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Compte rendu

Julia BECKER, Graf Roger I. von Sizilien. Wegbereiter des normannischen Königreichs, Tübingen, Niemeyer, 2008 ; 1 vol. in-4o, 315 p. (Bibliothek des deutschen Historischen Instituts in Rom, 117). ISBN : 978-3-484-82117-0. Prix : € 46,00.

Page XXXII

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  • Grévin, B.
(2009). Julia BECKER, Graf Roger I. von Sizilien. Wegbereiter des normannischen Königreichs, Tübingen, Niemeyer, 2008 ; 1 vol. in-4o, 315 p. (Bibliothek des deutschen Historischen Instituts in Rom, 117). ISBN : 978-3-484-82117-0. Prix : € 46,00. Le Moyen Age, Tome CXV(3), XXXII-XXXII. https://doi.org/10.3917/rma.153.0613zf.

  • Grévin, Benoît.
« Julia BECKER, Graf Roger I. von Sizilien. Wegbereiter des normannischen Königreichs, Tübingen, Niemeyer, 2008 ; 1 vol. in-4o, 315 p. (Bibliothek des deutschen Historischen Instituts in Rom, 117). ISBN : 978-3-484-82117-0. Prix : € 46,00. ». Le Moyen Age, 2009/3 Tome CXV, 2009. p.XXXII-XXXII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2009-3-page-XXXII?lang=fr.

  • GRÉVIN, Benoît,
2009. Julia BECKER, Graf Roger I. von Sizilien. Wegbereiter des normannischen Königreichs, Tübingen, Niemeyer, 2008 ; 1 vol. in-4o, 315 p. (Bibliothek des deutschen Historischen Instituts in Rom, 117). ISBN : 978-3-484-82117-0. Prix : € 46,00. Le Moyen Age, 2009/3 Tome CXV, p.XXXII-XXXII. DOI : 10.3917/rma.153.0613zf. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2009-3-page-XXXII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.153.0613zf


1 L’ouvrage de J. Becker est un essai sur le règne de Roger Ier, comte de Sicile et véritable fondateur de l’État normand de Sicile, conquis et organisé par lui à partir de bases calabraises de 1060 jusqu’à sa mort en 1101. Ce travail exemplairement mené à partir de sources parcellaires et d’interprétation délicate envisage le règne de Roger Ier sous tous ses aspects, dans une optique à la fois événementielle, socio-institutionnelle et culturelle qui affronte le problème fondamental des premières étapes de formation de l’État sicilien. Une introduction envisage d’abord l’état des sources médiévales et de l’historiographie (Einleitung : Die Rezeption Rogers I. in Quellen und Literatur, p. 1-31). Les deux parties suivantes reconstituent les premières étapes de la conquête de la Sicile (I. Anfänge der Eroberung, p. 32-37) et l’extension ultérieure de la structure de pouvoir de part et d’autre du détroit de Messine (II. Eroberung Siziliens und Politik Rogers I. gegenüber dem Festland nach 1085, p. 38-76). Un troisième chapitre examine la structuration de cette domination en voie de constitution (III. Innere Konsolidierung der Herrschaft, p. 77-129), à travers l’établissement des domaines ecclésiastiques, le contrôle de la terre et les liens institutionnels et féodaux entre le comte et ses différents homines : nobles normands, officiers grecs, aristocrates musulmans siciliens passés au service comtal. Les quatrième et cinquième chapitres examinent les relations entre le comte et la papauté (IV. Der sizilische Graf und das Papstum, p. 130-159), et sa politique ecclésiastique et monastique (V. Die Kirchen- und Kosterpolitik Rogers I., p. 159-217). Un sixième chapitre tente de réfléchir sur l’embryon de système de représentation mis en place par les comtes en le mettant en relation avec l’établissement d’une politique extérieure (VI. Herrschaftsrepräsentation und auswärtige Beziehungen, p. 218- 226). Enfin, un chapitre conclusif sur la régence d’Adelasia et l’héritage de Roger Ier (VII. Das Erbe Rogers I., p. 227-235) est suivi d’un épilogue, d’un résumé en langue italienne, d’utiles regestes des actes de Roger Ier conservés (p. 245-259 : dates, destinataires, résumé, lieu de conservation, authenticité, édition), de quelques cartes, de la bibliographie et d’index.

2 De nombreux aspects du livre jettent une vive lumière sur des particularités de ce proto-État sicilien d’ordinaire négligées par la recherche, comme l’importance de Mileto en Calabre en tant que centre provisoire de sa construction politique. Peut-être les considérations sur les choix opérés par les sujets musulmans du nouvel État passant au christianisme subiront-elles quelques révisions dans les prochaines années en fonction de travaux en cours éclairant les pratiques culturelles et cultuelles de ceux qu’on a parfois appelé les Mozarabes de Sicile. La seule correction, ponctuelle, qu’on suggérera pour l’heure, concerne une interprétation du terme latine lingue inséré dans le constitutum émis par l’abbé Ambrosius pour réglementer l’installation de coloni dans le diocèse de Patti. Latine lingue ne doit pas être pris ici comme une exigence de connaître le latin, comme on le suggère p. 198. Le terme renvoie à coup sûr à la population de langue romane, par opposition à la population arabophone ou hellénophone. C’est encore le cas au XVe siècle quand on parle de Siciliens servant d’interprètes pour des immigrants juifs maghrébins nolentes latine loqui. Or la spécification dans certaines sources ecclésiastiques de cette haute époque que des colons doivent être exclusivement latini est importante.

3 Concluons : ce travail dense et rigoureux comble un vide en devenant pour longtemps la référence sur le règne du premier souverain normand de Sicile.

4 Benoît GRÉVIN


Date de mise en ligne : 22/03/2010

https://doi.org/10.3917/rma.153.0613zf