Évaluations ministérielles de l'écriture et de la langue dans la francophonie en fin de scolarité primaire : quelles finalités ?
Pages 107 à 124
Citer cet article
- BRISSAUD, Catherine
- et LEFRANÇOIS, Pascale,
- Brissaud, Catherine.
- et al.
- Brissaud, C.
- et Lefrançois, P.
https://doi.org/10.3917/ls.148.0107
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- Brissaud, C.
- et Lefrançois, P.
- Brissaud, Catherine.
- et al.
- BRISSAUD, Catherine
- et LEFRANÇOIS, Pascale,
https://doi.org/10.3917/ls.148.0107
Notes
-
[1]
Pour la Suisse, c’est le canton de Vaud qui a été retenu, étant donné que c’est le canton francophone le plus populeux.
-
[2]
Afin de ne pas alourdir le texte, les références des épreuves sont données une seule fois. Les épreuves sont celles de 2010, sauf pour l’Ontario et le canton de Vaud, pour lesquels l’épreuve la plus récente disponible sur site Internet date respectivement de 2009 et 2008. Les références sont les suivantes : [Belgique, épreuves CEB, 2010], [Canton de Vaud, épreuve cantonale de référence, CYT6, 2008], [Ontario, cahier de l’élève 1, 6e, 2009], [France, évaluation CM2, 2010], [Nouveau-Brunswick, cadre d’évaluation 5e, 2013], [Québec, épreuve oblig. 6e, 2011].
-
[3]
Encore faut-il préciser que les élèves ont disposé d’un peu plus de temps.
-
[4]
Par exemple :
– « Dans la phrase suivante, entoure deux compléments d’objet direct (COD). Vincendon posa son paquet sur la tbale, ôta ses lunettes, les essuya longuement, se moucha, remit ses lunettes et s’approcha du feu. »
– « Dans les phrases suivantes, trouve deux compléments circonstanciels de temps et deux compléments circonstanciels de lieu et recopie-les dans le tableau ci-dessous. A/ Vincendon posa son paquet sur la table et s’avança près du feu. B/ Je fabrique des violons depuis trente ans. C/ À l’intérieur, un violon dormait dans un lit de velours vert. D/ Pendant l’ouverture du paquet, les enfants s’impatientaient. »
Ces deux questions sur la fonction grammaticale proposées en 2010 représentent un seul item. Il y a aussi des questions sur les catégories grammaticales. Par exemple, celle-ci, qui représente cinq items en 2010 : « Dans le texte suivant, trouve deux noms, deux articles, deux adjectifs qualificatifs, un pronom personnel et un pronom relatif et recopie-les dans le tableau ci-dessous. »
1 La plupart des systèmes scolaires se sont donné ou sont en train de se donner des moyens d’évaluer la maîtrise de la langue des élèves, à quelques moments charnières de leurs parcours. Pour ce faire, ils proposent des épreuves ministérielles (ou évaluations nationales) permettant de réaliser un bilan des apprentissages et jouant, à des degrés divers, un rôle certificatif. Dans le cadre de cet article, nous nous intéressons aux moyens que les différents systèmes scolaires se donnent pour évaluer les acquis des élèves dans les domaines de l’écriture et de la langue, en lien avec les programmes nationaux. La question à laquelle nous cherchons des réponses est la suivante : « Que mesure-t-on quand on mesure les performances des élèves dans le domaine de la langue de scolarisation en fin de scolarité primaire ? »
2 À l’origine de notre réflexion, la commande du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, qui, soucieux du niveau de performance des élèves québécois en langue, a cherché à établir le niveau effectif de ses propres exigences en comparaison avec celles d’autres pays ou provinces. La recherche documentaire effectuée a porté sur les épreuves utilisées dans six systèmes scolaires francophones (Québec, Nouveau-Brunswick, Ontario, France, Belgique, Suisse [1]) et trois systèmes anglophones (Québec, Nouveau-Brunswick, Ontario) à trois moments de la scolarité des élèves : la 6e année du primaire, la 2e et la 5e année du secondaire (ou les années qui s’en rapprochaient le plus). En Amérique du Nord, nous nous sommes donc intéressés à trois systèmes dans leurs volets anglophone et francophone ; en Europe, à trois systèmes francophones. 213 documents ministériels provenant des neuf systèmes scolaires ont été analysés (Lefrançois et al. 2012). Le rapport définitif a été rendu en avril 2012 ; il a été établi sur la base des épreuves de 2010. Il permet de disposer d’un instantané concernant le degré d’intégration de l’évaluation de la langue à des tâches incluant la lecture ou l’écriture de textes signifiants, à un moment où les évolutions sont nombreuses. Nous indiquerons celles qui sont intervenues depuis 2010 et qui concernent le primaire, sur lequel nous nous sommes concentrées dans ce texte.
3 Nous nous focaliserons, dans le cadre, limité, de cet article, sur les six systèmes scolaires francophones examinés, avec un peu plus de liberté de parole que dans le rapport. Nous nous concentrerons dans un premier temps sur la mise en place de ces évaluations nationales à l’école élémentaire, puis nous examinerons les choix opérés concernant les évaluations nationales obligatoires réalisées en 5e ou 6e année de scolarité primaire, à un moment charnière, permettant d’informer les enseignants du secondaire sur les compétences acquises par les élèves au primaire. Nous insisterons en conclusion sur les apports d’une telle enquête.
