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Compte rendu

Jean-Claude Cheynet, Histoire de Byzance, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2005, 128 p.

Pages 719k à 768k

Citer cet article


  • Métivier, S.
(2006). Jean-Claude Cheynet, Histoire de Byzance, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2005, 128 p. Revue historique, 639(3), 719k-768k. https://doi.org/10.3917/rhis.063.0719k.

  • Métivier, Sophie.
« Jean-Claude Cheynet, Histoire de Byzance, Paris, PUF, coll. “Que sais-je ?”, 2005, 128 p. ». Revue historique, 2006/3 n° 639, 2006. p.719k-768k. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-719k?lang=fr.

  • MÉTIVIER, Sophie,
2006. Jean-Claude Cheynet, Histoire de Byzance, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2005, 128 p. Revue historique, 2006/3 n° 639, p.719k-768k. DOI : 10.3917/rhis.063.0719k. URL : https://shs.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-719k?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rhis.063.0719k


1 Pour la première fois en 1943, P. Lemerle avait dressé une Histoire de Byzance dans la collection « Que sais-je ? ». Le renouvellement des études byzantines en rendait indispensable la réécriture. J.-C. Cheynet ne s’est pas contenté d’actualiser ni de moderniser le propos de son prédécesseur, ni encore d’en abandonner le caractère péremptoire, sur le règne de Justinien par exemple. Pour présenter une histoire « politique, sociale et économique de l’Empire », puisque B. Flusin traitera de la civilisation byzantine dans un autre volume de la collection, il adopte une périodisation originale qui en souligne les temps d’infléchissement, l’époque de Justinien ou les règnes des Isauriens.

2 Dans le premier chapitre intitulé « La naissance de l’Empire romain d’Orient », l’A. montre le caractère fondateur des règnes de Constantin le Grand et de ses premiers successeurs pour toute l’histoire de l’Empire : sont élaborés une nouvelle légitimation de la fonction impériale, la primauté de la Nouvelle Rome, la reconnaissance et l’aménagement de la fonction de l’Église, et plus généralement du christianisme, dans l’Empire. Dans le chapitre suivant « La formation de l’État médiéval (527-718) », il clarifie beaucoup la compréhension des crises – démographique et économique, militaire et religieuse – qui frappent l’Empire à partir du milieu du VIe siècle, en examinant ensemble le règne de Justinien et les invasions slaves, perses et arabes, en soulignant la précocité des mutations économiques de l’Empire et le poids de la guerre avec les Perses dans son affaiblissement. Lorsque l’A. expose, dans son troisième chapitre, « Le renouveau de l’Empire (718-1057) », il en souligne la généralité. Il montre la restauration, puis l’expansion territoriale, politique et idéologique de l’État byzantin. Il rappelle que l’essor de la grande propriété foncière n’a peut-être pas entraîné de dégradation de la condition des paysans, que la puissance de l’aristocratie s’est construite sous le contrôle du pouvoir impérial. Conscient du danger à présenter d’une seule traite les quatre derniers siècles de cette histoire, celui de les réduire à « une longue agonie », J.-C. Cheynet fait valoir leur unité dans le dernier chapitre, « Byzance entre les Latins et les Turcs (1057-1453) », unité qui réside dans la confrontation des Byzantins avec ces peuples. Il décrit néanmoins la transformation profonde de l’Empire à partir de la fin du XIIe siècle, d’un Empire éclaté, mais prospère, à un « État balkanique », assujetti aux Turcs dans le dernier siècle de son existence. En une conclusion personnelle, il assigne deux causes à la chute de l’Empire, le poids de la concurrence économique et religieuse des Latins et de la rupture avec l’Occident chrétien, le caractère absolu de la monarchie impériale, qui fait dépendre la sauvegarde de l’Empire de la personne même du souverain.

3 Grâce à la clarté et l’intérêt de sa narration, grâce à la continuité et l’acuité de son analyse des évolutions institutionnelles, économiques et sociales, J.-C. Cheynet montre et élucide les mutations successives de l’État et de la société de Byzance, que modèle, entre autres et à diverses époques, le rapport entre pouvoir central et provinces.

4 Sophie MéTIVIER.


Date de mise en ligne : 01/01/2008

https://doi.org/10.3917/rhis.063.0719k