Article de revue

Le soutien public à l'économie de la vie artistique

Pages 158 à 162

Citer cet article


  • Urfalino, P.
(2006). Le soutien public à l'économie de la vie artistique. Le Débat, 142(5), 158-162. https://doi.org/10.3917/deba.142.0158.

  • Urfalino, Philippe.
« Le soutien public à l'économie de la vie artistique ». Le Débat, 2006/5 n° 142, 2006. p.158-162. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-debat-2006-5-page-158?lang=fr.

  • URFALINO, Philippe,
2006. Le soutien public à l'économie de la vie artistique. Le Débat, 2006/5 n° 142, p.158-162. DOI : 10.3917/deba.142.0158. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-debat-2006-5-page-158?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/deba.142.0158


Notes

  • [1]
    Et encore prend-elle soin d’insister sur le poids des « institutions » plutôt que de l’État : voir Raymonde Moulin, L’Artiste, l’institution et le marché, Paris, Flammarion, « Champs », 1999.
  • [2]
    L’ensemble du budget 2006 du ministère est ventilé selon trois missions : patrimoine, création, transmission des savoirs et démocratisation de la culture, chacun recevant en gros un tiers du budget. Trois orientations sont affichées pour la création : encourager la diversité et le renouvellement de la création ; rapprocher les œuvres du public en favorisant leur diffusion ; soutenir l’économie des professions et des industries culturelles. On remarquera que la démocratisation est située dans la troisième mission, la transmission, et le principal vecteur mentionné est « l’éducation artistique et culturelle ». Voir ministère de la Culture et de la Communication, Budget 2006, 28 septembre 2005.
  • [3]
    C’est une des leçons que l’on peut tirer du livre de Pierre François, Le Monde de la musique ancienne. Sociologie économique d’une innovation artistique, Paris, Economica, 2005, de la thèse d’Alice Blondel, Sociologie de la décentralisation théâtrale, Paris, ehess, 2005, ou de la recherche en cours de Patrick Germain-Thomas sur le marché de la danse contemporaine.
  • [4]
    Les onze plus importants établissements publics sous tutelle du ministère absorbent 27 % de son budget : voir kpgm/ministère de la Culture, Identification des marges de manœuvre budgétaires du budget de la Culture 2002-2006, juin 2002.
  • [5]
    Je me permets de renvoyer à mon Invention de la politique culturelle, partie IV (Paris, Hachette Pluriel, 2004).
  • [6]
    Voir la démonstration magistrale de Pierre-Michel Menger, Les Intermittents du spectacle. Sociologie d’une exception, Paris, ehess, 2005.
  • [7]
    Philippe Belaval, « Archives et République », Le Débat, n° 115, mai-août 2001 ; Marc-Olivier Baruch, Vincent Duclert, « Archives : il faut une loi, il faut une politique », Le Monde, 11 septembre 2005.

Le cœur du propos de Nathalie Heinich est au premier abord difficile à saisir tant la vocation généraliste du titre et de l’introduction contraste avec la spécialisation thématique de la quasi-totalité de son article. Elle nous invite en introduction à dresser le bilan de l’action du ministère de la Culture depuis 1981 « afin de guider l’action à venir ». Mais le reste du texte, à l’exception de quelques références très ponctuelles au théâtre, au cinéma, ou encore aux monuments historiques, ne concerne que les arts plastiques. Il faut toutefois reconnaître qu’elle se saisit de cet unique monde de l’art et des initiatives de l’État à l’aide de questions générales que l’on pourrait espérer pertinentes pour d’autres domaines de compétence du ministère de la rue de Valois. Malheureusement, la pertinence des questions et plus encore la valeur des réponses varient selon les secteurs de la vie artistique.
Ainsi, à l’appui de sa préférence pour une restriction de l’aide à la création, Nathalie Heinich affirme : « Le marché existe, qu’on le veuille ou non, et c’est en fonction de lui – et non sans lui, voire contre lui – que devrait s’orienter l’action publique. » Sans doute pourrait-on préciser qu’il existe, pour les arts plastiques, plusieurs marchés, internationaux, nationaux, régionaux, et estimer qu’il n’y a plus guère de raison pour que l’État ne soutienne que certains courants consacrés par certains marchés internationaux. Je suis d’accord avec l’auteur sur ce point ; mais il importe de saisir que cette affirmation n’a plus aucun sens quand elle est appliquée au spectacle vivant (musique sérieuse, théâtre et danse) où l’enchevêtrement, aux différentes étapes de la création et de la diffusion, des subventions publiques et des décisions décentralisées de multiples entrepreneurs de spectacle rendent caduque l’image d’un face-à-face entre des marchés et l’initiative publique…


Date de mise en ligne : 01/01/2011

https://doi.org/10.3917/deba.142.0158

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