1. Mise en place des évaluations nationales et objectifs initiaux
4 Les évaluations nationales sont apparues à la fin des années 1980 et ont été progressivement généralisées dans la francophonie. Le descriptif succinct qui suit montre à quel point ces évaluations ont du mal à se stabiliser, notamment en Europe.
5 Au Québec, la première « épreuve obligatoire » de 6e année date de 1986. Elle est restée relativement stable depuis, malgré les changements de programme. Le dernier programme date de 2000 et a été mis en place dans le cadre de la Réforme de l’éducation, à la suite des États généraux sur l’Éducation (1996). En 2009, le Plan d’action pour l’amélioration du français à l’enseignement primaire et secondaire (PAAF) a introduit une épreuve de même nature que celle de 6e année pour la 4e année du primaire [Québec, site MELS, 2008].
6 Au Nouveau-Brunswick, l’évaluation en fin de 5e année (sur huit que dure la scolarité primaire dans cette province) date de 2007. À la suite des recommandations formulées en 1992 par la Commission sur l’excellence en éducation dans son rapport L’école à l’aube du XXIe siècle, le ministère de l’Éducation a introduit en 1994 les premières évaluations des apprentissages à des moments stratégiques, en début d’année scolaire au primaire en français et en mathématiques (4e et 8e années) dans le but de « permettre aux enseignants d’orienter leurs pratiques pédagogiques sur la base des résultats des élèves » [Nouveau-Brunswick, fondements, 2010 : 2]. En 2005, le ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick a introduit une évaluation de la lecture en fin de 2e année ; en 2006, les évaluations formatives du primaire mises en place en 1994 sont remplacées par des évaluations sommatives, désormais administrées en fin d’année. En 2007 est introduite une évaluation en lecture en 4e année et en français en 5e année ; la Direction de la mesure et de l’évaluation précise qu’elle « applique une procédure qui rend les résultats des évaluations comparables d’une année à l’autre » [Nouveau-Brunswick, fondements, 2010 : 7].
7 En Ontario, c’est l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE), organisme indépendant du gouvernement provincial, qui administre un test en lecture, en écriture et en mathématiques en 6e année du primaire pour « évaluer les connaissances et les habiletés des élèves à la fin de la 6e année. Le curriculum de l’Ontario précise les attentes et contenus d’apprentissage relatifs aux connaissances et aux habiletés devant être acquises à la fin de cette année d’études. Le test sert à déterminer dans quelle mesure les élèves atteignent ces objectifs et selon quel niveau de rendement » [Ontario, document-cadre 6e, 2007 : 5]. « L’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation est un organisme autonome qui fournit des renseignements exacts et fiables sur le rendement des élèves » lit-on sur le site du ministère [Ontario, Ministère de l’Éducation, 2013].
8 En France, avec la nouvelle loi d’orientation, les évaluations nationales ont porté sur l’ensemble de la population scolaire de CM2 à partir de 1989, alors qu’elles ne portaient auparavant que sur un panel représentatif ; jusqu’en 2001, elles ont eu lieu au début de la troisième année (cours élémentaire 2e année), de la sixième année (classe de 6e, premier niveau du collège) et de la 10e année (classe de seconde, premier niveau du lycée), le principal objectif étant à l’origine d’aider les enseignants à repérer les acquis et les difficultés éventuelles de leurs élèves pour mieux y remédier. Des modifications sont intervenues à compter de la rentrée 2002 : les évaluations diagnostiques interviennent désormais au début de la dernière année de chacun des cycles de l’école élémentaire « afin de laisser le temps suffisant pour la mise en place des aides nécessaires » [France, circulaire, 2002] ; d’autres à partir de 2006 avec la parution duSocle commun des connaissances et des compétences, publié après la nouvelle loi d’orientation de 2005 [France, site MEN, 2013a]. Avec la parution de nouveaux programmes en juin 2008, entrés en vigueur dès la rentrée 2008, un nouveau dispositif d’évaluation nationale des élèves est mis en place en 2009 en troisième année (en mai) et en cinquième année primaire (en janvier de 2009 à 2011 ; en mai à partir de 2012).
9 En Belgique, le dispositif est plus récent : mise en place en 2007, la passation du certificat d’études de base (CEB) est obligatoire pour tous les élèves de 6e année primaire (et de 1re ou 2e année différenciée de l’enseignement secondaire). Elle a reposé sur le volontariat des écoles durant les deux premières années ; elle est imposée depuis 2009. Cette évaluation certificative porte sur le français, les mathématiques, l’éveil (éveil scientifique, formation historique et géographique). Auparavant et parallèlement, une évaluation externe non certificative à visée essentiellement diagnostique avait été mise en place en 1997. Une seule discipline par an était concernée. Depuis l’année scolaire 2008-2009, ces évaluations en 2e et en 5e année primaire se font selon un plan triennal, dans une discipline bien précise chaque année (lecture/production d’écrits, mathématiques, éveil) [Belgique, épreuves non certificatives, 1994-2007].
