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La réorientation du paysage canonial en Flandre et le pouvoir des évêques, comtes et nobles (XIe siècle-première moitié du XIIe siècle)

Pages 111 à 134

Citer cet article


  • Meijns, B.
(2006). La réorientation du paysage canonial en Flandre et le pouvoir des évêques, comtes et nobles (XIe siècle-première moitié du XIIe siècle) Le Moyen Age, Tome CXII(1), 111-134. https://doi.org/10.3917/rma.121.0111.

  • Meijns, Brigitte.
« La réorientation du paysage canonial en Flandre et le pouvoir des évêques, comtes et nobles (XIe siècle-première moitié du XIIe siècle) ». Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, 2006. p.111-134. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-111?lang=fr.

  • MEIJNS, Brigitte,
2006. La réorientation du paysage canonial en Flandre et le pouvoir des évêques, comtes et nobles (XIe siècle-première moitié du XIIe siècle) Le Moyen Age, 2006/1 Tome CXII, p.111-134. DOI : 10.3917/rma.121.0111. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2006-1-page-111?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.121.0111


Notes

  • [1]
    Je remercie vivement Messieurs J. GOOSSENS, Professeur à la K.U.Leuven, et M. PARISSE, Professeur émérite de l’Université de Paris I–Panthéon-Sorbonne, pour leur lecture attentive de cet article et pour leurs pertinentes observations.
  • [2]
    Cf. B. MEIJNS, Aken of Jeruzalem ? Het ontstaan en de hervorming van de kanonikale instellingen in Vlaanderen tot circa 1155, 2 vol., Louvain, 2000; ID., L’ordre canonial dans le comté de Flandre jusqu’en 1155. Typologie, chronologie et quelques lignes de force de l’histoire de fondation et de réforme, Revue d’Histoire ecclésiastique, t. 97,2002, p. 5-58 ; G. DECLERCQ, Sekuliere kapittels in Vlaanderen, 10de -begin 13de eeuw, De Leiegouw. Kongreshandelingen, t. 28,1986, p. 235-242.
  • [3]
    Comme délimitation territoriale, j’ai opté dans cette étude pour le comté de Flandre au sens large, à savoir la Flandre royale et impériale mais aussi les régions dépendantes ou non, comme les comtés de Boulogne, Guînes, Ternois/Saint-Pol, Hesdin, Lens, les grandes seigneuries haut-justicières (comme entre autres Béthune et Lillers), l’Ostrevant et l’Artois.
  • [4]
    A. BORETIUS, Capitularia regum francorum, M.G.H., Legum, Sectio II, t. 1, Hanovre, 1883, p. 307-421. Cf. la synthèse récente, avec d’excellents renvois bibliographiques, de G.P. MARCHAL, Was war das weltliche Kanonikerinstitut im Mittelalter. Dom- und Kollegiatstifte : eine Einführung und eine neue Perspektive, Revue d’Histoire ecclésiastique, t. 94,1999, p. 761-807 et t. 95,2000, p. 7-52.
  • [5]
    Ch. DEREINE, Art. Chanoines, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 12, Paris, 1953, col. 375-404; J. CHÂTILLON, La crise de l’Église aux XIe et XIIe siècles et les origines des grandes fédérations canoniales, Revue d’Histoire de la Spiritualité, t. 53,1977, p. 3-45.
  • [6]
    J. CHÂTILLON, Les traits essentiels de l’idéal des premiers chanoines réguliers et leur signification dans l’Église d’aujourd’hui, Ordo canonicus, series altera, t. 1,1978, p. 104-117 ; J. LECLERCQ, La spiritualité des chanoines réguliers, La vita comune del clero nei secoli XI e XII. Atti della Settimana di Studio, Mendola, settembre 1959, Miscellanea del centro di studi medioevali, t. 3, Milan, 1962, p. 117-141; G. CONSTABLE, The Reformation of the Twelfth Century, Cambridge, 1996, p. 125-167.
  • [7]
    DECLERCQ, op. cit., p. 239-241 ; MEIJNS, Aken of Jeruzalem ?, p. 900-913.
  • [8]
    MEIJNS, op. cit., p. 101-153 et 213-280.
  • [9]
    A.C.F. KOCH, Het graafschap Vlaanderen van de negende eeuw tot 1070, Algemene Geschiedenis der Nederlanden, t. 1, Haarlem, 1981, p. 354-383 ; A. VERHULST, Art. Flandern. Grafschaft, Lexikon des Mittelalters, t. 4, Munich-Zurich, 1989, col. 514-532, avec des renvois à la littérature relative à ce sujet.
  • [10]
    DECLERCQ, op. cit., p. 235-238 ; MEIJNS, op. cit., p. 632-636.
  • [11]
    Il s’agit des collégiales de Bergues-Saint-Winoc (vers 1024), Oudenburg (1090), Lucheux (1095), Bornem (1120), Pas-en-Artois (1138), Albert (1138), Kemzeke (avant 1140), Houdain (vers 1140), Petegem-sur-l’Escaut (1144) et Ardres (1144).
