Droit ou marché ?
Pages 153 à 157
Citer cet article
- DE SAINT PULGENT, Maryvonne,
- De Saint Pulgent, Maryvonne.
- De Saint Pulgent, M.
https://doi.org/10.3917/deba.142.0153
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- De Saint Pulgent, M.
- De Saint Pulgent, Maryvonne.
- DE SAINT PULGENT, Maryvonne,
https://doi.org/10.3917/deba.142.0153
« L’État culturel » peut-il, comme le préconise Nathalie Heinich, devenir modeste et, par suite, plus efficace ? À relire les grands auteurs qui lui ont fourni son corps de doctrine, de Jean-Jacques Rousseau en 1777 (« Puisque les beaux-arts doivent [...] servir de moyens pour accroître et assurer le bonheur des hommes, il est [...] nécessaire qu’ils pénètrent jusqu’à l’humble cabane du moindre des citoyens ») à Malraux en 1968 (« La culture, c’est ce qui permet de fonder l’homme lorsqu’il n’est plus fondé sur Dieu »), on peut sérieusement douter que la modestie fasse partie de son patrimoine génétique et que l’efficacité soit son objectif principal. Mais là n’est pas mon propos. Je voudrais seulement apporter ma contribution à l’une des questions centrales de la politique culturelle : celle du public.
L’idée qu’on se fait de la culture gouverne celle qu’on se fait de son public. Il y a une conception marchande de la culture, qui met en présence une offre culturelle composée de services (spectacles, circuits patrimoniaux, prestations d’éducation artistique) et de produits (livres, disques, films) et une demande, celle de la clientèle réelle ou potentielle de ces services ou produits. Des techniques de marketing diverses peuvent permettre de rapprocher l’offre et la demande : études de marché, publicité, mailings, tarification, etc. Si le public n’est finalement pas au rendez-vous, on adapte l’offre en conséquence et on n’en fait pas un drame. Cette problématique des publics a notamment cours aux États-Unis où, au demeurant, ce que nous appelons « culture » est dénommé « divertissement »…
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