précieux à la lexicologie diachronique germanique en particulier et à la médiévistique en général, ainsi que l’éditeur Peter Lang dans sa politique de publication d’ouvrages de lexicologie diachronique, au premier abord réservés à un public restreint de linguistes médiévistes, mais qui de plus en plus peuvent représenter une belle invitation pour les néophytes ou passionnés des langues d’hier à côtoyer de plus près les textes anciens. Ces outils lexicaux encore trop peu nombreux sur le marché du livre sont précieux, et ce d’autant plus qu’ils sont le fruit d’un gros travail scientifique enfin accessible à tous.
12 Astrid GUILLAUME