  • [12]
    Seuls les chapitres séculiers transformés à Mont-Saint-Éloi, à Voormezele (près d’Ypres) et à Saint-Martin d’Ypres continuèrent à suivre une voie autonome. Onze collégiales s’affilièrent à l’ordre d’Arrouaise, dont l’abbaye-mère était également située dans ce champ de recherche, à savoir Notre-Dame à Boulogne (1129) et Saint-Wulmer de Boulogne (1132), Saint-Jean-Baptiste à Chocques (1137-1142), Saint-Calixte à Cysoing (1132), Saint-Jean l’Évangéliste à Doudeauville (1139-1142), Notre-Dame à Hénin-Liétard (1123), Sainte-Bertille à Maroeuil (1138), Saint-Christophe à Phalempin (1141-1146), Sainte-Marie-au-Bois à Ruisseauville (1127), Saints-Pierre-et-Paul à Warneton (1138) et Notre-Dame à Zonnebeke (1139-1142). Six collégiales adhérèrent à l’ordre de Prémontré : Notre-Dame à Licques (1132), Saints-Corneille-et-Cyprien à Ninove (1138), Saint-Martin à Château-l’Abbaye (1155) et Notre-Dame à Tronchiennes (1138) comme abbayes indépendantes, et les collégiales de Nevele (1145) et de Liedekerke (1146), comme prieurés respectivement de Tronchiennes et de Ninove.
  • [13]
    À propos du problème de la vie commune chez les chanoines séculiers en Flandre, cf. G.A. DECLERCQ, Het kapittel van Harelbeke in de 11de en 12de eeuw. Een bijdrage tot de studie van de vita canonica in Vlaanderen, Sacris Erudiri, t. 29,1986, p. 269-312.
  • [14]
    DEREINE, op. cit, col. 381-382.
  • [15]
    MEIJNS, op. cit., p. 902-903.
  • [16]
    Outre l’abbaye brabançonne d’Affligem (Bornem), l’abbaye gantoise de Saint-Pierre (Kemzeke) et l’abbaye de La Capelle (Ardres) dans le comté de Boulogne, les abbayes de Saint-Thierry (Petegem) et de Saint-Remi de Reims (Houdain), l’abbaye bourguignonne de Molesme (Lucheux) et l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs (Pas-en-Artois et Albert) acquirent de cette manière un prieuré en Flandre.
  • [17]
    Cf. V.H. GALBRAITH, Monastic Foundation Charters of the Eleventh and Twelfth Centuries, Cambridge historical Journal, t.4,1934, p.205-222 ; A.G. REMENSNYDER, Remembering Kings Past. Monastic Foundation Legends in Medieval Southern France, Ithaca-Londres, 1995, p. 20.
  • [18]
    P. RUYFFELAERE, Les historiae fundationum monasteriorum et leurs sources orales au XIIe siècle, Sacris Erudiri, t. 29,1986, p. 233-247; J. KASTNER, Historiae fundationum monasteriorum : Frühformen monastischer Institutionsgeschichtsschreibung im Mittelalter, Munich, 1974; CONSTABLE, op. cit., p. 37 ; St. VANDERPUTTEN, Sociale perceptie en maatschappelijke positionering in de middeleeuwse monastieke historiografie (8ste-15de eeuw), Bruxelles, 2001, p. 119-156.
  • [19]
    Chronica monasterii Watinensis, éd. O. HOLDER-EGGER, M.G.H., SS., t. 14, p. 171. Cf. B. MEIJNS, De pauperes Christi van Watten. De moeizame beginjaren van de eerste gemeenschap van reguliere kanunniken in Vlaanderen (voor 1072-ca 1100), Jaarboek voor middeleeuwse Geschiedenis, t. 3,2000, p. 44-91.
  • [20]
    En 1066, l’évêque Liébert avait déjà introduit la vie commune dans le chapitre de Saint-Aubert à Cambrai, qui, jusque là, avait été desservi par des chanoines séculiers. É. DE MOREAU, Histoire de l’Église en Belgique, t. 2, Bruxelles, 1945-1952, p. 21-25; H. PLATELLE, Art. Liberto, vescovo di Cambrai, Bibliotheca sanctorum, t. 8, Rome, 1967, col. 28-29 ; R. SCHIEFFER, Art. Lietbert, Bischof von Cambrai, Neue deutsche Biographie, t. 14, Berlin, 1985, p. 542.
  • [21]
    MEIJNS, Aken of Jeruzalem ?, p. 726-728.
  • [22]
    B.M. TOCK, Les Chartes des évêques d’Arras (1093-1203), Paris, 1991, p. XXXIII-XXXIV ; N. HUYGHEBAERT, Art. Lambert de Guînes, Catholicisme. Hier-Aujourd’hui-Demain, t. 6, Paris, 1967, col. 1693-1694.
  • [23]
    Cf. GAUTIER DE THÉROUANNE, Vita Iohannis episcopi Teruanensis, éd. O. HOLDER - EGGER, M.G.H., SS., t. 15,2, p. 1117-1125; DE MOREAU, op. cit., t.1, p. 110-114; W. SIMONS, Jan van Waasten en de Gregoriaanse hervorming, Les Pays-Bas français, t. 11, 1986, p. 191-213 ; H. PLATELLE, Art. Jean de Warneton, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 27, Paris, 1999, col. 796-798.
  • [24]
