Giovanni Ciappelli (dir.), Memoria, famiglia, identità tra Italia ed Europa nell’età moderna, Bologna, Il Mulino, Fondazione Bruno Kessler (Annali dell’Istituto storico-germanico in Trento, Quaderni 77), 2009, 288 p.
- Par Agnès Walch
Pages 441m à 468m
Citer cet article
- WALCH, Agnès,
- Walch, Agnès.
- Walch, A.
https://doi.org/10.3917/rhis.102.0441m
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- Walch, A.
- Walch, Agnès.
- WALCH, Agnès,
https://doi.org/10.3917/rhis.102.0441m
1 Ce livre traite de la mémoire familiale à travers les livres de famille qui font l’objet de l’attention croissante des historiens depuis deux décennies. Alors qu’en Italie, les xive et xve siècles ont été les plus privilégiés dans ce domaine, l’ouvrage rassemble des contributions plutôt orientées vers les xvie, xviie et xviiie siècles. Il est le fruit d’un colloque international organisé en octobre 2007 par Giovanni Ciappelli, professeur d’histoire moderne à la faculté de Lettres et de Philosophie de Trente. Les spécialistes internationaux ont répondu présents pour faire la synthèse des travaux publiés et proposer des orientations de recherches concernant des milieux moins étudiés (les catégories inférieures, les femmes et les enfants) et les types de documents convoqués par l’historien pour comprendre comment se construit une mémoire (autobiographies, livres de raison et autres ego-documents).
2 Deux parties scandent le propos : l’Europe d’une part, l’Italie d’autre part. Claudia Ulbricht propose d’abord le bilan historiographique des recherches sur les livres de raison dans l’Europe médiévale tardive. Arianne Baggermann et Rudolf Dekker, à qui l’on doit l’invention du terme d’ego-documents, se sont associés pour évoquer les théories de l’éducation et l’apparition des journaux d’enfants vers 1800. Entre 1791 et 1797, le jeune Otto van Eck, âgé de onze ans, issu d’une famille de notables (son père est avocat, sa mère d’une famille d’administrateurs de Delft) tient son journal. Il s’agit d’un document étonnant, à la fois description de son comportement et des punitions qu’il reçoit, et analyse de l’attitude de ses parents. Sylvie Mouysset traite ensuite des écrits du for privé dans la France moderne et James S. Amelang, de l’autobiographie populaire dans l’Espagne moderne.
3 Les livres de famille à Venise et dans la Vénétie sont l’objet de l’étude de James S. Grubb. Celui-ci dresse l’inventaire des livres de raison et des ouvrages d’époque qui recensent les familles les plus célèbres dans l’Italie du Nord au xvie siècle. Siglinde Clementi évoque l’autobiographie d’Osvaldo Ercole Trapp (1634-1710), intitulée Memoria della educatione e vita dell’illustre signor barone Osbaldo, écrite vers 1686, à l’âge de 52 ans. L’homme est le dernier descendant d’une famille noble implantée dans le Tyrol italien. D’une santé maladive, il fait en détail la description de son corps, qu’il accompagne de 27 vignettes. Quinto Antonelli présente les livres de comptes et les livres de famille dans le pays de Trente. Il en donne la liste avec une courte description de leur contenu. Giovanni Ciappelli retrace l’évolution du modèle de la mémoire familiale à travers les livres de familles toscanes. Quelque six cents textes sont conservés à la Bibliothèque nationale centrale de Florence et aux archives d’État de Florence. S’ils concernent les années 1492-1815, la moitié d’entre eux ont été écrits au xvie siècle. Le chercheur s’interroge sur l’existence d’un modèle. Enfin, Marina Caffiero étudie l’écriture féminine monastique à Rome. Le concile de Trente a rendu obligatoire la tenue, dans tous les couvents, d’un registre où furent notés les événements concernant la communauté tels que les entrées, les prises de voile et les décès de religieuses. À ces documents s’ajoutent les circulaires générales, les correspondances entre les monastères ainsi que les récits de fondation, les récits miraculeux, les biographies des sœurs les plus pieuses, voire les chroniques de la vie quotidienne dans lesquelles on entend les voix féminines.
4 En conclusion, cet ouvrage trace des perspectives de recherches en montrant combien les sources du for privé sont foisonnantes et riches pour les historiens, et toujours à découvrir.
5 Agnès Walch