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Compte rendu

Guillaume Cuchet, Le crépuscule du Purgatoire, préface de Philippe Boutry, Paris, Armand Colin, 2005, 254 p.

Pages 719z à 768z

Citer cet article


  • Hilaire, Y.-M.
(2006). Guillaume Cuchet, Le crépuscule du Purgatoire, préface de Philippe Boutry, Paris, Armand Colin, 2005, 254 p. Revue historique, 639(3), 719z-768z. https://doi.org/10.3917/rhis.063.0719z.

  • Hilaire, Yves-Marie.
« Guillaume Cuchet, Le crépuscule du Purgatoire, préface de Philippe Boutry, Paris, Armand Colin, 2005, 254 p. ». Revue historique, 2006/3 n° 639, 2006. p.719z-768z. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-719z?lang=fr.

  • HILAIRE, Yves-Marie,
2006. Guillaume Cuchet, Le crépuscule du Purgatoire, préface de Philippe Boutry, Paris, Armand Colin, 2005, 254 p. Revue historique, 2006/3 n° 639, p.719z-768z. DOI : 10.3917/rhis.063.0719z. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-719z?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.063.0719z


1 Cet ouvrage très original attire l’attention sur les « fins dernières » qui ont préoccupé nos ascendants chrétiens de la fin du Moyen Âge jusqu’au milieu du XXe siècle. Après la mort, l’âme avait trois destinations possibles : l’Enfer redouté, le Paradis souhaité et le Purgatoire qui accueillait pour un temps les « âmes en peine », c’est-à-dire la grande majorité des défunts. La croyance en la communion des saints incitait à une prière ardente pour les morts afin d’abréger le temps de leur peine.

2 Guillaume Cuchet démontre que la croyance au Purgatoire – « infirmerie du Bon Dieu », selon le mot du curé d’Ars – se trouve à son apogée entre 1850 et 1930, période pendant laquelle diverses interventions romaines encouragent particulièrement les prières pour les âmes en peine. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, des œuvres spécifiques naissent qui ont laissé divers bulletins dépouillés par l’A. : la plus importante est l’œuvre expiatoire de Notre-Dame de Montligeon (Orne) fondée en 1884 par l’abbé Buquet (1846-1918) qui a édifié une grandiose basilique néo-gothique, devenue aujourd’hui avec ses annexes un centre important de retraites et de sessions. Religieux mystiques, tels l’oratorien Faber, Mgr Gay, Thérèse de Lisieux et intellectuels comme Mgr d’Hulst, Paul Claudel, Jacques Maritain se sont intéressés au culte des morts et au Purgatoire, et l’Église a voulu répondre au défi spirite lancé par Allan Kardec. Le déclin de la prédication de l’Enfer, le Dieu d’Amour remplaçant le Dieu terrible des rigoristes, a entraîné l’essor de la prédication du Purgatoire. Les divers aspects de la dévotion sont étudiés avec l’aide de statistiques et de cartes très expressives, et le rayonnement international de certaines œuvres est évoqué. Un chapitre est consacré aux apparitions d’âmes du Purgatoire.

3 La Grande Guerre, avec le surgissement de « la mort de masse », fait éclater les contradictions du système des fins dernières, comme le note le jésuite combattant Pierre Teilhard de Chardin. Son « logicisme » conduit à « des obligations sans limites » comme celle pour le prêtre d’aller chercher un mourant dans des conditions de risque extrême pour lui donner l’absolution. Surtout, l’idée s’impose qu’avant de mourir les soldats ont fait leur purgatoire dans la boue des tranchées et l’abbé Theillier de Poncheville compare le champ de bataille de Verdun à un formidable « purgatoire terrestre » qui détruit les péchés. Les demandes de messes pour les âmes du Purgatoire diminuent sensiblement après la Grande Guerre.

4 Un livre très neuf, clair et bien construit dont les illustrations restituent l’ambiance de l’époque observée et qui a sa place dans de nombreuses bibliothèques.

5 Yves-Marie HILAIRE.


Date de mise en ligne : 01/01/2008

https://doi.org/10.3917/rhis.063.0719z