10 En Suisse, dans le canton de Vaud, les épreuves cantonales de référence (ECR) étaient organisées en 6e année, aux mois d’octobre et de mars. À partir de 2012-2013, elles le sont désormais en mai (français et mathématiques), ainsi que celles de 2e année (français) et de 4e année (français et mathématiques), ce qui permet de les intégrer dans l’évaluation certificative destinée à orienter les élèves dans le secondaire : « Pour la première fois cette année, les résultats aux ECR de 6e année sont pris en compte à hauteur de 30 % de la note annuelle en français et en mathématiques pour la mise en voies et l’accès aux niveaux dans le degré secondaire » [Canton de Vaud, site DGEO, 2013].
2. Objectifs de ces évaluations aujourd’hui
11 Le principal objectif affiché dorénavant est de mesurer les acquis des élèves (le terme « rendement » est utilisé au Nouveau-Brunswick et en Ontario) à des moments clés et de fournir des repères et des outils de suivi des élèves, aux autorités, aux parents et au public en général. Dans le canton de Vaud par exemple, on veut « mettre à disposition des enseignant-e-s des repères extérieurs à la classe permettant de situer la progression des élèves » [Canton de Vaud, site DGEO, 2013].
12 Ces acquis sont la plupart du temps référés aux programmes : au Nouveau-Brunswick, les élèves « possèdent-ils les compétences et les connaissances décrites dans les programmes ? » ; au Québec, il s’agit d’illustrer les exigences ministérielles au regard de la compétence à écrire ; en Belgique, d’évaluer « la maîtrise de compétences définies dans les socles de compétences et les compétences et savoirs visés aux articles 16, 25 et 35 du décret du 24 juillet 1997 définissant les missions prioritaires de l’enseignement fondamental » [Belgique, décret, 2006].
13 En Belgique il s’agit aussi de permettre à chaque équipe pédagogique d’apprécier l’efficacité de son action, et en France de permettre que soient mises en œuvre « les démarches pédagogiques appropriées au sein de la classe et de l’école » et « de renforcer les compétences des élèves là où elles sont insuffisantes en mobilisant les dispositifs d’aide et d’accompagnement ».
14 Un objectif de régulation du système éducatif ou de meilleur pilotage est parfois exprimé. Dans le canton de Vaud, les ECR « ont pour but de contribuer à la qualité du système scolaire, d’harmoniser les exigences de l’enseignement dans le canton en vue d’assurer une égalité de traitement entre les élèves » [Canton de Vaud, site DGEO, 2013].
15 En France un objectif similaire était affiché sur le site du ministère en décembre 2011 : « disposer d’indicateurs fiables des acquis des élèves pour mieux piloter le système éducatif et favoriser l’égalité des chances » [France, site MENJVA, 2011]. Il a été retiré après les élections présidentielles de mai 2012. Le caractère éminemment politique de l’évaluation peut être encore illustré par le communiqué de presse du 21 mai 2012 du ministère de l’Éducation nationale : « Si ces évaluations peuvent être, localement, une aide pour le suivi par les enseignants des acquis de leurs élèves, les outils qui sont actuellement utilisés ne permettent pas une évaluation scientifiquement incontestable du système éducatif national. En conséquence, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, a décidé que les résultats de ces évaluations ne seront pas transmis à l’administration centrale cette année. Elles feront donc l’objet d’une exploitation dans les écoles pour mettre en œuvre les aides et accompagnements à prévoir pour les élèves en difficultés. Les inspecteurs de l’Éducation nationale coordonneront le suivi de ces opérations pour aider les écoles dans la réalisation et l’exploitation des évaluations » [France, site MEN, 2012a]. Le gouvernement de François Hollande tient de toute évidence à se démarquer de l’ancien ; il est encore précisé le 26 juin 2012 que « ces évaluations servent également de support aux échanges avec les familles et, s’agissant des évaluations réalisées en CM2, elles favorisent la liaison avec le collège de secteur. Pour l’avenir, la concertation traitera de la refondation de l’évaluation tant du système éducatif que des acquis des élèves » [France, site MEN, 2012b ; c’est le ministère qui souligne].
16 En dépit des intentions pédagogiques des différents systèmes scolaires, il convient de souligner que le moment choisi pour faire passer l’évaluation, à savoir la fin de l’année scolaire, n’est pas compatible avec l’objectif affiché de fournir des outils de suivi ou des repères extérieurs à la classe aux différents acteurs de l’Éducation nationale.
3. Les épreuves de fin de primaire en 2010
17 Le tableau en annexe précise les caractéristiques des épreuves qui ont été proposées aux élèves en français en 2010 ainsi que leur poids respectif, quelles aides sont fournies aux élèves et quels outils sont autorisés, qui fait passer ces épreuves et qui les corrige [2]. Les six systèmes scolaires proposent au moins une épreuve de lecture qui évalue la compréhension de textes littéraires et/ou de textes courants et au moins une d’écriture. Le poids relatif de la lecture et de l’écriture peut varier d’un lieu à l’autre : en Belgique comme dans le canton de Vaud, les élèves passent trois exercices de compréhension écrite (respectivement 44,7 % et 53,6 % de la note de français) et ne sont soumis qu’à un seul exercice d’écriture (respectivement 28,9 % et 46,4 % de la note de français). En Ontario, à l’inverse, les élèves passent un test en lecture (poids : 69,5 %) et doivent rédiger trois textes (22,1 % de la note finale). Ainsi, le poids de l’écriture varie-t-il de 16,7 % (en France) à 50 % (Nouveau-Brunswick), et celui de la lecture de 25 % (en France) à 69, 5 % (Ontario). Au Québec, les épreuves sont distinctes et donnent lieu à une note pour la lecture et à une autre pour l’écriture ; chacune compte pour 40 % de la note de français et contribue dans une proportion déterminée par l’établissement scolaire à l’évaluation de la compétence à lire et à écrire respectivement. La durée consacrée à l’épreuve d’écriture peut elle-même varier considérablement : de 20 minutes en France [3] à 2 heures au Nouveau-Brunswick (au Québec, l’épreuve d’écriture se déroule en 3 heures réparties sur trois jours ; voir descriptif dans la section suivante).
