Article de revue

Marges et marginalités : des constructions socio-spatiales

Pages 13 à 21

Citer cet article


  • Bonacorsi, P.,
  • Cardoso, D.
  • et Gentil, L.
(2025). Marges et marginalités : des constructions socio-spatiales. Hypothèses, 25(1), 13-21. https://doi.org/10.3917/hyp.211.0013.

  • Bonacorsi, Pascal.,
  • et al.
« Marges et marginalités : des constructions socio-spatiales ». Hypothèses, 2025/1 25, 2025. p.13-21. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-hypotheses-2025-1-page-13?lang=fr.

  • BONACORSI, Pascal,
  • CARDOSO, Daniel
  • et GENTIL, Louise,
2025. Marges et marginalités : des constructions socio-spatiales. Hypothèses, 2025/1 25, p.13-21. DOI : 10.3917/hyp.211.0013. URL : https://shs.cairn.info/revue-hypotheses-2025-1-page-13?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/hyp.211.0013


Notes

  • [1]
    L. Febvre, La Terre et l’évolution humaine, Paris, 1922, p. 337.
  • [2]
    M. Foucault, « Des espaces autres », Architecture, Mouvement, Continuité, 5 (1984), p. 46-49 (conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967).
  • [3]
    Nous pensons ici particulièrement à la géographie radicale des années 1960.
  • [4]
    A. Reynaud, Société, espace et justice. Inégalités régionales et justice socio-spatiale, Paris, 1981.
  • [5]
    P. Briant, Histoire de l’Empire perse de Cyrus à Alexandre, Paris, 1996.
  • [6]
    É. Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, 1968 (1re éd. 1912).
  • [7]
    J. R. Searle, The Construction of Social Reality, Londres, 1995.
  • [8]
    R. Castel, « La dynamique du processus de marginalisation : de la vulnérabilité à la désaffiliation », Cahiers de recherche sociologique, 22 (1994), p. 11-27.
  • [9]
    G. Sapiro, « Relationnelle (approche) », dans Dictionnaire international Bourdieu, Ead. dir., Paris, 2020, p. 732-733.
  • [10]
    E. Ndiaye, « Stéréotypes ethniques et “sagesses barbares” dans l’élaboration des normes identitaires du citoyen romain : l’exemple gaulois », dans La norme sous la République et le Haut-Empire romains : élaboration, diffusion et contournements, T. Itgenshorst et P. Le Doze dir., Bordeaux, 2017, p. 171-187.
  • [11]
    G. Bührer-Thierry et S. Lebecq, « L’Occident sur ses marges (vie-xie siècles) : formes et techniques de l’intégration », Médiévales, 51 (2006) [en ligne : https://journals.openedition.org/medievales/1597].
  • [12]
    M. Mollat, Les pauvres au Moyen Âge, Paris, 1976.
  • [13]
    Programme PAUVRETE 2017-2021 (https://www.efrome.it/pauvrete) qui va donner lieu à plusieurs publications, nous citons ici la première : Économies de la pauvreté au Moyen Âge, P. Benito, S. Carocci et L. Feller dir., Madrid-Rome, 2023.
  • [14]
    J. Claustre, Dans les geôles du roi. L’emprisonnement pour dette à Paris à la fin du Moyen Âge, Paris, 2007.
  • [15]
    R. Castel, La montée des incertitudes. Travail, protections, statut de l’individu, Paris, 2009, p. 340-341.
  • [16]
    On peut citer les travaux pionniers du sociologue russo-américain Pitirim Alexandrovitch Sorokin, notamment dans P. A. Sorokin, Social Mobility, New York, 1927.
  • [17]
    Dans l’ordre chronologique des publications qui font suite à ce programme : La mobilità sociale nel Medioevo, S. Carocci dir., Rome, 2010 ; La mobilità sociale nel Medioevo italiano, 2, Stato e istituzioni (secoli XIV-XV), A. Gamberini dir., Rome, 2017 ; La mobilità sociale nel Medioevo italiano, 3, Il mondo ecclesiastico, S. Carocci et A. De Vincentiis dir., Rome, 2017 ; Social mobility in Medieval Italy (1100-1500), S. Carocci et I. Lazzarini dir., Rome, 2018 ; La mobilità sociale nel Medioevo italiano, 4, Cambiamento economico e dinamiche sociali (secoli XI-XV), S. M. Collavini et G. Petralia dir., Rome, 2019.
  • [18]
    R. Chartier, « La monarchie d’argot entre mythe et histoire », Les marginaux et les exclus dans l’histoire, Cahiers Jussieu, 5 (1979), p. 275-307.
  • [19]
    D. Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l’armée française, Paris, 2009.
  • [20]
    L. Chevalier, Classes laborieuses et classes dangereuses à Paris pendant la première moitié du xixe siècle, Paris, 1958.
  • [21]
    D. Kalifa, Les bas-fonds. Histoire d’un imaginaire, Paris, 2013.
  • [22]
    R. E. Park, « Human Migration and the Marginal Man », American Journal of Sociology, 33 (1928), p. 881-893 ; E. V. Stonequist, The Marginal Man : A Study in Personality and Culture Conflict, New York, 1937.
  • [23]
    E. Goffman, Asylums : Essays on the Social Situation of Mental Patients and Other Inmates, New York, 1961 ; Id., Stigma : Notes on the Management of Spoiled Identity, Englewood Cliffs, 1963.
  • [24]
    A. Farge, Vies oubliées : au cœur du xviiie siècle, Paris, 2019.
  • [25]
    G. Spivak, « Can subaltern speak ? », dans Marxism and the Interpretation of Culture, C. Nelson et L. Grossberg dir., Urbana, 1988, p. 271-313.
  • [26]
    D. Kalifa, « Face à l’“ailleurs social” », Écrire l’histoire, 8 (2011), p. 49-56.
  • [27]
    M. Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique. Folie et déraison, Paris, 1972 et Id., Surveiller et punir. Naissance de la prison, Paris, 1975.
  • [28]
    B. Geremek, Les marginaux parisiens aux xive et xve siècles, Paris, 1976.
  • [29]
    R. Muchembled, Sorcières, justice et société aux xvie et xviie siècles, Paris, 1987.
  • [30]
    F. Beriac, Histoire des lépreux au Moyen Âge. Une société d’exclus, Paris, 1988.
  • [31]
    Histoire en marges : les périphéries de l’histoire globale, H. Le Dantec-Lowry, M. Renault, M.-J. Rossignol et P. Vermeren dir., Tours, 2018.
  • [32]
    Rethinking Medieval Margins and Marginality, A. Zimo, T. Vann Sprecher, K. Reyerson et D. Blumenthal dir., New York, 2020.
  • [33]
    O. Milhaud,Séparer et punir. Une géographie des prisons françaises, Paris, 2017.
  • [34]
    P. Vasset, Un livre blanc, Paris, 2007.
  • [35]
    Th. Bechini, Des villes migrantes : Marseille, Buenos Aires. Construire et habiter les périphéries urbaines au temps des migrations italiennes (1860-1914), thèse sous la direction d’A. Lempérière, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2020.