    H. SPROEMBERG, Beiträge zur Französisch-Flandrischen Geschichte : Alvisus, Abt von Anchin, Berlin, 1931; H. DUBRULLE, Art. Alvise, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 2, Paris, 1914, col. 899-900; J.P. GERZAGUET, L’abbaye d’Anchin de sa fondation (1079) au XIVe siècle. Essor, vie et rayonnement d’une grande communauté bénédictine, Villeneuve d’Ascq, 1997, p. 83-88.
  • [25]
    F. PETIT, Milon de Sélincourt, évêque de Thérouanne, Analecta Praemonstratensia, t. 48,1972, p. 72-93; MEIJNS, op. cit., p. 871-872.
  • [26]
    TOCK, op. cit., p. XXXVII-XXXVIII; N. HUYGHEBAERT, Art. Godescalc, évêque d’Arras, Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 21, Paris, 1986, col. 417-419
  • [27]
    Ch. DEREINE, Odon de Tournai et la crise du cénobitisme au XIe siècle, Revue du Moyen Âge latin, t. 4,1948, p. 137-154; A. D’HAENENS, Moines et clercs à Tournai au début du XIIe siècle, La Vita comune, p. 90-103 ; J. PYCKE, Le chapitre cathédral Notre-Dame de Tournai de la fin du XIe à la fin du XIIIe siècle. Son organisation, sa vie, ses membres, Louvain-la-Neuve-Bruxelles, 1986, p. 108-115.
  • [28]
    PYCKE, op. cit., p. 111-112 ; Ch. DEREINE, Les chanoines réguliers au diocèse de Liège avant saint Norbert, Bruxelles, 1952, p. 184-195; D’HAENENS, op. cit., p. 99-100.
  • [29]
    Cf. Fundatio monasterii S. Nicolai de Pratis Tornacensis, éd. O. HOLDER-EGGER, M.G.H., SS., t. 25, p. 1112-1117; J. VOS, L’abbaye de Saint-Médard ou de Saint-Nicolas-des-Prés, près de Tournai, Tournai, 1873-1879, p. XII, 6, n°1.
  • [30]
    J. PYCKE, Répertoire biographique des chanoines de Notre-Dame de Tournai 1080-1300, Bruxelles, 1988, p. 102-103, n°69; MEIJNS, op. cit., p. 809-813.
  • [31]
    Chronica monasterii Watinensis, p. 165; MEIJNS, De pauperes Christi van Watten, p. 51-53.
  • [32]
    L. MILIS, L’ordre des chanoines réguliers d’Arrouaise. Son histoire et son organisation de la fondation de l’abbaye-mère (vers 1090) à la fin des chapitres annuels, Bruges, 1969, p. 94-95 ; L. MILIS, Art. Cono di Preneste, Dizionario degli Istituti di perfezione, t. 2, Rome, 1975, col.1604-1606 ; L. MILIS, Art. Heldemarus, Nationaal Biografisch Woordenboek, t. 2, Bruxelles, 1966, col. 309-310.
  • [33]
    ID., Art. Gervasio, Dizionario degli Istituti di perfezione, t.4, Rome, 1977, col. 1113-1114; ID., Art. Gervasius, Nationaal Biografisch Woordenboek, t. 2, Bruxelles, 1968, col. 347-349.
  • [34]
    I. DE COUSSEMAKER, Cartulaire de l’abbaye de Cysoing, Lille, 1890, p. 14-15. Cette information provient de l’Eulogium, un texte qui ne fut toutefois sans doute rédigé qu’après le décès du premier abbé, Anselme, en 1181.
  • [35]
    Het mirakelboek en de Stichtingsgeschiedenis van de Ninoofse Abdij. Liber miraculorum sancti Cornelii Ninivensis, Historia fundationis Ninivensis abbatiae, De Boete, éd. A.J. BIJSTERVELD et D. VAN DE PERRE, Louvain, 2001, p. 33-36.
  • [36]
    F. VAN DE PUTTE et C. CARTON, Chronicon Vormeselense, Bruges, 1900, p. 31, n°IX.
  • [37]
    MEIJNS, De pauperes Christi van Watten, p 63-69.
  • [38]
    Ils ne donnèrent leur consentement qu’après le règlement des droits funéraires. Quelques années plus tard, lorsque le fondateur Odon quitta la communauté, les chanoines tentèrent à nouveau leur chance en prétendant que Saint-Martin n’était pas une abbaye autonome, mais bien une capella dépendant du chapitre cathédral. Odon, qui était devenu entre-temps évêque de Cambrai, fit appel au pape Pascal II afin d’obtenir une confirmation du statut abbatial. Ce n’est qu’en 1108 que le rapport entre les chanoines et les moines fut définitivement réglé. HÉRIMAN DE TOURNAI, Liber de restauratione monasterii Sancti Martini Tornacensis, éd. G. WAITZ, M.G.H., SS., t. 14, p. 279 et 316-317; ID., The Restoration of the Monastery of Saint Martin of Tournai, éd. L.H. NELSON, Washington, 1996, p. 26 et 121-127; cf. D’HAENENS, op. cit., 98-99.
  • [39]
    DE COUSSEMAKER, op. cit., p. 15, n°IX (Eulogium) et 16, n°XI (lettre).
  • [40]
    Le couple était sans enfants. Fundatio monasterii Nicolai, p. 1114.
  • [41]
    Chronica monasterii Watinensis, p. 167.
  • [42]
    GAUTIER D’ARROUAISE, Fundatio monasterii Arroasiensis, éd. O. HOLDER-EGGER, M.G.H., SS., t. 15,2, p. 1119.
  • [43]