18 Une différence notoire concerne la présence, ou non, dans les épreuves, de questions relatives à la langue : trois des six systèmes scolaires examinés proposent aux élèves des questions de langue dans une rubrique intitulée « étude de la langue » (France), « outils au service de la langue » (Belgique) ou « QCM en écriture » en Ontario, seule province d’Amérique du Nord à proposer huit questions d’orthographe et de grammaire. Celles-ci pèsent pour 8,4 % dans la note de français ; en Belgique le poids de la langue est de 26,3 %. En France, ces questions représentent 58,5 % de la note de français et situent très clairement ce pays à une extrémité du continuum, pour ne pas dire qu’elles en font une exception culturelle. Comme nous le verrons plus loin, la langue fait par ailleurs l’objet d’une évaluation dans tous les exercices d’écriture, et son poids dans la note d’écriture varie de 40 % (Nouveau-Brunswick) jusqu’à 60 % (France).
19 Les ouvrages de référence permis varient considérablement d’un lieu à l’autre et l’on ne peut que souligner l’inégalité de traitement des élèves. On peut ainsi établir un continuum entre le Québec, où un grand nombre d’outils de référence est permis, et la France ou l’Ontario, où l’élève ne peut utiliser qu’un dictionnaire et ce, pendant la seule épreuve d’écriture. Il en est de même des aides à l’écriture fournies aux élèves pour lesquelles on retrouve les mêmes systèmes scolaires aux mêmes positions dans le continuum. Au Québec, les aides sont nombreuses : activité préparatoire, outil de planification, outils de révision et de correction (liste de vérification, listes orthographiques, dictionnaires, grammaires ou codes grammaticaux, tableaux de conjugaison, affiches, etc.). En France, aucun guide de relecture n’est fourni. Entre ces deux extrêmes, l’Ontario propose un mémento sommaire : « Pense : • à revoir ton texte ; • à l’orthographe, à la ponctuation et aux accords » ; le Nouveau-Brunswick fournit aux élèves un outil de planification qui « permet aux élèves d’organiser leurs idées avant de commencer à rédiger ». En Belgique, un guide de rédaction est fourni aux élèves (3 rubriques avec, pour chacune, trois points auxquels penser ; le barème n’est pas précisé) ; dans le canton de Vaud, tous les critères d’évaluation sont donnés avec le barème (« Après la rédaction, vérifie que ton texte respecte les points suivants… »).
20 La passation des épreuves est confiée à l’enseignant de la classe dans quatre systèmes scolaires (Nouveau-Brunswick, Québec, France, canton de Vaud). En Ontario, c’est un organisme indépendant (OQRE) qui fait passer les épreuves et qui assure la correction ; au Nouveau-Brunswick, c’est une équipe de correcteurs du ministère qui assure la correction ; en Belgique, ce sont des personnes extérieures à l’équipe éducative de l’établissement qui font passer les épreuves et des enseignants de la zone géographique, réunis par l’inspecteur, qui corrigent. Le correcteur est l’enseignant de la classe pour les trois autres systèmes scolaires.
4. Les sujets de production écrite
21 Un examen attentif des conditions et sujets proposés fait apparaître de grandes différences dans la façon d’envisager la tâche d’écriture et, ici encore, un continuum, depuis des sujets « scolaires » déconnectés d’une activité de lecture jusqu’à des sujets très préparés, en lien avec une activité de lecture, qui correspondent davantage aux conditions sociales de l’écriture, avec un destinataire clairement identifié et des aides à disposition. On ne se pose la question du sens de l’activité d’écriture que dans certains systèmes scolaires et dans ces systèmes, la clarté de la communication est importante.
