René Gallissot, Henri Curiel – Le mythe mesuré à l’histoire, Riveneuve éditions, 2009, 316 p., 25 €.
- Par Jacques Couland
Pages 181 à 182
Citer cet article
- COULAND, Jacques,
- Couland, Jacques.
- Couland, J.
https://doi.org/10.3917/lp.375.0181
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- Couland, J.
- Couland, Jacques.
- COULAND, Jacques,
https://doi.org/10.3917/lp.375.0181
René Gallissot, Henri Curiel – Le mythe mesuré à l’histoire, Riveneuve éditions, 2009, 316 p., 25 €.
Jacques Couland
1 On attend beaucoup du titre, dans la mesure où il concerne une personnalité aussi riche et complexe qu’Henri Curiel, sous la variabilité des mouvements et des terrains auxquels il apporta ses contributions militantes.
2 L’auteur pose certes, d’emblée, la bonne question : « Une biographie peut-elle être historique ? ». Mais la seule affirmation que son « ouvrage se veut, lui, problématique », en différenciation du livre de Perrault, Un homme à part, « la somme d’information sur la personne et les proches d’Henri Curiel qui nous offre à profusion la matière de cet ouvrage », laisse pendante la réponse.
3 Le mérite de Perrault était de construire le portrait de Curiel en se basant sur l’apport exclusif de ses proches, jusqu’à épouser, parfois jusqu’à l’outrance, certaines de leurs haines. La part de nouveau chez Gallissot n’est certes pas absente. Cela vaut notamment, pour une part, dans les bios résultant d’entretiens avec des membres ou soutiens, dont les parcours suscitent intérêt, voire sympathie. Cela vaut encore, et surtout, de la dernière partie, consacrée à traquer les responsables de l’assassinat d’Henri Curiel. L’élément contextuel étant, ici, apporté par l’annexe due à Solange Barberousse sur les « assassinats politiques commis en France depuis 1965 ».
4 Mais dans le corps de l’ouvrage, réparti selon les divers terrains chronologiques du cheminement curielien, de l’Égypte à la Palestine, en passant par les réseaux de soutien au FLN algérien, puis ceux de solidarité avec les mouvements tiers-mondistes de libération nationale, l’intention « problématique », annoncée dans l’introduction, ne se résout, le plus souvent, qu’à de seuls coups d’épingle plus ou moins vifs : « adorateur du communisme soviétique », « patriote gaulliste », en contact avec l’Élysée lors de la présidence de de Gaulle, voire « sioniste » et néanmoins relais du dialogue israélo-palestinien, sans compter la personnalisation de ses rapports avec ses proches. Il en résulte, souvent, une impression de flou.
5 Cela est dû, sans doute, à une prise en compte souvent lacunaire des contextes. Avec quelquefois des erreurs : en égypte, on évoque trois fois un Jacques Descombes (sic !), alors qu’il s’agit de Paul Jacot-Descombes, qui vaut par ailleurs, plus encore, comme transmetteur dont l’influence se prolongea jusqu’à nos jours. Pour l’Algérie, l’action individuelle réduisait-elle pour rien l’action de masse pour gagner une majorité politique à la paix et à l’indépendance, pour ne rien dire de la confusion de la section coloniale du PCF avec sa section de politique extérieure. Sur la Palestine et Israël, les recueils – il est vrai en arabe – de textes issus de la « gauche » égyptienne sont ignorés, et l’action pionnière du GRAPP de Rodinson eût méritée d’être mentionnée.