    Mention explicite du consentement des seigneurs locaux à Hénin (1123), Chocques (1120 et 1138), Warneton (1138), Ninove (1138), Tronchiennes (1138), Pas-en-Artois (1138), Houdain (1142) et Château-l’Abbaye (1155). MEIJNS, Aken of Jeruzalem ?, p. 936.
  • [44]
    A. ROBERT, Histoire de l’abbaye de Chocques. Ordre de Saint-Augustin, au diocèse de Saint-Omer, Bulletin de Société des Antiquaires de la Morinie, t. 15,1876, p. 535-539, n°V ; MILIS, L’ordre des chanoines réguliers d’Arrouaise, p. 150.
  • [45]
    E. DE MARNEFFE, Cartulaire de l’abbaye d’Affligem, Bruxelles, 1894, p. 40, n°21 et p. 54, n°30.
  • [46]
    MEIJNS, op. cit., p. 872-876 et 927-928.
  • [47]
    J.M. DUVOSQUEL, Abbaye des Saints-Pierre-et-Paul, à Warneton, Monasticon Belge, III, Province de Flandre occidentale, t. 3, Liège, 1974, p. 821-822 ; MEIJNS, op. cit., p. 843-844.
  • [48]
    T. LEURIDAN, Notice historique sur l’abbaye de Saint-Christophe de Phalempin, Roubaix, 1905, p. 15-19.
  • [49]
    MEIJNS, De pauperes Christi van Watten, p. 60-6; N. HUYGHEBAERT, Adela van Frankrijk, gravin van Vlaanderen, stichteres van de abdij van Mesen (ca 1017-1079), Iepers Kwartier, t. 15,1979, p. 66-132.
  • [50]
    P. CALLEBERT, Ontstaan en vroegste geschiedenis van het kapittel te Eversam (1091-1200), Handelingen van het Genootschap voor Geschiedenis te Brugge, t. 107,1970, p. 174-182.
  • [51]
    Th. DE HEMPTINNE, Art. Clementia van Bourgondië, Nationaal Biografisch Woordenboek, t. 9, Bruxelles, 1981, col. 148-150 ; DE MARNEFFE, op. cit., p. 57, n°32.
  • [52]
    N. HUYGHEBAERT, La mère de Godefroid de Bouillon : la comtesse Ide de Boulogne, La maison d’Ardenne Xe -XIe siècles. Publications de la Section historique de l’Institut grand-ducal de Luxembourg, t. 95,1981, p. 43-57; R. NIP, Godelieve of Gistel and Ida of Boulogne, Sanctity and Motherhood, éd. A.B. MULDER-BAKKER, New York, 1995, p. 191-223.
  • [53]
    […] clericorum sive canonicorum in eadem ecclesia servientium negligentia: LAMBERT D’ARDRES, Historia comitum Ghisnensium, éd. J. HELLER, M.G.H., SS., t.24, p. 631.
  • [54]
    […] ecclesia Albiniacensis clericorum secularium incuria pessundata et religionis vigore destituta : TOCK, op. cit., p. 111-112, n°97.
  • [55]
    […] canonicus in ea nullo modo ordo teneretur […] : A. MIRAEUS et J.F. FOPPENS, Opera Diplomatica et historica, t. 3, Louvain, 1734, p. 316 ; […] ordine penitus adnullato […] : DE MARNEFFE, op cit., p. 53-55, n°30.
  • [56]
    La première partie de cette chronique abbatiale sommaire est intitulée Quomodo Alvisus episcopus Atrebatensis restauravit hanc ecclesiam. P. BERTIN, La Chronique et les chartes de l’abbaye de Maroeuil, Lille, 1959, p. 7-8,31-33 et 58-62.
  • [57]
    […] ecclesiam de Pas […] acthenus sub manu laica ancillatam : TOCK, op. cit., p. 81, n°64.
  • [58]
    […] ecclesiam de Hosden actenus sub manu laica ancillatam : Ibid., p. 96, n°80.
  • [59]
    J. DEPOIN, Recueil des chartes et documents de Saint-Martin-des-Champs, monastère parisien, t. 2, Chevetogne-Paris, 1912, p. 100-101, n°244.
  • [60]
    […] quia eadem ecclesia sub laica potestate diu languerat et tanto depressa jugo exurgere nequaquam poterat : TOCK, op cit., p. 111, n°97.
  • [61]
    […] sed postmodum instinctu diaboli, guerris et dissentionibus dominorum ingruentibus praedicta ecclesia pene funditus destructa fuerat, et religio adnullata : ROBERT, op. cit., p. 535; Olim quidem in loco eodem, ordo fuerat canonicus institutus : sed guerris supervenientibus, tanta pauperitatis inopia coartatus est: DE MARNEFFE, op cit., p.57, n°32.
  • [62]
    Il s’agit des communautés de Watten (1072), Mont-Saint-Éloi (avant 1074-1076), Eversam (1091), Lo (1093), Arrouaise, l’abbaye-mère de l’ordre du même nom (1097), Voormezele (1100), Eaucourt (1101) et Ypres (1102).
  • [63]
    MEIJNS, Aken of Jeruzalem ?, p. 824-825.
  • [64]
    CONSTABLE, op. cit., p. 42 et 58.
  • [65]
    MARCHAL, Was war das weltliche Kanonikerinstitut, p.47-52; P. MORAW, Über Typologie, Chronologie und Geographie der Stiftskirche im Deutschen Mittelalter, Untersuchungen zu Kloster und Stift, Göttingen, 1980, p. 24-28 et 36 ; MEIJNS, op. cit., p. 632-639, avec des renvois à la littérature relative à ce sujet.