22 En Ontario, sont proposés aux élèves des sujets plutôt « scolaires », le lien avec les activités de lecture étant plutôt ténu : en écriture longue, « Imagine que tu reviens du voyage de tes rêves. Écris un récit dans lequel tu racontes ce voyage imaginé » ; en écriture courte, « Écris un court texte dans lequel tu expliques pourquoi les élèves de ta classe et toi aimeriez avoir une salle de jeux vidéo à l’école ». Au Nouveau-Brunswick deux situations sont proposées, sans lien avec un texte lu : « 1. Quelle Histoire ! Adieu technologie – Ta famille décide de s’installer dans une maison sans électricité loin de toute habitation. Ta vie est transformée. Il t’arrive des aventures palpitantes. Raconte. 2. Quelle histoire ! Le sourire magique – Tu es chez le dentiste. Il a fini de nettoyer tes dents. Tu souris dans le miroir pour constater le résultat et tu disparais. Il t’arrive des aventures palpitantes. Raconte. »
23 À l’autre extrémité du continuum, au Québec, l’activité d’écriture se déroule sur trois jours consécutifs à raison d’une heure par jour. Elle est préparée lors de la première journée au cours de laquelle « l’intention d’écriture », c’est-à-dire l’énoncé du sujet proprement dit, est présentée aux élèves. Les élèves échangent des idées sur les textes lus dans le cadre de l’épreuve ministérielle de lecture et participent à une discussion animée par l’enseignant. Lors de la deuxième journée, chaque élève doit ensuite produire individuellement le brouillon d’un texte répondant à l’intention d’écriture. Par exemple, à l’épreuve de juin 2010, les élèves devaient écrire « une lettre à Gary Provencher, pilote maritime sur le fleuve Saint-Laurent, pour lui expliquer [leur] point de vue sur sa brochure », qu’ils avaient lue auparavant. La troisième journée de la passation est consacrée à la révision du brouillon et à la mise au propre du texte. Dans le canton de Vaud, les élèves doivent rédiger un fait divers après en avoir lu trois différents dans les épreuves de compréhension. La consigne est la suivante : « Relis la définition du fait divers à la page 2 et lis attentivement le rapport d’intervention de la police cantonale ci-dessous. […] Pour le journal de l’école, rédige un fait divers. Tu dois te baser sur le rapport d’intervention de la police cantonale que tu viens de lire. »
24 Entre ces deux extrêmes, le sujet français est proposé à partir d’un des textes lus pour l’épreuve de compréhension. Les élèves doivent produire, en 20 minutes, un texte en réponse à la consigne suivante : « Les enfants décident à leur tour de faire une surprise à Vincendon. Raconte ce qui arrive ; tu devras décrire la surprise, expliquer comment les enfants la préparent et décrire la réaction de Vincendon. » En Belgique, les élèves doivent rédiger la suite et la fin de l’histoire dont ils viennent de lire un extrait (Amandine ou les deux jardins de Michel Tournier).
25 Ainsi, les textes demandés aux élèves en 5e ou 6e année sont le plus souvent de type narratif ou narratif-descriptif.
5. Le lien entre langue et écriture
26 Dans certains systèmes, la langue est évaluée à travers une tâche d’écriture hautement contextualisée ; la langue est alors envisagée comme au service de l’expression. Dans d’autres, une part importante de l’évaluation de la langue se fait dans des questions d’analyse en dehors de tout contexte de lecture ou d’écriture, comme si la capacité à, par exemple, repérer la fonction COD ou complément circonstanciel garantissait la maîtrise des discours [4]. On peut donc s’interroger sur les compétences « techniques » évaluées dans les questions de langue et sur l’opportunité que le langage soit appréhendé indépendamment de l’expérience (Lahire 2008), en tout cas qu’une importance telle soit donnée à l’évaluation de ces compétences techniques.
27 Dans la correction des productions écrites, une partie des critères d’évaluation porte sur des éléments relatifs au texte (à la pertinence de son contenu et à sa structure : respect des consignes, pertinence du contenu et de l’organisation du texte, cohérence narrative, maîtrise des temps), une autre partie évalue la connaissance de la langue proprement dite dans un nombre limité de rubriques (orthographe, syntaxe et ponctuation ; le vocabulaire étant tantôt compté du côté du texte, tantôt du côté de la langue). Le libellé de ces critères d’évaluation de la connaissance de la langue est assez semblable d’un système à l’autre, malgré quelques nuances. En Amérique du Nord, le poids de l’évaluation est à peu près partagé également entre les deux types de critères : au Québec, 3 critères sur 5 portent sur la langue (vocabulaire, syntaxe, ponctuation et orthographe) ; au Nouveau-Brunswick, 4 critères sur 6 (les mêmes, mais ponctuation et orthographe sont séparées ; le vocabulaire est comptabilisé dans le « fond » et non dans la langue) ; en Ontario, 1 critère sur 2. En Europe, la proportion des critères relatifs au texte et de ceux relatifs à la langue est plus variable selon les systèmes et les niveaux scolaires. En France, 5 critères sur 7 portent sur la langue (maniement du système des temps et du marquage de la chronologie ; correction syntaxique ; segmentation en mots et respect de l’orthographe « phonétique » ; orthographe des mots fréquents ; réalisation des accords dans les « cas simples ») ; en Belgique, 2 des 5 critères pour l’évaluation de la production écrite visent la langue en 6e année (le vocabulaire et la syntaxe, d’une part, et l’orthographe, d’autre part) ; dans le canton de Vaud, 3 des 7 critères servant à évaluer l’exercice d’écriture portent sur des éléments linguistiques en 6e année (la syntaxe et la ponctuation, l’accord du verbe et dans le GN, l’orthographe).
28 Pour attribuer une cote, un code ou un nombre de points aux critères qui évaluent la connaissance de la langue, on procède tantôt de manière qualitative, tantôt de manière quantitative, tantôt de manière hybride. En Ontario, au Nouveau-Brunswick, les critères linguistiques sont évalués de manière purement qualitative ; les descriptions qualitatives font, à l’exception de celles du Nouveau-Brunswick, référence au sens : les erreurs doivent contribuer à donner une cote moins élevée seulement dans la mesure où elles nuisent à la clarté de la communication. En France, on peut aussi supposer que les correcteurs comptent les erreurs pour attribuer les points, mais cela n’est pas précisé dans les documents disponibles. Enfin, en Belgique en 6e année comme au Québec au même niveau, on ne compte que les erreurs d’orthographe, les autres critères répondant à une description qualitative.
