Article de revue
Hauts-pays, 1999
(extraits)
- Par Didier Henry
Page 152
Citer cet article
- HENRY, Didier,
- Henry, Didier.
- Henry, D.
https://doi.org/10.3917/lpm.002.0152
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https://doi.org/10.3917/lpm.002.0152
Un désir de fuiteHante le passeur
Il n’y a plus rien dans ces villagesQue des retables.Odeur de soupeMijotant dans le bourdon des mouches,La clef de l’égliseEst presque aussi grande que l’église.Mais le fond rouge du retableChatoyaitDans l’enfermement de la montagne.................................................Une chambre d’hôtelSous le campanileEgrenant les heures,Et attendreLe passeurQui peut-être ne viendra pas.Sur le pointillé de la frontièreSeul chuchote le vent.*Oui, là-hautSous la cornicheAvant le lever du jourIls marchent !Femmes et enfantsHommes silencieux,Des valises noires à la main...Peu importe oùConduit le passage,Ils marchent dans le léger silenceAu parfum de mimosa.Dans l’ombre bleue des oliviersChaque pierre,Chaque brancheFrémit au souvenirDe chaque pasExilé.*(Dans les hameaux blêmesDe l’autre versant,Un rideau parcimonieuxDe dentelleS’écartait doucement parfoisA une fenêtre de la placeDéserteDévastée.On apercevait un œilBrûlerL’espace d’un battement d’aileDe corbeau,Convoitant le dehorsInaccessible.)*Le chemin de crêteAu gré de l’histoireEt des trahisonsPeut changer de sensOu de nom.Seul est en suspensUn fil dérisoireD’espéranceMuette.................................................Nécessaire passeur !Tu es la chance marginale,L’étranger fraternel,Le vieux dieu vagabond sans visage,Génie des pierres, des cheminsDu lent voyageDes clandestinsSur les sentiers de l’aube.