  • [66]
    G. STREICH, Burg und Kirche während des deutschen Mittelalters. Untersuchungen zur Sakraltopographie von Pfalzen, Burgen und Herrensitzen, Sigmaringen, 1984, p. 343.
  • [67]
    Cf. A. FLICHE, La réforme Grégorienne, 2 vol., Louvain, 1924-1937 ; G. TELLENBACH, The Church in Western Europe from the tenth to the early twelfth century, Cambridge, 1993, p. 135-252 ; L. MILIS, De Kerk tussen de Gregoriaanse hervorming en Avignon, Algemene Geschiedenis der Nederlanden, t. 2, Haarlem, 1982, p. 166-168.
  • [68]
    […] nihil juris vel potestatis in ea absque ulla contradictione michi reservans, nisi hoc tantum ut ego et posteri mei preposituram daremus […]. F. VERCAUTEREN, Actes des comtes de Flandre, 1071-1128, Bruxelles, 1938, p. 20, n°7.
  • [69]
    […] solum post canonicam et liberam electionem canonicorum de preposito assensum meisque posteris reservans. Ibid., p. 30, n°9.
  • [70]
    E. HAUTCOEUR, Cartulaire de l’église collégiale de Saint Pierre de Lille, Lille-Paris, 1894, p. 2-7, n°2 ; VERCAUTEREN, op. cit., p. 16-19, n°6.
  • [71]
    Prepositus nullus in supradicta ecclesia constituatur nisi canonicorum electione. M. PROU, Recueil des actes de Philippe Ier, roi de France (1059-1108), Paris, 1908, p.210, n°LXXXI.
  • [72]
    Attribuo etiam canonicis hanc libertatem ut, preposito suo decedente, secundum Deum sine alicujus potestatis gravamine, alium ubi sibi placuerit eligant. Ibid., p.184, n°LXXII.
  • [73]
    De ordinando [vero preposito in eodem loco], hoc apostol[ica auctoritate sancimus, ut nullus ibi presumat quemquam preponere contra canonicam regulam, sed defuncto preposito uno, congregatio eligat, uel de eadem congregatione, si ibi idoneus inuentus fuerit, uel de alia, quam potiorem uite meritum commendauerit, iuxta canonicam regulam]. M. GYSSELING et A.C.F. KOCH, Diplomata Belgica ante annum millesimum centesimum scripta, Bruxelles, 1950, p. 264, n°155.
  • [74]
    J. FERRANT, Esquisse historique sur le culte et les reliques de Saint-Bertulphe de Renty en l’église d’Harelbeke, Annales de la Société d’Émulation de Bruges, t. 48,1898, p. 71, n°2.
  • [75]
    […] ut sicut Aquensis abbacia Karoli magni institutione et largitione fundata a dominatione Leo[d]icensis episcopi est libera, et sicut sancti Medardi abbacia ab episcopo Suessionensi manet quieta, necnon et sancti Martini ab archiepiscopo Turonensi, ita et ista ab episcopo Nouiomensi. GYSSELING et KOCH, op. cit., p. 263, n°154.
  • [76]
    Drogon de Thérouanne pour Zonnebeke, 1072 (GYSSELING et KOCH, op. cit., p. 283, n°165); Radbod II de Noyon-Tournai pour Petegem, le 13 mars 1082 (J. KETELE, Recherches historiques sur l’abbaye de Sainte-Claire de Beaulieu à Peteghem, près d’Audenarde, Messager des Sciences et des Arts de Belgique, t. 4,1838, p.396-398); Gérard II de Cambrai-Arras pour Liedekerke, 1091 n. st. (GYSSELING et KOCH, op. cit., p. 218-219, n°127); Baudry de Noyon-Tournai pour l’église Notre-Dame à Bruges, le 31 mars 1101 (J. GAILLARD, Inscriptions funéraires et monumentales de la Flandre occidentale, t. 1,2, Bruges, 1866, p. VII) ; Baudry de Noyon-Tournai pour Landas, 1105 (TOURNAI, Archives du Chapitre cathédral, non coté); Lambert de Noyon-Tournai pour Kemzeke, 1117 (A. VAN LOKEREN, Chartes et documents de l’abbaye de Saint-Pierre au Mont-Blandin à Gand (630-1599), t. 1, Gand, 1868-1871, p. 119-120, n°180).
  • [77]
    Electionem autem eius qui preferendus est eiusdem loci fratribus et domino concessi, ita tamen ut nullo modo neque prebende neque prepositura uendatur aut comparetur. GYSSELING et KOCH, op. cit., p. 282, n°164.
  • [78]
    VERCAUTEREN, op. cit., p. 34, n°10.
  • [79]
    LAMBERT D’ARDRES, op. cit., p. 580-581 et 631.
  • [80]
    Obeunte autem te, nunc ejusdem loci abbate, nullus ibi seculari potentia, vel aliqua surreptionis astutia, intrudatur, nisi quem concors sibi congregatio, vel pars consilii sanioris elegerit […]. ROBERT, op. cit., p. 533.
  • [81]
    La lettre doit se situer dans les années 1135-1137. L. D’ACHERY, Spicilegium sive collectio veterum aliquot scriptorum qui in Galliae bibliothecis delituerant, t. 3, Paris, 1723, p. 485 ; E. WARLOP, Wanneer vestigden de monniken van Sint-Diederik bij Reims zich te Petegem, Handelingen van de Geschied- en Oudheidkundige Kring van Oudenaarde, van zijn Kastelnij en van den Landen tusschen Maercke en Ronne, t. 15,2,1967, p. 389-413; MEIJNS, op. cit., p. 644-646 et 890-891.