6. L’évaluation de l’orthographe
29 L’évaluation de l’orthographe est à l’image de la conception des épreuves… très variable d’un système scolaire à l’autre. Le pourcentage d’erreurs jugé acceptable est clairement indiqué dans les épreuves du Québec et de la Belgique. Le correcteur doit alors compter le nombre d’erreurs dans le texte écrit par l’élève. En 6e année, le Québec juge acceptable 10 % d’erreurs d’orthographe, soit une erreur d’orthographe tous les dix mots : à un texte qui présente 8 à 10 % d’erreurs (il est demandé au correcteur de les compter), est attribuée la cote C, qui représente le minimum acceptable (la cote A « très satisfaisant » est attribuée pour moins de 4 % d’erreurs ; la cote B « satisfaisant » pour 4 à 8 % d’erreurs) ; en Belgique, on accepte le double de ce nombre, soit 20 %. Dans les autres systèmes, l’évaluation se fait de manière qualitative. En France par exemple, il est demandé à l’enseignant correcteur d’attribuer le code 1 de réussite à l’item 16 quand « l’orthographe grammaticale est respectée (les accords sont réalisés dans les cas simples : proximité déterminant/nom, adjectif/ nom ; proximité sujet) sans autre précision, par exemple d’un nombre d’erreurs toléré. Le décompte du nombre d’erreurs présente l’avantage de dire clairement ce qui est considéré comme attendu en fin de scolarité primaire. Quand ce n’est pas le cas, le contrat n’est pas clair.
30 Il s’avère donc impossible de comparer les seuils de performance en orthographe jugés acceptables, dans la mesure où les exigences varient considérablement d’un système à l’autre. Fait notable : tous les systèmes scolaires n’ont pas adopté les Rectifications orthographiques de 1990. On peut s’étonner que la mention « Ce document applique les rectifications orthographiques de 1990 » qu’on peut lire sur les documents belges ne se retrouve pas systématiquement… Si le Québec les a adoptées, la France est restée fidèle à l’ancienne orthographe dans les documents destinés aux élèves et aux enseignants, et en particulier dans les programmes de 2008. La question de l’apprentissage de l’orthographe et de sa facilitation était pourtant présente lors du débat qui a eu lieu à la fin des années 1980.
7. Remarques conclusives
31 Par-delà toutes ces considérations, quelles pistes de réflexion tirer de cette étude, susceptibles d’éclairer les prises de décision ? Quelles sont les conceptions de l’écriture sous-jacentes aux épreuves ? Le don qui permet de répondre au pied levé à n’importe quel sujet ? Ou la tâche réaliste de production de textes en lien avec un questionnement, une intention de communication ou la recherche d’un effet sur le destinataire, né par exemple de la lecture, ou encore de l’échange avec les pairs ?
– Vision de la langue et de l’écriture
32 Dans un contexte d’internationalisation de l’évaluation des acquis des élèves, et d’interrogation sur l’équité et l’efficacité des institutions éducatives, où les réticences voire la défiance sont parfois de mise à l’égard de l’évaluation externe, qu’elle soit internationale ou nationale, que nous apprend cette approche comparative de la première des évaluations ministérielles que nous retrouvons à peu près au même moment dans la plupart des systèmes scolaires qui ont le français en partage ?
33 Elle nous aide tout d’abord, par un décentrage productif, à nous interroger sur le bien-fondé des choix opérés par les uns et par les autres et à nous interroger sur ce que veut dire évaluer la production écrite, la langue ou l’orthographe en fin de scolarité primaire. Elle nous enseigne aussi que les moyens retenus par les différents systèmes scolaires reflètent des conceptions assez variées de ce qu’est la maîtrise de la langue, conceptions qui découlent vraisemblablement d’un consensus social sur le sujet. Ces conceptions peuvent être situées à différents points sur un continuum qui va d’une vision pragmatique de la langue en tant que moyen de communication (comme en Ontario) à une vision de la langue comme objet d’étude (comme dans les systèmes européens).
– Des évaluations tournées vers le rendement du système
34 Nous voudrions souligner l’importance qu’ont prise ces évaluations. Le mouvement vers le caractère obligatoire de l’évaluation semble en effet inexorable : là où elle s’est mise en place récemment, par exemple en 2007 en Belgique, elle a été rapidement obligatoire (à partir de 2009). Sa place dans l’année a également fait l’objet d’une évolution notable : elle est maintenant la même partout, en fin d’année scolaire. Et ceux qui avaient de bonnes raisons de la faire en cours d’année se sont rendus au mouvement général : fin de l’année dès 2006 au Nouveau-Brunswick ; de janvier à mai en France à partir de 2012, d’octobre et mars à juin dans le canton de Vaud à partir de 2013. Que signifie ce glissement vers la fin de l’année ? La fin de l’année serait-elle davantage appropriée pour un bilan ? De fait le bilan des acquis est tourné vers le rendement du système plus que vers l’aide à apporter aux enseignants pour soutenir les apprentissages des élèves. On peut en prendre pour exemple la déclaration faite en Conseil des ministres en France en juin 2011, à l’occasion de l’annonce des résultats des évaluations nationales de CM2, qui montre très clairement que l’évaluation est désormais tournée vers la validation de la politique mise en place tout récemment : « Ces résultats devront être confirmés en 2012. Ils laissent espérer que la réforme de l’enseignement du premier degré portera ses fruits et permettra enfin d’atteindre l’objectif de réduire considérablement le nombre des élèves qui entrent au collège en ayant d’importantes difficultés de lecture et de calcul » [France, site MENJVA, 2011 ; c’est le ministère qui souligne].