Alors qu’en 1922 Lucien Febvre pouvait déclarer « peu importe le cadre, la marge. C’est le cœur qui vaut, et qu’il faut avant tout considérer », l’étude des marges n’est aujourd’hui plus marginale. Autrefois exclues de la réflexion des sciences sociales car considérées comme extérieures aux processus historiques, géographiques et sociaux essentiels, les marges et la question de la marginalité y sont désormais intégrées et elles participent de longue date à leur renouvellement. Ainsi, l’étude historique des groupes sociaux considérés comme marginaux est-elle devenue un champ d’étude à part entière avec le développement des Subaltern studies. La philosophie s’y est également attachée, à la suite de la construction du concept d’hétérotopie par Michel Foucault. De la géographie à l’anthropologie en passant par la sociologie, toutes les sciences sociales ont proposé des avancées méthodologiques et conceptuelles en lien avec ces notions.
Issu des vocables latins marca et margo – qu’il est possible de traduire par limite, bordure, marche ou encore frontière – le terme de marge a d’abord été utilisé dans son acception spatiale et n’a pris son sens métaphorique qu’aux xixe et xxe siècles. Marges et marginalités renvoient ainsi, dans un premier temps, à la question du territoire et de ses représentations, en définissant celui-ci tout à la fois par les limites géographiques qu’on lui donne et par la manière dont on envisage ce qui se situe hors de ce territoire. On comprend dès lors l’intérêt des sociologues et des géographes pour cette notion envisagée notamment à travers les concepts de centre et de périphérie…


Date de mise en ligne : 04/07/2025

https://doi.org/10.3917/hyp.211.0013

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