  • [82]
    KETELE, op. cit., p. 396-398.
  • [83]
    Th. GOUSSET, Les actes de la province ecclésiastique de Reims, t. 2, Reims, 1843, p.206
  • [84]
    MEIJNS, op. cit., p. 762-767.
  • [85]
    Cf. la charte de l’évêque Milon Ier de Thérouanne de 113 : Gallia Christiana, t. 10, col. 399 ; MILIS, op. cit., p. 201; MEIJNS, op. cit., p. 829-830.
  • [86]
    É. BROUETTE, Le cartulaire du prieuré d’Aubigny, Augustiniana, t. 12,1962, p. 504 (acte de l’archevêque Samson de Reims, 1157-1159) ; Th. DE HEMPTINNE et A. VERHULST, De oorkonden der graven van Vlaanderen (juli 1128-september 1191), t.2, Uitgave, vol. 1, Regering van Diederik van de Elzas (Juli 1128-17 januari 1168), Bruxelles, 1988, p. 281-282, n°178.
  • [87]
    DEPOIN, op. cit, t. 2, p. 139, n°345.
  • [88]
    DE COUSSEMAKER, op. cit., p. 16, n°11.
  • [89]
    Mirakelboek, p. 16-17.
  • [90]
    Et aggregatis uxoribus suis et filiis, quidquid in ipsa ecclesia juris habere videbantur, in manu nostras unanimiter reddiderunt. ROBERT, op. cit., p. 533.
  • [91]
    MEIJNS, op. cit., p. 298-325 (Bruges), 332-341 (Furnes) et 362-382 (Douai).
  • [92]
    MEIJNS, op. cit., p.436-439 (Saint-André), 471-492 (Harelbeke, Lille, Aire, Messines) et 525-531 (Torhout et Cassel).
  • [93]
    MEIJNS, op. cit., p. 390-396 (Lens), 504-506 (Saint-Pol) et 549-551 (Hesdin) ; J.Fr. NIEUS, Un pouvoir comtal entre Flandre et France. Saint-Pol, 1000-1300. Bruxelles, 2004, p. 51,56,194-205,311-314.
  • [94]
    J. DHONDT, Recherches sur l’histoire du Boulonnais et de l’Artois au Xe et Xe siècles, Le Moyen Âge, t. 52,1946, p. 96-130; P. FEUCHÈRE, Les castra et les noyaux préurbains en Artois du IXe au XIe siècles, Arras, 1949; VERHULST, Flandern, col. 515-516; KOCH, Graafschap Vlaanderen, p. 370-383.
  • [95]
    MEIJNS, op. cit., p. 443-447,502-504 (Béthune) et 496-499 (Lillers).
  • [96]
    Ibid., p. 499-502.
  • [97]
    Ibid., p. 564-566 (Termonde) et 593-595 (Comines-France).
  • [98]
    Ibid., p. 234- 242 (Saint-Pierre d’Arras), 542-549 (Notre-Dame à Bruges), 218-233 (Notre-Dame à Saint-Omer), 101-105 (Seclin), 256-265 (Renaix). Les églises collégiales à Saint-Omer, à Seclin et à Renaix abritaient respectivement les reliques de l’évêque saint Omer († après 667), de saint Piat qui aurait converti la région de Tournai à la fin du IIIe siècle et au début du IVe siècle et du martyr romain Hermès (†116).
  • [99]
    Entre autres des donations et protection à Watten : VERCAUTEREN, op. cit., p. 1-3, n°1 (Robert Ier, le 8 juin 1072) et 38-41, n°12 (Robert II, 1093) ; idem à Eversam : Ibid., p. 96-97, n°32 (Robert II, 1105). Pour la protection des comtesses, cf. supra.
  • [100]
    Interventions comtales à Hénin (VERCAUTEREN, op. cit., p. 257-259, n°112 : Charles le Bon, le 11 décembre 1123), Zalegem (DE HEMPTINNE et VERHULST, op. cit., p. 59-61, n°20 : Thierry d’Alsace, 1136), Tronchiennes (Ibid., p. 81-82, n°45, Thierry d’Alsace, 1138), Warneton (Ibid., p. 79-80, n°44 : Thierry d’Alsace, 1138), Aubigny (Ibid., p. 164-165, n°101 : Thierry d’Alsace, 1141-1147) et Houdain (Ibid., p. 168-170, n°124 : Thierry d’Alsace, 1145-1147).
  • [101]
    MEIJNS, op. cit., p. 762-767,829 et 844-845 (Saint-Wulmer) et p. 818-821 (Notre-Dame).
  • [102]
    Notum igitur facimus […] quod Eustachius bonae memoriae comes Boloniensium, quae in periculo animae suae tenuerat, divino instinctu Deo, ad salutem iterum obtulit. Quia enim sancti laicos quamvis religiosos aliquid de facultatibus ecclesie disponere vetuerunt, & praesumptores districto anathematis vinculo innodare consueverunt, praedictus comes Eustachius hujus discriminis jus omne quod in ecclesia sancti Wlmari habebat […] super altare manu propria obtulit, & ut ab hoc crimine absolveretur multa cum supplicatione impetravit. Gallia Christiana, t. 10, col. 399-400.
  • [103]
    LAMBERT D’ARDRES, op. cit., p. 630.
  • [104]
    CONSTABLE, op. cit., p. 55-56.
  • [105]
    LAMBERT D’ARDRES, op. cit., p. 632-633.
Français