35 Il nous semble important de souligner ici l’incompatibilité entre les visées politiques de validation de choix ministériels et l’aide effective apportée aux enseignants (aide au diagnostic et à la mise en place d’aides appropriées). Comment peut-elle être effective si les évaluations ont lieu en fin d’année ? De fait, l’aide aux enseignants pour mieux enseigner la langue et l’écriture, apportée notamment dans le cadre des livrets de correction des évaluations, est très variable elle aussi et nous semble révélatrice des priorités ministérielles.
– Comparaison avec le passé
36 Nous voudrions souligner un autre point, qui concerne le suivi de l’évolution des performances. Le glissement des épreuves vers la fin de l’année, associé à une instabilité des épreuves, quand ce n’est pas un changement radical, empêche toute comparaison avec le passé. Le souci de comparaison dans le temps est exprimé à des degrés divers : au Nouveau-Brunswick, par exemple, il est affiché sur le site du ministère [Nouveau-Brunswick, fondements, 2010 : 7].
37 Cette absence de mémoire nous semble préjudiciable aux élèves quand la langue de scolarisation est le français dont on sait aujourd’hui qu’il faut au moins dix années pour en maîtriser l’orthographe (Brissaud, Chevrot & Lefrançois 2006) ; quand il s’agit d’évaluer la compétence à écrire des textes dont on sait que la scolarité obligatoire ne suffit pas à maîtriser la plupart des genres utiles dans la société (compte rendu, récit d’invention, rapport, résumé, etc.). Le document consistant fourni en Ontario aux enseignants Publication des grilles de notation spécifiques aux items et des exemples de réponses d’élèves avec commentaires [Ontario, grille de notation 9e, 2010] regroupe des rédactions d’élèves par année d’études, qui se sont vu attribuer les différentes cotes possibles ; il nous apparaît comme exemplaire de la prise en compte de ces difficultés et de l’aide qu’on peut apporter aux enseignants en reconnaissant très clairement la progressivité des apprentissages et le temps nécessaire pour les conduire à terme.
38 Les élèves de 5e ou de 6e année du primaire ne sont qu’au milieu du gué concernant l’apprentissage du français et il serait en effet regrettable que ces évaluations servent à orienter les élèves ou à classer les établissements, avant même que l’école ait appris à tous à écrire des textes qui permettent d’exercer son pouvoir citoyen dans la société.
39 La culture de l’évaluation nationale est un phénomène récent, sans aucun doute tributaire de la nouvelle donne internationale. C’est pourquoi la question du traitement des résultats et de leur diffusion est sensible. Encore faudrait-il que cela ne soit pas la seule préoccupation et qu’elle conduise effectivement à l’amélioration de la littéracie des élèves les plus démunis. Cela semble difficile en l’état avec une épreuve unique dont l’objectif est double : mieux accompagner les élèves et confirmer le bien-fondé des choix politiques en matière d’éducation.
Annexe
Tableau comparatif des évaluations nationales passées par les élèves en fin de primaire dans six systèmes scolaires de la francophonie
|
FIN PRIMAIRE 2010 |
Ontario Test en lecture, écriture |
Nouveau-
Brunswick Examen provincial Français |
Québec Épreuves obligatoires |
France Évaluations nationales |
Belgique Certificat d’études de base (CEB) |
Canton de Vaud Épreuve cantonale de référence (ECR) |
| 6e année | 5e année | 6e année | 5e année | 6e année | 6e année | |
| mai-juin | mai | juin | janvier | juin | oct. et mars | |
| Lecture compréhension | 1 test en lecture |
1 épreuve de
lecture 1h45 36 questions | lire et communiquer oralement | 1 épreuve de lecture | compréhension écrite (60) compréhension orale (25) | 3 exercices (dont 8 points ortho) |
| Poids de la compréhension dans l’épreuve de français |
69,5 % 66/95 | 50 % | 60 % | 25 % (15/60) | 44,7 % (85/190) | 53,6 % (30/56) |
| Questions outils de la langue | QCM en écriture | étude de la langue | outils au service de la langue | |||
| Poids question langue dans l’épreuve de français |
8,4 % 8/95 |
58,3 % 35/60 |
26,3 % 50/190 | |||
| Écriture |
1 texte long :
(7pts) 2 textes courts : (2*7pts) | écriture d’un récit (2 sujets au choix) durée : 2 heures | écriture d’un texte informatif et argumentatif durée : 2 fois une heure | texte narratif-descriptif durée : 20 mn |
1 épreuve
texte narratif
(corrigé par 4 profs différents) | 1 exercice d’écriture |
| Poids écriture/ épreuve de français |
22,1 % 21/95 | 50 % | 40 % |
16,7 % 10/60 |
28,9 % 55/190 |
46,4 % 26/56 |
| Poids de la langue dans l’écriture |
3 critères sur 7 43 % (9/21) |
3 critères
pondérés sur 6 40 % | 3 critères sur 5 | 60 % (6/10) | 45,5 % (25/55) |
3 critères sur 7 46 % (12/26) |
| Quels outils et ouvrages de référence permis ? | dictionnaire et thesaurus pour écriture seulement | dictionnaire usuel, grammaire et dictionnaire de conjugaison |
listes orthographiques, dictionnaires, grammaires, tableaux de conjugaison, affiches, etc. | un dictionnaire pour la production de texte | un dictionnaire pour toutes les épreuves | Un dictionnaire usuel et des tableaux de conjugaison |
| Quelle aide à l’écriture ? | Limitée. pour chaque exercice : « Pense : • àrevoir ton texte ;• à l’orthographe, à la ponctuation et aux accords. » |
outil de planification, critères de notation |
cahiers
d’écriture
guidant
la planification,
liste de vérification avec critères d’évaluation | aucune | guide de rédaction | tous les critères d’évaluation |
| Qui les fait passer ? | organisme indépendant (OQRE) | l’enseignant de la classe | l’enseignant de la classe | l’enseignant de la classe | des personnes extérieures à l’équipe éducative de l’établissement scolaire | l’enseignant de la classe |
| Qui les corrige ? | organisme indépendant (exemples de textes d’élève codés) | une équipe de correcteurs du ministère | l’enseignant de la classe (jugement global) | l’enseignant de la classe | des enseignants de la zone géographique réunis par l’inspecteur | l’enseignant de la classe (ex. de textes d’élève corrigés avec barème proposé) |
Tableau comparatif des évaluations nationales passées par les élèves en fin de primaire dans six systèmes scolaires de la francophonie
Références
-
[Belgique, décret, 2006]
Parlement de la Communauté française (2006), Décret du 2 juin 2006 relatif à l’évaluation externe des acquis des élèves de l’enseignement obligatoire et au Certificat d’études de base au terme de l’enseignement primaire, page consultée le 16 mars 2013, http://www.gallilex.cfwb.be/ document/pdf/30959_001.pdf. -
[Belgique, épreuves CEB, 2010]
Ministère de la fédération Wallonie-Bruxelles (2010), Épreuve externe commune CEB 2010, page consultée le 15 mars 2013, http://www.enseignement.be/index.php?page=26754&navi=3376. -
[Belgique, épreuves non certificatives, 1994-2007]
Ministère de la fédération Wallonie-Bruxelles, Les évaluations externes non certificatives antérieures – lecture/production d’écrits), page consultée 15 mars 2013, http://www.enseignement.be/index.php?page=26308- &navi=3205. -
[Belgique, Certificat d’Études de Base, 2013]
Ministère de la fédération Wallonie-Bruxelles, Évaluation certificative – Certificat d’Études de Base (CEB), page consultée le 16 mars 2013, http://www.enseignement.be/index.php?page=25527. - BRISSAUD, C., CHEVROT, J.-P. & LEFRANÇOIS, P. (2006), « Les formes verbales homophones en /E/ entre 8 et 15 ans : contraintes et conflits dans la construction des savoirs sur une difficulté orthographique majeure du français », Langue française, 151 : 74-93.
-
[Canton de Vaud, épreuve cantonale de référence, CYT6, 2008]
Direction générale de l’enseignement obligatoire (2009), Épreuve cantonale de référence (ECR), CYT6 octobre 2008, page consultée le 16 mars 2013, http://www.vd.ch/themes/formation/scolarite-obligatoire/evaluation/ecr/. -
[Canton de Vaud, site DGEO, 2013]
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[France, évaluation CM2, 2010]
Ministère de l’Éducation nationale, Direction générale de l’enseignement scolaire, Évaluation nationale des acquis des élèves de CM2, cahier de l’élève, page consultée le 16 mars 2013, http://cache.media.eduscol. education.fr/file/evaluations/94/7/Cahier-eleve_46947.pdf. -
[France, site MEN, 2012a]
Ministère de l’Éducation nationale, Évaluations des acquis scolaires des élèves en CE1 et CM2 : maintien pour une utilisation pédagogique locale mais suspension de la remontée nationale des données statistiques, page consultée le 16 mars 2013, http://www.education.gouv.fr/cid60346/evaluations-des-acquis-scolaires-des-eleves-ce1-cm2-maintien-pourune-utilisation-pedagogique-locale-mais-suspension-remontee-nationale-des-donnees-statistiques.html. -
[France, site MEN, 2012b]
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-
[Nouveau-Brunswick, cadre d’évaluation 5e, 2013]
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[Ontario, cahier de l’élève 1, 6e, 2009]
Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (2010), 6e année. Test en lecture, écriture et mathématiques, cycle moyen. Cahier de l’élève – français 1, page consultée le 15 mars 2013, http://www.eqao. com/pdf_f/09/6f_Lang1_web_0609.pdf. -
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Mots-clés éditeurs : critères d'évaluation, épreuves d'écriture, étude comparative, francophonie, maîtrise de la langue, primaire
Date de mise en ligne : 11/06/2014
https://doi.org/10.3917/ls.148.0107