En 1155, le comté de Flandre comptait 57 communautés de chanoines. 24 d’entre elles hébergeaient des chanoines séculiers supposés suivre la « Règle d’Aix » modérée de 816. Quant aux 33 autres communautés canoniales, elles naquirent dans l’esprit du mouvement de réforme canonial du XIe siècle. Ces chanoines réguliers essayèrent de mettre en pratique la vie apostolique en vivant dans la pauvreté, la communauté et la chasteté complètes. La situation telle qu’elle se présentait en 1155 résulta toutefois d’un remarquable remembrement du paysage canonial. En effet, à partir de la dernière décennie du XIe siècle, une réorganisation radicale s’opéra au sein des nombreux chapitres séculiers. Parmi les 55 chapitres séculiers fondés avant 1155, 31 se reconvertirent vers un mode de vie plus sévère. Dix optèrent pour l’ordre monastique, comme prieuré d’abbayes bénédictines ou comme abbaye indépendante. Les 21 chapitres restants se tournèrent, durant la même période, vers le pendant régulier de l’ordre canonial et adhérèrent – à trois exceptions près – à l’une des congrégations canoniales qui connaissaient alors un grand succès en Flandre : Arrouaise ou Prémontré. Les sources, la plupart d’entre elles étant des chartes et quelques-unes des sources narratives, expliquent peut-être ce fait par l’énorme attrait que suscitèrent les nouvelles idées auprès des diverses couches de la société et par le besoin de restauration des chapitres séculiers existants. Certaines indications font cependant apparaître que le bouleversement radical pourrait être interprété comme une tentative volontaire de la part de l’épiscopat réformateur d’abstraire les églises collégiales de la sphère d’influence des laïcs.

Mots clés

  • ordre canonial
  • ordre monastique
  • comté de Flandre
  • évêque/épiscopat
  • chanoines

Mots-clés éditeurs : chanoines, comté de Flandre, évêque/épiscopat, ordre canonial, ordre monastique


English

The Power of Bishops, Counts and Members of the Nobility, about a new orientation in the canonical structure in Flanders (11th century-first half of the 12th century).

By 1155 there were 57 canonical communities in the county of Flanders. 24 of them housed secular canons who were supposed to adhere to the 816 Regula Aquensis while the 33 others had developed in the spirit of the 11th century reform movement. These regular canons tried to live an apostolic life of complete poverty, communality and chastity. The situation in 1155, however, resulted from a remarkable restructuring of the canonical landscape. Indeed from the last decade of the 11th century onward a radical re-organisation was implemented within the many secular chapters. Among the 55 secular chapters founded before 1155 31 converted back to a more austere way of life. Ten opted for the monastic rule as Benedictine priories or as independent abbeys. With only three exceptions the remaining 21 chapters turned to the regular counterpart of the canonical order and adhered to one of the canonical congregations that were thriving in Flanders at the time: Arrouaise or Prémontré. Sources (most of which are charters and some narrative works) may explain this development through the huge appeal that the new ideas radiated among various social layers and through the need to restore existing secular chapters. However, some clues may indicate that this radical change might be interpreted as a deliberate attempt on the part of those bishops that supported the change to substract collegiate churches from the influence of lay people.

Key-words

  • canonical order
  • monastic order
  • county of Flanders
  • bishop/bishopry
  • canons

Mots-clés éditeurs : bishop/bishopry, canonical order, canons, county of Flanders, monastic order

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